À l’approche des grands départs, les escrocs exploitent les nouveaux usages du quotidien. Péages sans barrière, QR codes sur les bornes de recharge ou appels de prétendus conseillers bancaires : derrière une demande parfois modeste se cache le même objectif, récupérer des données bancaires, faire valider une opération frauduleuse ou obtenir directement la carte de la victime.
Le piège du paiement urgent
De faux SMS de péage circulent avec le développement des autoroutes en flux libre. Le message évoque un trajet impayé, impose un délai très court et menace d’une forte majoration. Le lien renvoie alors vers une imitation du site de l’exploitant, conçue pour recueillir les informations de paiement.
La Sanef précise qu’elle ne réclame jamais le règlement d’un péage par SMS. En cas de doute, l’usager doit consulter directement le site officiel de l’exploitant, sans utiliser le lien reçu. Sur les axes en flux libre, le passage doit généralement être réglé dans les 72 heures lorsqu’aucun badge ou compte de paiement automatique n’est associé au véhicule.
Autre piège bien identifié : le « quishing », contraction de QR code et de phishing. Cybermalveillance.gouv.fr alerte sur de faux codes collés sur des horodateurs, des bornes de recharge ou d’autres équipements. Le téléphone ouvre alors un site frauduleux, parfois très proche de l’original. La mention « https » ne dispense pas de vérifier l’adresse du site ni de contrôler qu’aucune étiquette n’a été collée sur le code officiel.
Des retraités ciblés à leur domicile
L’arnaque au faux conseiller bancaire va plus loin. L’escroc appelle sa victime en prétendant avoir détecté des opérations suspectes, puis annonce l’arrivée d’un coursier chargé de récupérer la carte et son code.
À Cassis, une femme de 76 ans a été victime de 3 000 euros d’achats frauduleux de matériel informatique. L’enquête a relié les suspects à huit autres faits commis dans les Bouches-du-Rhône et le Var, pour un préjudice supérieur à 20 000 euros. D’après la gendarmerie, les mis en cause ont déclaré agir pour le compte d’un commanditaire basé à l’étranger.
Aucun établissement bancaire, service de police ou de gendarmerie ne mandate un coursier pour récupérer une carte, un chéquier ou des espèces. Il ne faut jamais communiquer son code confidentiel ni utiliser les coordonnées fournies par l’appelant. Le bon réflexe consiste à raccrocher, puis à contacter soi-même sa banque par ses canaux habituels.
Ces escroqueries exploitent les mêmes ressorts : l’urgence, la peur de perdre de l’argent et la confiance accordée à une institution connue. Quelques secondes de vérification restent la meilleure protection.
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