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À l’ère de la surveillance généralisée, il est un domaine qui échappe presque totalement à l’œil démocratique : la salle de tribunal. Pour de nombreux professionnels du secteur, ce huis clos favorise une déconnexion des juges. Ces observateurs en sont certains, face au contrôle du public, les sentences d’un laxisme déroutant, qui heurtent si souvent le bon sens populaire, ne résisteraient pas longtemps.
Plus généralement, notre système judiciaire ne condamne les délinquants qu’à 19 % de la peine prévue par la loi. Mais le dire ainsi conserve quelque chose d’impersonnel, comme si la sentence provenait d’une entité supérieure, vague et insaisissable : « le système judiciaire ». Il faut donc réécrire ce constat : ce sont les magistrats qui ne condamnent les délinquants qu’à 19 % de la peine prévue par la loi. Voilà qui rend mieux compte d’une triste réalité.
C’est l’une des 29 mesures pour révolutionner la justice pénale de l’Institut pour la justice qui en précise les modalités :
« Cette évolution importante mais réclamée par le grand public s’accompagne de garanties fermes: exclusion des audiences concernant mineurs et majeurs protégés, anonymisation obligatoire des témoins, victimes, jurés et forces de l’ordre avec floutage par IA, droit d’opposition pour tout motif légitime de sécurité. La mise en ligne doit intervenir dans un bref délai après la décision. »
Il s’agit, vous l’aurez compris, de mettre la pression sur les juges pour qu’ils assument enfin leurs décisions devant ce peuple au nom duquel ils sont censés rendre la justice.
Dans un tout autre registre, certains, à l’instar d’Éric Dupond-Moretti, soutiennent qu’une telle mesure pourrait redorer le blason des magistrats. Selon eux, cette transparence permettrait au public de mieux comprendre les sentences, l’ex-garde des Sceaux étant convaincu que l’absence de caméras nourrit le fantasme d’un laxisme judiciaire chez les citoyens. S’il ajoute que « plus on regarde la justice, plus la justice a tendance à moins mal se comporter » — une affirmation que l’on ne peut que partager —, le hic est qu’il entend subordonner l’autorisation de diffusion à l’accord de… l’accusé.
Sans grande surprise, la corporation s’oppose farouchement à l’entrée des caméras dans les prétoires. Habitués à ne jamais devoir répondre de rien, bien au chaud dans un anonymat garanti par l’impossibilité pour les journalistes d’être dans toutes les salles de tribunal en même temps — et dont on connaît bien la forte idéologisation —, les magistrats font barrage : le contraire aurait été surprenant.
Lors des débats autour de la loi du 22 décembre 2021 pour la confiance dans l’institution judiciaire, le monde syndical judiciaire — Syndicat de la magistrature en tête — arguait que le tribunal doit rester un espace sanctuarisé, à l’abri des passions populaires et médiatiques. La corporation craint que la justice ne devienne un spectacle et que les débats et les témoignages soient déformés par la présence des caméras. C’est une crainte réelle, qui pourrait pourtant être contournée par le floutage automatique et l’anonymisation des témoins, des victimes et des jurés. Quant au risque de spectacularisation, la diffusion devrait être directement assurée par l’institution judiciaire.
S’il semble y avoir autant de raisons d’autoriser la présence des caméras dans les salles d’audience que de l’interdire, la perte de confiance dans l’institution et la dérive idéologique d’un grand nombre de tribunaux font pencher la balance en faveur de l’autorisation. Rappelons qu’à l’heure actuelle, « après le rapport Linden en 2004, la loi du 22 décembre 2021 a autorisé l’enregistrement des audiences pour un motif d’intérêt public. Mais ce dispositif est resté complètement sous-utilisé car trop lourd, limité aux médias qui en font la demande, et déconnecté de l’actualité, la diffusion n’étant possible que des années plus tard », comme le précise l’IPJ.
Une question s’impose alors : si Maître Michel Amas n’avait pas été à ce point suivi par les caméras, serait-il parvenu à faire requalifier des faits initialement minimisés par le tribunal d’Auxerre dans l’affaire de cette adolescente séquestrée et prostituée de force ? Sans l’extrême médiatisation du meurtre de Lyhanna, le ministère de la Justice aurait-il ordonné le réexamen en urgence de 70 000 plaintes non traitées liées à des violences sur mineurs ? Une réévaluation dans l’urgence, dont on peut certes contester la méthode, mais qui a tout de même conduit à la mise en détention provisoire immédiate de plus de 130 suspects de violences sexuelles à travers la France.
Le constat est sans appel : les projecteurs forcent les magistrats à revenir sur des décisions initialement laxistes, et poussent les autorités à faire leur travail. Mais combien d’affaires similaires passent sous les radars ? Placer les magistrats face à leurs responsabilités et devant le regard du public : en voilà une raison impérieuse d’introduire enfin les caméras dans les tribunaux.
La justice est rendue au nom du peuple ; elle doit pouvoir être observée par les citoyens.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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8 réponses à “De l’utilité des caméras dans les salles de tribunaux : le pour et le contre”
Demat en buvant m’a camomille avec du miel, je me pose la question suivante : qui propose cela dans leur programme présidentiel ? Je vais chercher et vous dira si j’ai trouvé. Ce serait une excellente mesure en tout cas pour les cas graves. Kenavo ou à tout à l’heure.
J’ai été avocat pendant 40 ans. Je suis archi pour cette mesure. Même si on peut craindre une certaine théâtralisation. Il faut mettre les magistrats au pied du mur. Néanmoins rien d’efficace ne sera fait sans la suppression de l’école de la magistrature. On peut parfaitement recruter des magistrats à bac plus 4 ou 5 qui ont été policiers gendarmes militaires par exemple. Il faut briser le moule et faire entrer la société civile celle qui a connu autre chose avant de devenir juge. Bordeaux est une école de wokisme totalement tenue par l’extrême gauche militante.
Les magistrats doivent aussi rendre des comptes sur leur travail et être sanctionnés s’il y a lieu.
Il est urgent de casser le laxisme grave des juges , il y va de la vie de nombreuses personnes , c ‘ est un scandale pour nous citoyens , alors que cette « justice » est rendue en notre nom ! Une société qui couvre les crimes et les assassins , et les délinquants qui caillassent pompiers et policiers n ‘ a plus aucune dignité . Gare à l ‘ explosion qui couve !
Oui bien sûr aux caméras dans les tribunaux !
des magistrats font ce qu’ils veulent car le pouvoir les laisse faire, voir les encourage.
Et si des milliers de prisons étaient construites ?
C’est le pouvoir qui donne pour consigne aux juges, d’incarcérer le moins possible…..
Ne pas se tromper de cible avant de faire du cinéma dans les prétoires……
Aujourd-hui la justice est rendue au nom et par une Caste Bobo pourrie théoriquement au nom de la République démoniaque.Et le peuple constate que les crevures ne sont pas sanctionnées donc cette Justice doit être révoquée et remplacée par une autre Justice qui reprendra « force et Vigueur sous l’oeil du Triangle » et qui sera efficace!
Non bien sûr aux caméras dans les tribunaux. Excepté pour les cas historiques bien sûr (ex. Klaus Barbie, Nuremberg…). Personne dans nos familles n’est à l’abri d’un jugement dans sa vie, et il serait bien triste à mes yeux de voir filmer quelqu’un de mon mon entourage pour un homicide involontaire par exemple. Nous ne sommes point aux USA.