Le 9 septembre 2026, la loi sur la transparence salariale doit être présentée en Conseil des ministres. Une enquête menée par le cabinet How Much auprès de 3 600 actifs français, entre le 27 août et le 3 septembre, dresse le portrait d’un pays largement dans le flou sur le contenu réel du texte, mais déjà mobilisé par la perspective de connaître le salaire des autres.
Le patron, cible numéro un de la curiosité
À peine 6 % des actifs interrogés déclarent qu’ils ne consulteraient aucun salaire si un annuaire les rendait visibles dans leur entreprise. Les 94 % restants ont une cible toute trouvée : le patron ou dirigeant arrive en tête (24 %), suivi de près par la personne occupant le même poste (23 %) et par le collègue soupçonné de gagner plus (21 %). Le manager direct (18 %) et la personne jugée « surpayée » (8 %) complètent le classement.
Un texte que 3 Français sur 10 disent ne pas connaître
Sur le contenu réel de la loi, les réponses s’égarent largement. 45 % des sondés pensent qu’elle imposera un salaire identique à poste égal, 36 % qu’elle permettra de connaître le salaire exact d’un collègue, et 32 % qu’elle imposera la publication nominative des salaires en interne — trois mesures absentes du texte. Seules deux mesures sont effectivement anticipées à un niveau proche de la réalité : l’affichage d’une fourchette de salaire dans les offres d’emploi (49 % des réponses, la meilleure performance du sondage) et la communication des écarts de rémunération femmes-hommes (41 %). 31 % des actifs admettent ne rien savoir du contenu du texte.
Une information qui circule mal
56 % des actifs disent avoir déjà entendu leurs collègues évoquer la future loi. Mais la qualité de cette information laisse à désirer : 13 % seulement estiment avoir reçu une information juste, contre 43 % qui rapportent des propos exagérés, anxiogènes ou faux, et 19 % incapables de trancher.
Vérifier sa position, puis demander une augmentation
Face à la perspective de salaires visibles, 38 % des actifs disent qu’ils vérifieraient immédiatement leur propre position, et 29 % qu’ils prépareraient dans la foulée une demande d’augmentation. Seuls 6 % affirment que cela ne changerait rien pour eux.
Sur la question de la réciprocité, la transparence totale ne fait pas consensus : 29 % l’accepteraient sans condition, 27 % à condition d’anonymat, mais 24 % avouent vouloir voir le salaire des autres sans dévoiler le leur, et 12 % refusent les deux.
Tensions et défiance envers les directions
Interrogés sur les risques d’un sujet mal encadré par l’entreprise, 33 % des actifs redoutent des tensions et des jalousies entre collègues, 21 % la propagation de fausses informations, 19 % une perte de confiance envers la direction. 2 % seulement n’y voient aucun risque particulier.
Sandrine Dorbes, à l’origine de l’enquête, résume la situation en pointant que « le flou règne partout, du bureau jusqu’au sommet ».
Quant à savoir qui devrait ouvrir le sujet en premier dans l’entreprise, 46 % des actifs attendent une prise de parole officielle de la direction ou des RH. Mais 21 % déclarent ne faire confiance à leur entreprise pour en parler honnêtement, et 2 % estiment que personne ne s’en chargera.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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