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Accrochée à flanc de falaise au-dessus des gorges de l’Ellé, la chapelle Sainte-Barbe du Faouët est l’un des sites religieux les plus spectaculaires de Bretagne. Elle vient d’être dégradée. Le vendredi 30 octobre, un paroissien bénévole, Michel Le Moing, a découvert en entrant dans l’édifice que le tronc des offrandes pour les cierges avait été forcé et que le bas d’un vitrail était brisé.
Le bénévole vient régulièrement nettoyer le porte-cierges. Il a d’abord remarqué le tronc malmené, avant d’apercevoir, en se retournant, le vitrail cassé. Le maire, Christian Faivret, a porté plainte et prévenu l’architecte des Bâtiments de France, la chapelle étant classée monument historique depuis 1906.
Des vitraux parmi les plus précieux de Bretagne
Les dégâts touchent un patrimoine exceptionnel. Les vitraux de Sainte-Barbe, réalisés entre 1512 et 1515 à la demande des seigneurs du Faouët, juste après l’achèvement des voûtes, comptent parmi les plus précieux témoignages de l’art du vitrail breton du XVIe siècle. La chapelle possède 6 baies, et 4 ont conservé leurs vitraux d’origine. Ils racontent la vie et la mort de sainte Barbe, dont une scène entourée d’éclairs, la Transfiguration, l’Ascension et la Pentecôte. Ils portent aussi les armoiries des grandes familles nobles qui ont financé l’édifice, les Bouteville et les Toulbodou en tête.
Une chapelle née d’un orage
La légende veut qu’un seigneur de Locmalo, Jean de Toulbodou, surpris par un orage lors d’une chasse, ait promis d’élever une chapelle à sainte Barbe, protectrice contre la foudre, s’il échappait à un énorme rocher qui dévalait vers lui. Les travaux commencent le 6 juillet 1489, date gravée dans la pierre à l’intérieur de l’édifice. L’essentiel de la construction s’achève en 1512.
La chapelle de style gothique flamboyant, voûtée en pierre, se dresse à 178 mètres d’altitude sur une plateforme taillée dans la roche, environ 100 mètres au-dessus de l’Ellé. Faute de place, elle n’est pas orientée d’ouest en est comme le veut la tradition. On y accède par un escalier monumental de 78 marches, construit en 1700. Le site comprend aussi un oratoire dédié à saint Michel, perché sur un éperon rocheux, une maison de garde du XVIIe siècle et un campanile. Sa cloche de 440 kilos est, selon la tradition, sonnée par chaque pèlerin pour éloigner la foudre. En contrebas, dans la forêt, se trouve la fontaine de dévotion Sainte-Barbe, construite en 1708.
Étape sur l’un des chemins bretons vers Saint-Jacques-de-Compostelle, la chapelle était à la fin de l’Ancien Régime l’un des pèlerinages les plus fréquentés de l’évêché de Cornouaille. Son pardon, aujourd’hui moins suivi qu’autrefois, se tient le dernier dimanche de juin et le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe.
Une série de dégradations qui inquiète
Ces dégradations s’ajoutent à la longue liste des atteintes aux églises et chapelles de Bretagne et de France, qu’il s’agisse de vols de troncs et d’objets liturgiques, de dégradations ou d’incendies. Dans les campagnes bretonnes, de nombreuses chapelles restent ouvertes grâce au dévouement de bénévoles comme Michel Le Moing, qui en assurent l’entretien et l’accueil. Elles sont aussi plus exposées.
La restauration d’un vitrail classé du XVIe siècle relève de maîtres verriers spécialisés et de l’avis de l’architecte des Bâtiments de France. Le prochain pardon de la Sainte-Barbe, le 4 décembre, se déroulera dans une chapelle blessée.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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