Présenté à son lancement comme un modèle de logement « inclusif » et innovant, le projet Stek Oost, à l’est d’Amsterdam, est aujourd’hui cité comme un contre-exemple en matière de politiques d’accueil. Derrière les intentions affichées de mixité et de solidarité, ce complexe résidentiel a été marqué par des violences répétées, des agressions sexuelles et un climat d’insécurité durable, largement documentés par une enquête audiovisuelle néerlandaise récente.
Ouvert en 2018, Stek Oost a été conçu pour héberger environ 250 jeunes adultes : pour moitié des étudiants ou jeunes travailleurs néerlandais de moins de 28 ans, pour moitié des demandeurs d’asile ou réfugiés, principalement originaires du Moyen-Orient et de la Corne de l’Afrique. Le projet était porté par la municipalité d’Amsterdam et le bailleur social Stadgenoot, avec un objectif affiché : faciliter l’intégration des migrants en les faisant vivre au quotidien avec de jeunes Néerlandais, dans un cadre présenté comme sécurisé et encadré.
Une promesse d’intégration vite démentie par les faits
En échange de loyers très inférieurs au marché local, les étudiants s’engageaient à participer à des activités collectives, à accompagner les réfugiés dans leur apprentissage de la langue et à jouer un rôle de « référents » au sein du complexe. Les résidents migrants, en revanche, n’étaient soumis à aucune obligation comparable ni à une évaluation approfondie de leur capacité à vivre dans ce type de colocation dense.
Très rapidement, la réalité s’est révélée bien différente du projet initial. Des témoignages concordants font état de dégradations, de violences physiques, de menaces à l’arme blanche et de trafics divers dans les parties communes. Plusieurs agressions sexuelles ont également été signalées. L’un des cas les plus graves concerne une étudiante violée par un résident syrien en 2019 ; l’affaire n’a abouti judiciairement que plusieurs années plus tard, avec une condamnation jugée légère par de nombreux observateurs.
Selon les habitants interrogés, l’absence de suivi psychologique adapté pour des personnes issues de zones de guerre, combinée à une promiscuité importante et à un encadrement insuffisant, a créé un environnement explosif. Des réfugiés eux-mêmes ont exprimé leur malaise, estimant avoir été « déposés là sans accompagnement », alors qu’ils auraient eu besoin d’un suivi médical et social spécialisé.
Un dispositif impossible à contrôler
Face à la multiplication des incidents, les gestionnaires du site ont reconnu avoir été dépassés. Des dizaines de signalements ont été transmis aux forces de l’ordre au fil des années, sans que la situation ne s’améliore durablement. Dans les faits, ce sont les étudiants néerlandais qui ont progressivement quitté le complexe, faute de pouvoir être protégés, tandis que l’éviction de certains résidents migrants s’est heurtée à des obstacles juridiques importants.
Des ajustements ont été annoncés, notamment une modification du ratio en faveur des résidents néerlandais et un renforcement de la gestion sociale. Sur le terrain, ces changements sont jugés largement insuffisants par les habitants encore présents. Le site doit désormais fermer à l’horizon 2028, mais d’autres complexes similaires continuent de fonctionner dans la capitale néerlandaise.
Un avertissement pour l’Europe occidentale
Ce fiasco suscite un écho particulier au Royaume-Uni et ailleurs en Europe occidentale, où les autorités cherchent à réduire le recours à l’hébergement hôtelier des demandeurs d’asile, jugé coûteux et impopulaire. Plusieurs expériences de réaffectation de résidences étudiantes ou de bâtiments collectifs ont déjà été menées, avec des réactions parfois très hostiles des riverains.
L’exemple de Stek Oost illustre les limites d’une approche reposant sur une cohabitation forcée, sans sélection rigoureuse ni encadrement suffisant, et pose la question de la responsabilité des pouvoirs publics dans la sécurité des résidents. Même dans une ville réputée pour son libéralisme et son ouverture, ce type de dispositif a montré ses failles structurelles.
Pour nombre d’anciens habitants, le constat est sans appel : l’idéalisme initial n’a pas résisté aux réalités sociales, culturelles et sécuritaires. Un rappel brutal que l’intégration ne se décrète pas par décret administratif, surtout lorsqu’elle se fait au détriment de la sécurité et de la tranquillité des populations concernées.
Illustration : DR
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