Le procès d’un vaste trafic international de cocaïne s’ouvre le lundi 4 mai 2026 devant la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes. Treize prévenus, parmi lesquels un cinquantenaire vivant à Brest, devront répondre pendant trois semaines de chefs d’accusation lourds : importation de stupéfiants, détention et participation à une association de malfaiteurs.
Une cache aménagée à Orly
Le quinquagénaire, sans antécédent judiciaire, avait été arrêté en flagrant délit fin septembre 2023 sur un parking de l’aéroport d’Orly. Il chargeait alors plusieurs pains de cocaïne, fraîchement débarqués de Punta Cana en République dominicaine via une mule, dans un véhicule équipé d’une cache spécialement aménagée. Cet ancien soudeur-tuyauteur, reconnu travailleur handicapé, a admis sa participation, qu’il aurait monnayée pour quelques centaines d’euros.
Les enquêteurs ont également établi qu’il était en contact, depuis 2021 au moins, avec Issam Lahrach, dit « La Plume ». Ce trentenaire, présenté par les autorités comme l’un des principaux organisateurs du narcotrafic dans la région nantaise, est en fuite au Maroc depuis plusieurs années, d’où il continuerait de piloter ses activités. Son réseau ne se limite pas à la métropole ligérienne : les déplacements de ses lieutenants interceptés par les enquêteurs montrent un rayonnement étendu à plusieurs zones de l’Ouest de la France.
Dix-neuf mois de détention provisoire et trois remises en liberté annulées
L’aspect le plus disputé du dossier concerne la situation pénitentiaire du prévenu de Brest. Trois juges des libertés et de la détention différents ont successivement ordonné sa libération au cours de l’instruction. À chaque fois, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a annulé ces décisions et l’a maintenu en prison.
Ses avocats, Maître Éloïse Donnart et Maître Sobieslaw Bemmoussat, dénoncent un acharnement et une rupture d’égalité : selon eux, d’autres mis en cause au profil judiciaire plus chargé et au rôle plus central dans le réseau ont été remis en liberté pendant la procédure. Le pénaliste parisien Sobieslaw Bemmoussat estime que la simple proximité supposée avec Issam Lahrach ne saurait constituer un motif légal de maintien en détention.
Une ultime demande de remise en liberté formulée le 30 avril 2026 a été rejetée. Le prévenu proposait pourtant de loger chez ses parents à Brest pendant le procès, ou à défaut de prendre un hôtel à Rennes pour la durée des audiences, invoquant des problèmes de santé documentés (tympans nécessitant une intervention chirurgicale, sciatique chronique). La JIRS a retenu les motifs classiques : garantir la représentation et empêcher toute concertation frauduleuse entre les coprévenus.
Une affaire qui s’inscrit dans un mouvement plus large
Au-delà du cas individuel, ce procès illustre la pénétration croissante du narcotrafic international dans l’Ouest de la France. Nantes s’est imposée ces dernières années comme l’un des nouveaux pôles structurants de ces réseaux, avec des connexions internationales tendues entre Maghreb, Amérique latine et Europe du Nord. Les ports, les aéroports régionaux et les axes autoroutiers offrent autant de points d’entrée et de circuits logistiques aux organisations criminelles.
Pour la Bretagne, longtemps considérée comme préservée des grandes affaires de stupéfiants, ces dossiers sont devenus une réalité judiciaire récurrente. Tant que les véritables organisateurs – à l’image d’Issam Lahrach, opérant en sécurité depuis le Maroc – resteront hors d’atteinte des juridictions françaises, les procès comme celui qui s’ouvre le 4 mai à Rennes ne traiteront que les exécutants. Les audiences se tiendront pendant trois semaines.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.