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Cent ans après sa disparition, Jeanne Malivel retrouve une place de premier plan dans la mémoire artistique bretonne. Morte le 2 septembre 1926 à seulement 31 ans, la créatrice née à Loudéac est au cœur, cet automne, de nombreuses manifestations dans sa ville natale et ailleurs en Bretagne. Expositions, conférences, cinéma et parcours patrimoniaux permettent de redécouvrir une artiste qui entendait renouveler la création sans couper celle-ci de ses racines.
À Loudéac, plusieurs mois pour redécouvrir son œuvre
Le 2 septembre, jour du centenaire de sa mort, la médiathèque de Loudéac a inauguré l’exposition « Jeanne Malivel, une artiste d’exception », consacrée notamment aux liens de la créatrice avec sa ville natale. Elle restera visible jusqu’au 30 octobre. Dans le centre-ville, dix reproductions d’œuvres emblématiques permettent également de découvrir, jusqu’au 31 octobre, les multiples facettes de son travail.
Le programme se poursuit avec plusieurs rendez-vous. Une visite guidée de l’exposition est notamment prévue le 12 septembre, puis un parcours dans Loudéac sur les pas de Jeanne Malivel le 19 septembre, dans le cadre des Journées du patrimoine. Le 25 septembre, le cinéma Quai des Images projettera le documentaire « Jeanne Malivel, un soleil se lève », de Laurence-Pauline Boileau, suivi d’une rencontre avec la réalisatrice. Olivier Levasseur donnera enfin une conférence le 10 octobre.
Jusqu’au 20 septembre, la Maison paroissiale présente parallèlement « Jeanne Malivel, une vie sous le regard de Dieu », consacrée à son travail dans le domaine de l’art sacré. Comme le rapporte Le Courrier Indépendant, elle défendait « un art capable de retrouver la force de la tradition tout en inventant des formes nouvelles ».
Une modernité profondément enracinée
Graveuse, peintre, illustratrice, créatrice de mobilier, de textiles, de vitraux ou encore de céramiques, Jeanne Malivel fut l’un des moteurs d’Ar Seiz Breur, mouvement né en 1923. Son ambition n’était pas de reproduire indéfiniment les formes du passé, mais de puiser dans le patrimoine breton pour construire un langage artistique adapté à son époque.
La commémoration se prolongera à Pontivy, où la médiathèque Kenere doit accueillir à l’automne l’exposition « Jeanne Malivel : une artiste avant-gardiste à redécouvrir », conçue avec l’association Jeanne Malivel. Le 7 novembre, Olivier Levasseur, docteur en histoire et spécialiste des arts décoratifs, y consacrera également une conférence à son parcours.
Un siècle après sa disparition, cette œuvre conserve une singulière actualité. Jeanne Malivel rappelle qu’une culture n’a nul besoin de renier ses racines pour créer : elle peut au contraire trouver dans son héritage la matière d’une modernité vivante.
Crédit photo : page Facebook des amis de Jeanne Malivel (photo d’illustration)
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