Vu, entendu, lu. Échos politiques…

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Liffré, capitale de la social-démocratie – « Ce n’était pas vraiment la foire à l’unité, le 25 avril, au rassemblement de  la gauche sociale-démocrate, organisé à Liffré, près de Rennes, par le président (ex-PS) de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard. Premier incident : à la tribune, l’ancienne Insoumise Raquel Garrido somme François Hollande, assis au premier rang, de renoncer à la compétition présidentielle. « La responsabilité du camarade François, lance-t-elle, c’est d’aider à construire l’après. C’est la même chose pour Jean-Luc Mélenchon. Hollande a déçu parce qu’il a gouverné, et Mélenchon a réussi l’exploit de décevoir sans même avoir gouverné. » Et de conclure : « 2027 n’est pas votre année ! » L’ex reste impassible, mais il s’épanchera un peu plus tard en petit comité : « Raquel Garrido a soutenu trois fois un candidat qui n’a jamais été au second tour, alors que, moi, je n’ai été candidat qu’une seule fois, mais j’ai gagné l’élection présidentielle. » (Le Canard enchaîné, 29 avril 2026)

Le nerf de la guerre –  « L’argent. La plupart des candidats qui se sont déjà déclarés ou vont le faire lors des prochaines semaines n’auront pas les moyens d’aller au bout de leur aventure faute de subsides. Prenez François Ruffin ou Michel Barnier, par exemple : ils envisagent une candidature, mais ne pourront jamais la mener à son terme sans l’aide du Parti socialiste ou des Républicains. Même chose pour François Hollande. Si demain, le PS se range derrière lui, il sera candidat. Sinon, sa candidature sera vouée à l’échec. Pour Raphaël Glucksmann, c’est un peu la même configuration. Il aura très peu de chances de se présenter sans un ralliement du Parti socialiste. » (Benjamin Morel, Ouest-France, mardi 21 avril 2026)

Nantes : Pascal Bolo vide son sac – L’ancien pilier du PS nantais donne son avis sur la future élection présidentielle. D’après Pascal Bolo : « On a eu un conseil fédéral après les municipales. Il a été d’un  vide absolu. Tous les sujets qui fâchent ont été évités ». Sur le fond, l’ancien adjoint au maire est en phase avec la section de Saint-Nazaire du PS et avec la ligne Vallaud : « Avant de s’embarquer dans une primaire, il faut d’abord s’accorder sur des valeurs et des marqueurs essentiels, une ligne claire. Et  désigner un chef de file pour discuter avec les autres forces de gauche non populistes. » (Presse Océan, lundi 20 avril 2026)

Jean-Marc Ayrault est un « esprit étroit et rancunier » – Le 30 novembre 2012, on annonce la fermeture des hauts-fourneaux de Florange. « Ce soir-là, Jean-Marc Ayrault et François Hollande ont piétiné les engagements pris pendant la campagne présidentielle. Se rendre sur place et promettre aux salariés d’ArcelorMittal de les aider n’avait été pour Hollande qu’une manœuvre  tactique (…) Quant à Jean-Marc Ayrault, esprit étroit et rancunier, il ne voyait là qu’une occasion de se venger d’Arnaud Montebourg qu’il détestait (…) En lâchant les ouvriers de Florange, les deux hommes ont révélé qu’ils étaient : deux politiciens sans convictions et sans scrupule. » (Aquilino Morelle, L’Express, 30 avril 2025)

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La sociologie du vote« Le RN et LFI ont une sociologie différente, mais plutôt de catégories populaires et dominées, des gens que le cours de l’histoire et le fonctionnement de la société placent dans une situation moins enviables que d’autres, que les électeurs de la droite classique – ces gens, ce sont les gilets jaunes par exemple (…) Je lis les enquêtes sociologiques, c’est mon métier : il y a une sociologie du vote qui n’a jamais été aussi clivée qu’aujourd’hui ! Et des différences sociales qui sont aussi fortes entre l’électorat du RN et l’électorat de la droite classique qu’entre l’électorat de la droite classique et l’électorat du PS, par exemple. » (Jérôme Sainte-Marie, L’Express, 2 avril 2026)

Macron incarne les « fractures françaises » –  « Le projet macronien reposait sur deux intuitions. La première était un diagnostic : le vieux clivage gauche-droite était tellement vermoulu qu’il  devenait possible de rassembler des gens des deux bords autour d’un centre rénové. Macron y est d’ailleurs parvenu, au moins au moment de son élection. La seconde était une promesse : apaiser la France et réconcilier les Français dans un exercice modernisé du pouvoir. C’était toute l’ambition de son livre intitulé Révolution  – rien de moins ! On sait ce qu’il en est advenu.

