Les élections sénatoriales qui doivent renouveler la moitié de l’hémicycle seront organisées le dimanche 27 septembre. En Bretagne, l’Ille-et-Vilaine, les Côtes-d’Armor et le Finistère sont concernés ; dans ces départements où sont élus trois sénateurs ou plus, on utilise le scrutin proportionnel. Le 27 septembre 2020 ont été élus pour un mandat de six ans : Michel Canevet (MoDem), Nadège Havet (LREM), Jean-Luc Fichet (PS) et Philippe Paul (LR) dans le Finistère ; Dominique de Legge (LR), Daniel Salmon (EELV), Sylvie Robert (PS) et Françoise Gatel (UDI) en Ille-et-Vilaine ; Annie Le Houérou (PS), Gérard Lahellec (PCF) et Alain Cadec (LR) dans les Côtes-d’Armor.
En général, pour beaucoup d’élus, devenir sénateur constitue le couronnement d’une carrière ; c’est leur bâton de maréchal. La déclaration de Jean-Luc Chenut (PS), président du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, étonne donc : il déclare, « après un temps d’analyse et d’échanges », ne pas être candidat aux prochaines élections sénatoriales, « tout en remerciant de leur confiance celles et ceux qui l’ont encouragé à faire le choix contraire ». Jean-Luc Chenut motive sa décision par son mandat de conseiller départemental qui « exige une disponibilité totale et une mobilisation de chaque instant ». Il assure qu’il apportera son soutien à « la liste qui portera les valeurs de gauche et de progrès qui ont toujours guidé ses engagements» (Ouest-France, mercredi 13 mai 2026)
Plusieurs commentaires s’imposent. Pour être assuré d’être élu, Chenut doit figurer en place éligible. En septembre 2020, les socialistes présentaient une liste (« L’Ille-et-Vilaine, terre d’harmonie sociale et écologique avec Sylvie Robert ») et les écologistes une autre (« Ecologie et solidarités, une urgence pour nos territoires avec Daniel Salmon »). A coup sûr, cette année, il y aura encore deux listes à gauche. Si Sylvie Robert décide de « repartir », elle sera tête de liste et c’est fichu pour Chenut puisqu’il n’y aura qu’une place éligible sur la liste socialiste. De toute manière, la loi sur les cumuls interdit d’appartenir à l’exécutif d’une collectivité territoriale et, en même temps d’être parlementaire. S’il devenait sénateur, Chenut serait contraint d’abandonner son job de président – au mieux, il pourrait demeurer conseiller départemental de base, situation peu réjouissante lorsque l’on a été président… On devine en quoi a consisté ce « temps d’analyse et d’échanges »… Surtout à vérifier si Sylvie Robert acceptait de prendre sa retraite et de se retirer à son profit… Et de vérifier qu’il y aura bien une liste écolo…
Jean-Luc Chenut (PS) veut « servir »
En 2020, on avait connu la même situation. Une rumeur circulait sur la possible candidature de Jean-Luc Chenut (PS) aux élections sénatoriales. Réponse de l’intéressé : « Aujourd’hui, après mûre réflexion, je fais le choix du conseil départemental, malgré les incertitudes qui pèsent encore sur le calendrier électoral et les menaces que font planer certains quant au devenir de cette collectivité. » Et de poursuivre : « C’est un choix de conviction, fondé sur une considération essentielle : être là où je pense pouvoir servir au mieux les valeurs et les convictions de gauche et de progrès depuis toujours mon engagement dans la vie publique. » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, mardi 7 juillet 2020) Les arguments de 2026 ressemblent fort à ceux de 2020… Et puis la belle époque où, en Ille-et- Vilaine, aux sénatoriales, la liste de gauche était celle du Parti socialiste – ce qui donnait deux sénateurs socialistes – est terminée. Il faut maintenant compter avec la concurrence des écolos qui prennent leur part du gâteau…
Bernard Morvan
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 réponses à “Élections sénatoriales : trois départements bretons sont renouvelables”
Si pour certains élus, devenir sénateur constitue le couronnement d’une carrière politique, ne pas perdre de vue qu’avec le cumul des retraites il est aussi la certitude de ne pas devoir aller chercher sa nourriture aux restaus du coeur. De plus le train de vie du sénateur ( restaurant avec chef, chauffeur, prébendes , indemnités etc … ) est à des années lumières de celui du smicard.
On est loin de ces sénateurs et même maires gérant leur domaine en bon père de famille n’ayant pas la folie des grandeurs…faisant d’excellents sénateurs, que vient faire EELV au milieu des sénateurs? comme si la négro fort peu spiritual Aubamo était sénatrice! avec un os dans le pif! MDR cette fonction mérte mieux que des clowns.