Selon une analyse publiée par l’Insee en décembre 2025, l’hôtellerie et l’hôtellerie de plein air en Bretagne administrative connaissent une phase de transformation structurelle marquée depuis la crise sanitaire et la folie covidiste. L’étude, qui ne prend en compte que les quatre départements de la Bretagne administrative (Finistère, Côtes-d’Armor, Morbihan, Ille-et-Vilaine) et exclut la Loire-Atlantique, met en lumière une montée en gamme progressive de l’offre, une hausse des taux d’occupation et une amélioration de la situation économique des entreprises les plus importantes du secteur.
Une fréquentation en hausse malgré une offre globalement stable
En 2022, la Bretagne administrative compte 795 hôtels et 612 campings ouverts sur tout ou partie de l’année. Les hôtels offrent environ 24 600 chambres, soit 6 % de la capacité nationale hors Île-de-France, tandis que les campings totalisent près de 62 000 emplacements, représentant 10 % de l’offre française.
Entre 2017 et 2022, le nombre de chambres d’hôtels recule légèrement (-4 %), mais la fréquentation reste stable (+1 %). Cette combinaison entraîne une hausse du taux d’occupation moyen, qui atteint 59 % en 2022, soit deux points de plus qu’avant la crise sanitaire. Dans l’hôtellerie de plein air, la fréquentation progresse fortement (+20 %), alors que le nombre d’emplacements reste quasi stable, ce qui porte le taux d’occupation à 43 %, en hausse de neuf points sur cinq ans.
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Une montée en gamme de l’hôtellerie bretonne
L’offre hôtelière bretonne demeure majoritairement orientée vers le milieu de gamme. En 2022, 22 % des chambres sont classées 2 étoiles et 43 % en 3 étoiles, des proportions légèrement supérieures à la moyenne nationale hors Île-de-France. Toutefois, l’étude souligne une évolution notable : la capacité des hôtels 4 et 5 étoiles progresse de 13 % depuis 2017, tandis que celle des établissements 1 et 2 étoiles recule de 22 %.
Cette évolution se reflète dans la fréquentation. Les nuitées dans les hôtels haut de gamme augmentent de 13 % en cinq ans et représentent désormais près d’un quart de la fréquentation hôtelière régionale. À l’inverse, les nuitées dans les établissements les plus économiques diminuent de 15 %.
Une géographie touristique polarisée
L’Insee met en évidence une forte concentration de l’offre hôtelière dans un croissant allant de Saint-Malo à Lorient, en passant par Rennes et le golfe du Morbihan. Trois destinations touristiques – Cap Fréhel–Saint-Malo–Baie du Mont-Saint-Michel, Rennes et Bretagne Sud–Golfe du Morbihan – regroupent à elles seules 59 % des chambres et 61 % des nuitées hôtelières de la région.
L’hôtellerie de plein air est, quant à elle, majoritairement implantée sur le littoral sud. Les zones de Bretagne Sud–Golfe du Morbihan et de Quimper–Cornouaille concentrent plus de la moitié des emplacements et 55 % des nuitées estivales des campings bretons.
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Campings : diversification et équipements en hausse
Dans les campings, la transformation est particulièrement marquée. Le nombre d’emplacements nus diminue de 12 % entre 2017 et 2022, tandis que les emplacements équipés progressent de 28 % et représentent désormais plus d’un tiers de l’offre régionale. Cette évolution s’accompagne d’une montée en gamme : la capacité des campings 4 et 5 étoiles augmente de 17 % et ces établissements concentrent près des deux tiers des emplacements équipés.
La fréquentation suit cette dynamique, avec une hausse de 32 % des nuitées dans les campings haut de gamme. Les campings plus économiques conservent toutefois leur public, la fréquentation des établissements 1 ou 2 étoiles restant globalement stable.
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Des entreprises plus solides économiquement
L’étude recense en 2022 1 252 entreprises bretonnes relevant de l’hôtellerie ou de l’hôtellerie de plein air. Le tissu économique reste composé majoritairement de petites structures, mais les entreprises de 10 salariés ou plus – 14 % des hôtels – concentrent près des trois quarts des effectifs et 67 % du chiffre d’affaires du secteur hôtelier.
Porté par la hausse des prix (+15 % au niveau national entre 2017 et 2022), le chiffre d’affaires des entreprises hôtelières bretonnes atteint 710 millions d’euros en 2022. Les plus grandes entreprises voient leur chiffre d’affaires progresser de près de 19 % sur cinq ans et dégagent davantage de valeur ajoutée, ce qui leur permet d’investir. Le taux de valeur ajoutée atteint 50 %, un niveau supérieur à la moyenne nationale hors Île-de-France.
Dans l’hôtellerie de plein air, la progression est encore plus marquée : le chiffre d’affaires des entreprises pérennes augmente de 38 % entre 2017 et 2022, porté par la hausse de la fréquentation et par l’évolution de l’offre.
Les données concernant la Loire-Atlantique, pourtant intégrée à la Bretagne historique, ne sont pas prises en compte dans cette étude. Cette précision est importante, tant les dynamiques touristiques du sud de la péninsule bretonne peuvent différer de celles observées dans les quatre départements étudiés.
[cc] Article relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par ChatGPT.