La sociologie de son électorat explique en grande partie cet échec. Sous Sarkozy comme sous Hollande, le pays était divisé, mais sur une ligne politique : une France de gauche faisait face à une France de droite, chacune sociologiquement hétérogène – l’ouvrier et le cadre pouvaient appartenir au même camp selon leurs convictions, quelle que soit leur condition sociale. En 2017, cette structure vole en éclat. Macron rassemble avant tout la France d’en haut : il fait le plein chez les cadres et la classe moyenne diplômée, mais accuse un retard très net dans les catégories populaires. Cette sociologie réactive une polarisation qu’on avait observée aux référendums sur Maastricht et sur le traité constitutionnel de 2005 – et lui, par son parcours même, va l’incarner de trois manières simultanées.

Socialement, il est le pur produit de l’élite française – l’ENA, la haute fonction publique, la banque Rothschild. Educativement, il est un premier de la classe, mais mondialisé, ce qui constitue une nouveauté absolue sous la Ve République : ses prédécesseurs parlaient mal anglais, ce qui produisait un effet de proximité involontaire avec le pays profond, tandis que lui incarne la “ start-up nation“, au point qu’en quittant le gouvernement de Hollande, il évoquait l’idée de monter une start-up en Californie. Géographiquement, enfin, il est ce que David Goodhart appelle un “ anywhere “ (« ceux de partout ») : né à Amiens, mais sans attaches territoriales revendiquées, sans avoir jamais été élu localement. Aucun de ses trois prédécesseurs à l’Elysée n’avait cumulé ces trois marqueurs à ce degré, et c’est précisément leur combinaison qui a rendu la fracture si explosive. » (Jérôme Fourquet, Le Point, 23 avril 2026)

La Courneuve : les immigrés ont remplacé les ouvriers« Dans ces bastions, la présence industrielle était très importante, avec un peuplement ouvrier et populaire, un syndicalisme CGT constituant le socle du PCF. Ces villes étaient des viviers d’électeurs, de cadres, d’élus et du parti. L’âge d’or a duré des années 1930 aux années 1980. Tout s’est délité avec la désindustrialisation. Une partie de la population est restée, l’autre est partie. Ils ont ensuite vu arriver des populations issues des immigrations employées dans les industries locales, intégrées par le travail. Puis le modèle a évolué dans les années 1980, leur situation s’est précarisée alors que d’autres continuaient d’arriver. LFI a su jouer sur les attentes sociales très fortes dans certaines communes parmi les plus pauvres de France, et sur d’autres revendications : la lutte contre les violences policières, les discriminations… Avec l’idée que cette population était suffisamment nombreuse pour aspirer à être représentée et dirigée par un des leurs. » (Jérôme Fourquet,  Paris Match, 23 avril 2026) Selon Gilles Poux (PCF), ancien maire de La Courneuve, la ville compte plus de 100 nationalités et 40 % de la population est étrangère.

L’Europe au pied du mur de l’Atlantique – « Les trumpistes  européens n’ont apparemment pas compris que le slogan “Make America great again“  ne concerne que l’Amérique et pas le reste du monde. Ils n’ont pas compris que l’Amérique n’a pas forcément intérêt à ce que l’Europe retrouve sa grandeur, et que l’Europe n’a pas forcément intérêt non plus à ce que l’Amérique retrouve la sienne, pour la bonne raison que leurs intérêts sont structurellement divergents, sinon opposés – et parce que l’Europe ne peut redevenir une puissance qu’à la condition de cesser d’être la vassale des Américains. Américains et Européens peuvent bien se flatter, les uns comme les autres, de “défendre leur pays“, il leur reste à se rendre compte que ce n’est pas le même pays. » (Alain de Benoist, Eléments, avril- mai 2026)

Vrai ou faux ?« Il fallait que le rapport sur l’audiovisuel public soit publié, sinon on aurait eu les cris d’orfraie de Monsieur Alloncle, qui aurait crié au complot. Mais nous comptons produire un contre-rapport, qui va analyser ses propositions et pourquoi elles sont délétères », déclare Erwan Balanant (MoDem), député de Quimperlé, membre de la commission sur l’audiovisuel public  (Franceinfo, 28 avril 2026) Balanant oublie de poser la seule question qui vaille à propos des  « propositions » de Charles Alloncle : ce que raconte ce dernier est-il vrai ou faux ?

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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