Il y a des défaites qui valent des sacres, et des soirs où le score ment effrontément. Samedi soir à Rennes, le RC Vannes s’est incliné 23-29 face au Stade Toulousain, quadruple champion de France en titre, et pourtant personne, dans les travées d’un Roazhon Park plein comme un œuf de Pâques, n’a quitté l’enceinte la tête basse. Parce que ce que les 30 000 spectateurs ont vécu ce 19 septembre dépassait de très loin la comptabilité d’un classement.
Il fallait voir Rennes l’après-midi déjà, traversée par un cortège de 300 supporters vannetais remontant vers le stade, drapeaux au vent. Il fallait entendre, surtout. Le Bro Gozh ma Zadoù, repris par tout un stade, a donné le frisson avant même le coup d’envoi : un hymne, une terre, un peuple debout derrière son 15 de Bretagne. Puis 80 minutes durant, un vacarme assourdissant, une houle de voix qui poussait les Rouge et Noir de Vannes comme la marée pousse les galets. Les délocalisations sentent parfois l’opération comptable. Celle-ci fut un sacre populaire, guichets fermés, caisses remplies et cœurs avec.
13-0 : 20 minutes où l’ogre a mangé du granit
29 000 Bretons qui entonnent le Bro gozh ma zadoù au Roazhon Park pour le @RugbyClubVannes 🎵😍 pic.twitter.com/jaxiGFo9Mp
— TOP 14 Rugby (@top14rugby) September 19, 2026
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Sur la pelouse, le promu n’a pas fait de la figuration. Il a joué, et joué juste, au point de faire passer les hommes d’Hugo Mola pour des touristes égarés en Armorique. Pénalité de 50 mètres de Maxime Lafage dès la 3e minute, essai du deuxième-ligne Eric Marks à la 6e, au terme d’une poussette au pied conclue au nez de Romain Ntamack, puis un drop somptueux d’Anthony Bouthier : 13-0 après 21 minutes, et un Toulouse méconnaissable, dominé dans la possession, dans l’occupation, sous les ballons hauts, au sol, partout. Privés de Ramos et de Capuozzo, les Toulousains ont passé une sale soirée dans les airs, ciblés sans relâche par les chandelles vannetaises. À la baguette, un grognard de 35 ans nommé Michael Ruru : 7 plaquages, un ballon gratté, une emprise totale sur les rucks, au point que son remplaçant Clovis Le Bail n’a pas foulé la pelouse une seule minute. Autour de lui, le talonneur Théo Beziat, les troisième-lignes Francisco Gorrissen et Joe Edwards, le centre Raymond Nu’u arrivé de Colomiers : tous ont répondu présent. Une prestation de très haute volée, sans complexe ni calcul.
2 essais offerts et un en-avant à la 75e
Seulement voilà : face au champion en titre, chaque approximation se paie au prix fort. Un bloc saut manqué sur un renvoi, et Teddy Thomas volleyait pour Santiago Chocobares, qui filait entre les perches (32e). Une bévue de Bouthier sur un petit coup de pied de Kinghorn, et le même Thomas aplatissait au retour des vestiaires (47e). Entre-temps, Toulouse avait infligé un 10-0 en infériorité numérique après le carton jaune de Baille, pour virer en tête d’un petit point à la pause. Vannes a pourtant remis le nez à la fenêtre par l’Anglais Ben Stevenson (23-24, 49e), avant que celui-ci ne plombe les siens d’un carton jaune (58e). L’essai de Kinghorn, servi sur un plateau par Juan Cruz Malia — de retour après 300 jours d’absence —, a creusé l’écart final. Et comme un crève-cœur, à la 75e, ballon porté choisi plutôt que les 3 points, la Bretagne entière retenait son souffle : en-avant devant la ligne toulousaine. La balle de match des 5 dernières minutes est morte, elle aussi, à 5 mètres de l’en-but. « On fait vingt bonnes premières minutes. Mais il en reste soixante… », résumait Jean-Noël Spitzer au micro de Canal+. Tout est dit.
0 point au classement, un peuple dans les tribunes
L’addition est cruelle : toujours 0 point après 3 journées, pas même le bonus défensif qui tendait pourtant les bras, pendant que Toulouse, cynique et réaliste, empoche sa première victoire à l’extérieur et remonte au 2e rang. Mais ce match-là a montré que ce RC Vannes a le niveau de la maison Top 14, et que la Bretagne a un stade, un public et une ferveur que bien des places fortes du rugby français peuvent lui envier. Prochain rendez-vous sur la pelouse, avec un capital confiance intact et le souvenir d’une soirée où 30 000 personnes ont chanté, tremblé et vibré ensemble pour leurs couleurs.
YV
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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