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Un roi couronné d’or, le regard fixe, surgissant d’un fond sombre : la couverture du numéro 76 de Keltia annonce d’emblée le sujet phare de sa livraison d’été. Le trimestriel des mondes celtes, publié par les Éditions du Nemeton, est en kiosque pour la période août-octobre 2026, au prix de 7,50 €. (à commander ici, ou pour s »abonner de même)
Un éditorial qui annonce un renversement de tendance
Fabien Régnier, directeur de la publication, ouvre le numéro sur un constat qu’il juge passé inaperçu : le début du reflux, selon lui, des campagnes celtophobes menées depuis une trentaine d’années. Ceux qui affirmaient il y a peu que « les Celtes n’avaient jamais existé », ou qu’ils relevaient d’une fabrication du XIXe siècle, se feraient désormais nettement plus discrets. Le mouvement gagnerait les milieux associatifs, festivaliers et scientifiques, où les arguments portés par la revue et par ses colloques commencent à être repris.
L’éditorialiste vise nommément l’exposition organisée à Rennes en 2022 sur des deniers publics, qui interrogeait la celticité de la Bretagne, et espère ne plus en voir de semblable. Il conclut sans triomphalisme : reste à obtenir que cette culture soit reconnue à égalité avec les autres, et le chemin est encore long.
Le débat est connu de nos lecteurs, et il n’est pas près de s’éteindre. On notera simplement qu’une revue de vulgarisation savante tenant boutique depuis près de 20 ans a fini par peser sur une controverse universitaire — ce qui n’arrive pas tous les jours.
Mythologie : la Morrigan et la Drague de Sérent
Le sommaire s’ouvre sur une contribution de Bernard Sergent consacrée à la Morrigan, la déesse-corneille de la tradition irlandaise, figure de guerre et de souveraineté dont la complexité résiste depuis longtemps aux lectures univoques.
L’autre pièce maîtresse mythologique est signée Philippe Jouët : la Drague de Sérent, un dragon féminin issu du folklore morbihannais. Le sujet mérite l’attention de qui s’intéresse aux survivances locales — les créatures dracontiformes de Bretagne ont rarement été étudiées pour elles-mêmes, encore moins sous l’angle du genre de la bête.
Frédéric Kurzawa complète le bestiaire avec le glashtyn, cheval-démon de l’île de Man. Une page de synthèse répond par ailleurs aux questions que l’on n’ose plus poser sur la religion druidique.
Le mythe arthurien vu par les préraphaélites
L’article de couverture est dû à Françoise Le Goaziou, secrétaire de rédaction, et porte sur la redécouverte du mythe arthurien par les peintres préraphaélites britanniques. Le sujet est excellent : Rossetti, Burne-Jones et leurs compagnons ont, à partir du milieu du XIXe siècle, façonné une imagerie arthurienne dont dépend encore aujourd’hui tout notre imaginaire visuel du cycle, du cinéma à l’illustration de fantasy. Comprendre cette généalogie, c’est comprendre pourquoi nous nous représentons Arthur comme nous le faisons.
La même autrice signe deux textes d’histoire bretonne : l’un sur Ermengarde d’Anjou et Alain IV Fergent, l’autre sur l’assassinat du duc Arthur en 1203 — épisode fondateur du contentieux entre la Bretagne et les Plantagenêts.
Archéologie et histoire religieuse
Le volet archéologique est fourni. Bruno et Jean-René Mestre traitent de Bratislava et des Boïens, ainsi que d’un sujet plus inattendu : les sépultures gauloises en position assise. Un autre article s’attache à l’oppidum des Caisses de Jean-Jean, en Provence. Claude Maumené propose une lecture d’Alésia sous l’étoile du Chien, tandis que Silvia Cernuti clôt sa série sur le ciel des Celtes et François Pinsard livre le deuxième volet de son enquête sur les Celtes d’Angleterre.
Côté hagiographie, Gildas Parcell croise les rois de France, les sept saints de Bretagne et le motif du septième fils — un thème folklorique européen dont la déclinaison bretonne, liée au Tro Breiz, garde des zones d’ombre.
Fabien Régnier annonce enfin le prochain colloque de Keltia consacré aux eaux sacrées des Celtes.
La seconde partie du magazine remplit son office de gazette du monde celtique. Maëlig Tredan y présente Coeur de Breizh et l’opération Yes Breizh, ainsi que le Tradi’Deiz 2026 de la confédération Kenleur. Suivent les infos celtiques de Carantia, l’agenda des festivals par Patrice Dalmagne, les chroniques musicales de Dalmagne et Didier Le Goff, une rubrique sur les pubs en Bretagne, la gastronomie celtique par François Pinsard, les notes de lecture de Robert Martin et Fabien Régnier, et le Duron Celtanom, marché des artisans celtes.
Il faut mesurer ce que représente une revue comme Keltia dans le paysage éditorial actuel : un trimestriel indépendant, sans subvention connue, qui fait vivre depuis des années un réseau de chercheurs, d’amateurs éclairés et de passionnés autour d’un objet que l’université française a longtemps traité avec condescendance.
Keltia n° 76, août-octobre 2026, 48 pages, 7,50 €. En kiosque, sur abonnement et sur le site des Éditions du Nemeton.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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