Pour avoir montré des caricatures de Mahomet dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression, le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty a été décapité à la sortie de son collège le 16 octobre 2020 par Abdoullakh Anzorov, un réfugié d’origine tchétchène. À l’ouverture du procès en appel de ses complices, l’avocat Francis Vuillemin, qui défend le prédicateur Abdelhakim Sefrioui, a choisi une ligne de défense controversée en affirmant que la victime discriminait les élèves musulmans. De là à penser qu’il l’aurait bien cherché, il n’y a qu’un pas.
Dans l’enceinte du palais de justice de Paris, lundi 26 janvier, peu avant l’ouverture du procès en appel dans l’affaire de l’assassinat de Samuel Paty, maître Francis Vuillemin a laissé une déclaration jugée par beaucoup comme offensante et indigne :
« La décapitation de Samuel Paty est tellement horrible qu’elle écrase tout le dossier. Il y a un tabou : nous n’avons pas le droit de dire, il procédait à la discrimination des élèves musulmans. Mais moi je vais le dire haut et fort, tout au long du procès, et pas à la fin.
Je démontrerai même qu’il faisait la même chose dans le précédent établissement où il était affecté, en 2016. C’est dans le dossier, personne ne l’a jamais dit. Alors lui disait que c’était pour protéger les élèves par rapport à cette caricature. Mais on ne protège personne dans l’école de la République en discriminant, en demandant à des élèves de se désigner en fonction de cette religion. Ça signe la discrimination, c’est un article du code pénal qui réprime ceci.
Et pourquoi je vais faire ça ? Parce qu’encore une fois ça va constituer les fondations de la défense. »
(…)
« Il disait à la classe : ‘Les élèves musulmans, levez le doigt’, pour ensuite les inviter, leur suggérer, leur demander de bien vouloir sortir de la salle. Ce que faisaient cinq, six, sept élèves n’assistant donc pas à une partie du cours. »
Une allégation qui a pourtant été démontée lors du premier procès. L’enquête a en effet démontré que c’est dans un esprit de bienveillance que Samuel Paty avait autorisé les élèves qui pourraient se sentir offensés par ce qui allait être dit en classe à sortir s’ils le voulaient. Les élèves sans distinction, ce qui est différent d’exclure « les élèves musulmans » de la salle. Une assistante de vie scolaire, témoin de la scène, a affirmé que les élèves qui avaient alors choisi cette option l’avaient fait « sans tension, ni vexation ».
Maître Vuillemin ne peut ignorer ces éléments. Mais il a visiblement choisi de faire de Samuel Paty un fautif, mu par volonté de discriminer, laissant entendre – sans le dire, l’homme est avocat, il sait jusqu’où il peut aller – que c’est sa supposée islamophobie qui l’aurait mis en péril.
Mais le pire dans la déclaration de l’avocat, devait encore arriver. Samuel Paty ne serait pas le seul responsable de sa propre décapitation :
« Je ne dis pas que Samuel Paty était raciste, il avait plutôt l’air d’un brave type, mais il a commis une erreur, une faute pédagogique fondamentale contre laquelle des citoyens avaient le droit de s’indigner. (…)
Quelques semaines ou quelques mois, une suspension aurait permis d’apaiser les esprits des familles et aurait permis un temps de réflexion à Samuel Paty pour qu’il prenne conscience des fautes qu’il a commises. L’administration de l’Éducation nationale a commis de nombreuses fautes aussi en le surprotégeant, alors qu’il fallait le sanctionner. S’il avait été sanctionné, il serait vivant parmi nous. »
Rappelons à cet avocat, qu’en Europe, les Européens débattent, caricaturent, blasphèment, s’offensent… sans pour autant trancher la tête de leur adversaire.
Si l’on ne peut encore savoir si cette abjecte ligne de défense consistant à salir la mémoire de la victime sera fructueuse, on comprend mieux pourquoi les hommes de loi sont si nombreux dans les cercles de l’enfer de dantesque…
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : Détail de l’enfer de Dante, William Bouguereau
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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