Une image vaut mille mots. Et celles nous provenant d’Amérique ont de quoi choquer : jeunes enfants expulsés, méthodes brutales employées lors de véritables rafles, activistes anti-immigration abattus. Mais les images peuvent aussi dissimuler d’autres vérités. Et surtout : elles sont sélectionnées. Car les mêmes morts et les mêmes « déportations », plus nombreuses sous l’ère Obama, n’avaient alors pas fait couler beaucoup d’encre. Deux poids, deux mesures ?
La très critiquée ICE, la police de l’immigration et des douanes états-unienne, n’est pas plus de Trump que le fameux mur qui, il convient de le rappeler, avait été édifié en grande partie sous les présidences Clinton et Obama, et prolongé par l’administration Biden. L’ICE est une agence fédérale créée en 2003 par George W. Bush dans le but de renforcer la sécurité intérieure du pays après les attentats du 11 Septembre. Une de ses missions est l’application des lois sur l’immigration, identifiant et arrêtant les individus en situation irrégulière sur le territoire. Ces derniers sont alors transférés dans l’un de ses 200 centres de détention avant d’être expulsés vers leur pays d’origine.
Si l’on peut déplorer ses méthodes musclées et ses abus, les activités de l’ICE n’ont jamais cessé depuis sa création. Et c’est bien là que se situe le problème : pourquoi n’y a-t-il pas eu la même couverture médiatique lors des arrestations massives sous le mandat de Barack Obama ? Dénommé outre-Atlantique « deporter in chief« , le président afro-américain avait expulsé 3,2 millions de personnes durant son premier mandat. Au cours de son second mandat, le chiffre était tombé à 2,1 millions, les administrations locales démocratiques ayant produit des législations pour entraver l’action des agences de sécurité locales et fédérales en ce sens. 56 individus avaient trouvé la mort durant leur détention dans les centres de l’ICE dans le silence total de la presse française.
Le premier mandat de Donald Trump a vu l’expulsion d’environ 1,5 millions d’étranger. Auxquels s’ajoutent les quelques 605 000 autres, de janvier à décembre 2025. Pourquoi donc les expulsions de Barack Obama, qui s’élèvent à 5,2 millions, suscitent moins d’intérêt que celles de Donald Trump, qui dépassent de peu les 2 millions ? (1)
La réponse est – presque – simple. Si une part réside dans l’indignation à géométrie variable d’une portion de la population, ce deux poids, deux mesures émane principalement de pouvoirs supranationaux qui sélectionnent délibérément les informations à diffuser et celles à garder sous silence.
En jouant sur les émotions à travers des images percutantes, les individus sont amenés à éprouver une forte empathie et s’engagent aveuglément dans un récit préétabli. Le but étant d’exacerber les antagonismes, de fracturer outre mesure des sociétés déjà fracturées.
Autrement, on ne comprend pas pourquoi les étrangers expulsés sous Trump bénéficient d’une attention que ceux d’Obama n’ont nullement reçu.
Audrey D’Aguanno
(1) Les chiffres variants d’une agence à l’autre et d’une méthode de comptage à l’autre, nous avons basé nos informations sur plusieurs études du Migration Policy Institute, un think tank autonome et non partisan spécialisé dans l’amélioration des politiques d’immigration et d’intégration. Bien que certaines sources indiquent des totaux plus bas pour les deux administrations, elles s’accordent sur un chiffre nettement supérieur d’expulsions durant l’administration Obama.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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