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Dans une tribune surprenante publiée par Libération, Ariane Mnouchkine, fondatrice du Théâtre du soleil étale ses cas de conscience devant la perspective d’une arrivée au pouvoir du Rassemblement national. Une sorte de mea culpa de cette icône du monde culturel sur l’échec de ses engagements et ceux de son milieu.
Le passé d’engagement d’Ariane Mnouchkine à gauche
En créant le Théâtre du soleil, sous la forme d’une coopération de travailleurs dans un esprit communautaire à l’origine : même salaire pour tous, maquillage en public, soupe servie aux spectateurs, elle a essayé, ce qui est tout à son honneur, de mettre en pratique sa vision du monde, d’appliquer ses valeurs dans sa vie quotidienne, mais cela n’a pas tenu dans la durée.
En parallèle à son travail, elle soutiendra de nombreux combats de la gauche. On en citera deux à titre d’exemple.
Ainsi en 1981, elle est co-solidaire de la publication Avis de recherche consacrée au soutien des appelés insoumis au service militaire.
De même elle signe en 2007 avec 150 intellectuels un texte qui appelle à voter pour Ségolène Royal « « contre une droite d’arrogance », pour « une gauche d’espérance » ».
Le malaise et les interrogations d’Ariane Mnouchkine
Dans sa tribune publiée par Libération, média de référence depuis 1968 de cette gauche sociétale, Ariane Mnouchkine critique sévèrement la décision de dissolution d’Emmanuel Macron, regrettant de ne plus avoir de temps pour réagir, dans ces termes :
«Qu’est-ce qu’on n’a pas fait ? Ou fait que nous n’aurions pas dû faire ? On pensait qu’on avait trois ans pour y réfléchir et soudain, ce geste du président de la République – ce geste d’adolescent gâté, plein de fureur, de frustration et d’hubris – et nous n’avons plus que trois semaines. Aucune organisation sensée, aucune réflexion n’est possible. Emmanuel Macron aurait pu dire : “Je dissous le premier septembre”. Non ! Il veut punir. Il déverse un bidon d’essence sur le feu qui, déjà, couvait. Il met le feu à notre maison, à notre pays, à la France. Et il regarde tout le monde s’agiter pour sauver quelques meubles, quelques souvenirs, des photos. Je crains que, quelles que soient les paroles qui me viennent aujourd’hui, elles ne soient qu’un cri d’effroi devant la catastrophe qui s’avance vers nous. Une catastrophe politique, sociale, symbolique et, pour certains d’entre nous, pour les artistes entre autres, morale. «
Puis, elle pose la question sur ce que devront faire tous ces artistes quand les ministres appartiendront à ce RN honni par eux :
«Oui, nous allons nous trouver très vite, immédiatement peut-être, devant un dilemme moral : que ferons-nous lorsque nous aurons un ministère de la Culture RN, un ministère de l’Éducation nationale RN, un ministère de la Santé RN ? Un ministère de l’Intérieur RN ? Je ne parle pas de l’incompétence probable, que je mets à part. Je parle du moment où nous risquons de devenir des collaborateurs. Oui, à quel moment doit-on cesser de faire du théâtre sous un gouvernement RN ? Jusqu’où fait-on semblant de ne pas voir la détérioration des libertés et des solidarités «
Comme la quasi totalité de ce petit monde culturel plus fort pour pétitionner que pour se remettre en question, qui vit sur sa planète, protégé par l’exception culturelle française, c’est à dire par un statut de préférence nationale qu’elle refuse aux ouvriers et aux travailleurs, Ariane Mouchkine montre ainsi qu’elle ne se remet pas en question, ni n’abandonne sa posture morale de représenter le bien en face du diable. Pire, elle ne tient pas compte de la réalité de la société française aux antipodes de ses rêves idéologiques, ni des électeurs qui démocratiquement ont choisi de soutenir le Rassemblement national.
Louis Galibert
Crédit photo : Roland Gerrits / Anéfo/Wikimedia (cc)
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9 réponses à “Que faire si le RN gouverne demain ? Les interrogations d’une icône de la gauche culturelle”
elle a appeler a voter ségolene ?? ben faut voir le niveau !😂
il faut les laisser gouverner ils vont faire les mises a jour tant attendues par le peuple de france
Je le dis sans embages, ce qui faut reconnaitre à Ariane Mnouchkine, c’est son engagement et son volontariat. Elle est de Gauche, oui… on s’en fout : Elle tiendra toujours un discours de Gauche. Mais au moins, même si elle se trompe profondément, elle est honnête avec soi-même. Ceci dit, ses decisions, comme celle de voter en faveur d’une conne comme la Segolène sont des erreurs de parcours habituels chez les gens de Gauche. En ce qui me concerne, je lui accorderais une chance pour revenir sur ses decisions inadéquates, et ainsi s’ouvrir à plus de raison au sein d’une réalité qu’elle refuse.
Elle se demande à quel moment s’arrêter de faire du théâtre ? J’ai la réponse : Arrête toi tout de suite, tu ne nous manqueras pas.
Pas d’inquiétude
Il se passera la même chose qu’en Italie …… comme ce ne sont pas nos politiques élus qui gouvernent effectivement ils feront comme les autres (de Chirac à Macron via Sarko/Hollande)ils obéiront aux diktats des génies US via leur cheval de Troie qu’est cette Europe ……
Pas d’inquiétude nous continuerons vers le mur à vitesse V
Dur, dur, l’âge venant de se remettre en question face aux réalités criantes…
La démocratie a toujours gêné la gauche qui l’a systématiquement remplacée par la dictature : Voir l’histoire avec entre autres la révolution française et notre cher Robespierre, Staline Trotsky, Mao ,Pol pot, Ho chi minh etc…tous inspirés par la révolution française.
« Triste époque que celle où il est plus difficile de briser un préjugé qu’un atome ». Einstein
Son inquiétude traduit le fait que depuis des décennies, le ciné, le théatre, la culture en général est à fond à gauche et malheur à celui qui affiche ses idées de droite, il est de suite blacklisté et invisible sur les médias excepté des pointures comme Delon ou Sardou qui étaient intouchables.