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Le 28 juillet, le tribunal administratif de Rennes a suspendu les 14 arrêtés préfectoraux — un par circonscription — qui autorisaient des battues administratives contre les blaireaux dans l’ensemble du Finistère jusqu’au 31 décembre 2026. Le juge a retenu qu’aucun dégât important imputable à l’espèce n’était établi. La décision fait suite à un recours déposé par One Voice, l’ASPAS et AVES France, examiné en audience le 21 juillet.
C’est le deuxième revers en moins de deux mois pour la préfecture. Le 10 juin, la justice avait déjà suspendu l’arrêté autorisant le déterrage des blaireaux du 15 mai au 14 septembre 2026, en dehors de la période légale de vénerie sous terre, fixée du 15 septembre au 15 janvier. Les 14 textes dérogatoires avaient été pris dans la foulée de cette première suspension, avant d’être attaqués à leur tour.
Ce que prévoyaient les arrêtés
Le champ des moyens autorisés était large : tirs de jour comme de nuit, piégeage, déterrage manuel et déterrage mécanique — à la pelle ou au tractopelle. Les textes ne fixaient aucun plafond au nombre d’animaux tués et permettaient aux lieutenants de louveterie de s’adjoindre jusqu’à 30 chasseurs.
Les associations requérantes contestaient à la fois la méthode et la procédure. Elles relevaient l’absence de consultation publique préalable et estimaient que la période retenue coïncide avec celle où les jeunes blaireaux dépendent encore de leurs parents. Pour Christophe Coret, président d’AVES France, détruire une famille entière à ce moment de l’année compromet le renouvellement de l’espèce. Le déterrage mécanique était visé plus spécifiquement encore : selon lui, écraser un terrier occupé sort du cadre des modes de chasse autorisés et relève du pénal. Muriel Arnal, présidente de One Voice, a résumé la décision en estimant qu’une espèce ne peut être condamnée sans preuve de dégâts.
Sur le terrain, des exploitants qui constatent des pertes
À Pouldergat, les dégâts font partie du quotidien. Dans une parcelle de blé, tiges brisées et épis répandus au sol : pour Jean-Luc Guellec, garde-chasse particulier, l’origine ne fait pas de doute. Les agriculteurs constatent une progression d’année en année, notamment sur le maïs, avec à la clé des pertes de plusieurs milliers d’euros.
Les deux camps s’opposent aussi sur la biologie de l’animal. Là où les associations invoquent la dépendance des blaireautins au printemps, les chasseurs se réfèrent aux analyses des fédérations sur le contenu stomacal des jeunes, où ils affirment ne trouver aucune trace de lait. Sur la vénerie sous terre elle-même, les descriptions divergent radicalement : Jean-Luc Guellec assure que les pinces utilisées ne blessent pas l’animal, avant son abattage ; les associations décrivent au contraire des heures de traque au fond du terrier, des morsures de chiens et une extraction violente.
Le cas finistérien n’est pas isolé. Ces dernières semaines, des périodes complémentaires de déterrage ont également été suspendues dans l’Aisne, en Haute-Marne, dans le Cher et en Eure-et-Loir. Les associations y voient la confirmation que les préfectures signent des arrêtés sans caractériser les dégâts ni examiner d’alternatives. Du côté des chasseurs et de certains exploitants, on dénonce à l’inverse une contestation systématique de textes destinés à répondre à des nuisances concrètes.
La suspension prononcée le 28 juillet est une décision en référé : elle gèle l’application des arrêtés sans préjuger du jugement au fond.
Crédit photo : Pixabay
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2 réponses à “Blaireaux : le tribunal administratif de Rennes suspend les 14 arrêtés du préfet du Finistère”
Entente entre les blaireaux du Finistère et les Blaireaux de Rennes ?
une infime partie des sommes gaspillées par l’État permettrait d’indemniser les propriétaires et de laisser les blaireaux tranquilles