Onze kilomètres à 7,3 %, des pentes irrégulières et une route forestière aménagée en voie cyclable : le col du Haag, inédit sur la Grande Boucle, promettait un dénouement explosif. Il l’a tenu. Samedi, au terme de la 14e étape et de ses 3 800 mètres de dénivelé positif, Tadej Pogacar s’est levé de sa selle à 1,5 kilomètre du sommet pour ne plus jamais être repris, signant sa quatrième victoire d’étape sur ce Tour de France 2026 et la vingt-cinquième de sa carrière sur l’épreuve.
Carapaz encore courageux, Pogacar intraitable
L’échappée du jour, réduite à cinq hommes après la défaillance de Ben Healy, abordait le dernier des quatre cols répertoriés avec près d’une minute trente d’avance. L’écart n’a cessé de fondre, Decathlon-CMA CGM prenant les commandes du groupe maillot jaune avant d’être relayé par Visma-Lease a Bike.
Comme mardi au Lioran, Richard Carapaz s’est accroché en ultime résistant dans les pentes du Haag. Repris à deux kilomètres du sommet en même temps que Tobias Johannessen, l’Équatorien n’a pu suivre longtemps le rythme de Jonas Vingegaard et du top 5. Pogacar, lui, a placé son accélération un peu plus loin, basculant en tête devant le Danois, l’épatant Paul Seixas et son coéquipier mexicain Isaac Del Toro. Le Slovène, momentanément dépossédé du maillot à pois par Valentin Paret-Peintre, voulait ce succès de prestige.
Seixas endosse le maillot blanc
Dans la descente vers Le Markstein, Vingegaard, Seixas et Del Toro se sont regroupés, tandis que Remco Evenepoel et Juan Ayuso pointaient plus loin. Del Toro a coiffé Seixas au sprint pour la deuxième place, le Français prenant la troisième — et surtout le maillot blanc de meilleur jeune, ravi à Ayuso. Vingegaard, qui a concédé six secondes supplémentaires, pointe désormais à 4’30 » de Pogacar. Seixas, quatrième du général à 5’19 », ne se trouve plus qu’à une quarantaine de secondes du Danois.
Étape 15 : le Plateau de Solaison, tout sauf une formalité
Ce dimanche 19 juillet, la deuxième semaine s’achève au sommet du Plateau de Solaison, une arrivée inédite sur le Tour. Départ à 13h10 de Champagnole, arrivée estimée vers 17h41, pour une journée à 3 950 mètres de déclivité : un apéritif jurassien puis deux plats copieux en Haute-Savoie.
Le sprint intermédiaire de Saint-Laurent-en-Grandvaux, placé après une longue portion de faux plats montants, devrait animer le duel pour le maillot vert entre Mads Pedersen (397 points) et Jasper Philipsen, revenu à 34 unités. Les grimpeurs, eux, attendront plutôt la côte des Rousses (6,6 km à 5,1 %) pour lancer leurs premières cartouches, avant une longue transition jusqu’aux abords de Genève. Le col de la Croisette (4,6 km à 11,2 %) constituera ensuite un terrain rêvé pour une équipe désireuse d’isoler Pogacar.
Le juge de paix se dresse à 11,3 kilomètres de l’arrivée : le Plateau de Solaison, 11,3 kilomètres à 9 % de moyenne, avec des pourcentages flirtant presque constamment avec les deux chiffres. Après la forêt du Massif des Bornes et une route étroite longeant la falaise, les pentes se radoucissent brièvement à l’entrée de Brizon avant de repartir vers le haut. Les deux derniers kilomètres et demi seront exposés au vent. Une fine pluie est possible au départ, mais la journée s’annonce clémente, avec 26 °C et un vent de nord-ouest portant, faible.
Un scénario ouvert
L’incertitude domine. Pogacar a davantage grimacé qu’à l’accoutumée dans les derniers hectomètres du Haag, et son attentisme dans les deux derniers kilomètres laisse penser à un jeu plus défensif — d’autant qu’il a lui-même reconnu à l’arrivée que la journée de dimanche serait difficile pour son équipe. De quoi ouvrir la porte à une échappée.
Parmi les candidats, Tobias Halland Johannessen fait figure de favori : le coureur d’Uno-X Mobility monte en puissance et connaît le Plateau de Solaison pour l’avoir escaladé récemment sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Richard Carapaz devrait retenter sa chance, tout comme Thymen Arensman, à l’aise sur les cols longs, et Ben O’Connor, jamais aussi dangereux qu’inattendu. Sepp Kuss pourrait être placé à l’avant par Visma. Et si les leaders se disputent la victoire, Paul Seixas, dix-neuf ans et en pleine confiance à la veille d’une journée de repos, aurait tort de se priver.
Photo d’illustration : © A.S.O / Thomas Maheux
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