Semaine chargée dans les salles obscures : un thriller d’époque avec 2 pointures hollywoodiennes, un drame français sur l’emprise conjugale, le retour d’une saga de zombies confiée à un maître de l’horreur, un dîner de voisins qui tourne au règlement de comptes, un huis clos rural passé par la compétition cannoise et un Miike en forme de procès médiatique. Revue de détail des sorties de ce mercredi 16 septembre.
Les Contrebandiers
Oregon, 1933. Après la mort de sa femme, Samuel Murphy est arraché à sa fille et envoyé dans un camp de travail impitoyable. Lorsqu’un surveillant sans scrupule lui promet la liberté contre une périlleuse mission de contrebande d’or, Murphy saisit sa seule chance de rentrer chez lui.
Padraic McKinley réunit Ethan Hawke et Russell Crowe dans ce thriller d’aventure en pleine Grande Dépression, mûri de longues années et conçu comme un hommage au cinéma brut des années 1970 — le réalisateur cite Sorcerer, Délivrance et Jeremiah Johnson. Le duel entre le forçat Hawke et le contremaître Crowe, dans les paysages sauvages du Nord-Ouest américain, constitue à lui seul un argument.
Si tu penses bien
Lorsque Gil rencontre Jacques, leur amour est évident. Mais l’intensité des débuts laisse place à une relation où elle se sent de plus en plus enfermée, jusqu’à en perdre ses repères. Jacques la rassure : si elle pense bien, il ne lui arrivera que du bien. Peu à peu, Gil comprend le contrôle qu’il exerce sur sa vie.
Géraldine Nakache passe au drame pur avec ce récit d’emprise conjugale porté par Monia Chokri et Niels Schneider, entourés de Clémentine Célarié. Coup de foudre, mariage précipité, puis l’étau qui se referme : le mari rabaisse, isole, et maquille son contrôle en protection — jusqu’à ce mantra aux allures de menace qui donne son titre au film. 1h34 au cordeau sur un sujet que le cinéma français traite rarement sous cet angle psychologique.
Resident Evil
Bryan, coursier médical, s’engage dans une course effrénée pour survivre, alors qu’autour de lui le monde s’enfonce dans un chaos total.
30 ans après le premier jeu Capcom et 2 décennies de films inégaux, la saga zombie repart de zéro — et cette fois, l’affaire est sérieuse : c’est Zach Cregger, révélé par Barbare et confirmé depuis comme l’un des noms qui comptent dans l’horreur américaine, qui écrit et réalise ce 8e film de la franchise. Austin Abrams y traverse un Raccoon City en pleine épidémie, aux côtés de Paul Walter Hauser, Zach Cherry et Kali Reis. Format resserré (1h34), budget de 80 M$ : le survival horror à l’ancienne plutôt que le blockbuster décérébré. Les fans guetteront les références aux jeux, disséminées dès la bande-annonce.
L’Invitation
Angela et Joe invitent leurs mystérieux nouveaux voisins du dessus à dîner. La soirée va alors rapidement faire voler en éclats toutes leurs certitudes.
Remake américain de la comédie espagnole à succès Sentimental de Cesc Gay (2021), elle-même tirée d’une pièce de théâtre, L’Invitation marque le retour d’Olivia Wilde à la réalisation. Elle s’y distribue face à Seth Rogen, en couple à la dérive recevant Penélope Cruz et Edward Norton, voisins aussi charmants qu’envahissants. Écrit par Rashida Jones et Will McCormack, le film a déclenché une bataille d’enchères à Sundance — remportée par A24 pour plus de 10 M$ — et fait rire aux éclats les 8 000 spectateurs de la Piazza Grande de Locarno. La comédie de mœurs de la semaine.
Histoires de la nuit
Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée, avec pour seule voisine Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, 3 hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés.
Sélectionné en compétition officielle à Cannes, le 3e film de Léa Mysius adapte le roman de Laurent Mauvignier (Éditions de Minuit), dévoré en 2 jours par la réalisatrice qui en a coupé tous les flash-backs pour tenir la tension en temps réel. Hafsia Herzi, Benoît Magimel, Bastien Bouillon et Monica Bellucci portent ce thriller rural en forme de home invasion, que la production présentait comme une version féminine d’A History of Violence. Interdit aux moins de 12 ans — la violence de certaines scènes est signalée aux âmes sensibles. 1h54.
Sham
Seiichi Yabushita, instituteur respecté, est accusé par une mère d’avoir harcelé et humilié son fils. Très vite, la machine s’emballe. Médias, rumeurs, opinion publique : chacun impose son récit. Yabushita est alors pris dans une spirale où la vérité n’est plus qu’une version parmi d’autres.
L’infatigable Takashi Miike — plus de 100 films au compteur, d’Audition à Hara-Kiri — s’empare d’une affaire vraie survenue à Fukuoka en 2003, où un enseignant fut accusé de punitions corporelles par la mère d’un élève. Avec Gô Ayano et Kô Shibasaki, le cinéaste japonais confronte les versions — celle de la mère, celle du professeur — dans un implacable récit sur l’emballement médiatique, la présomption de culpabilité et la fabrique des lynchages d’opinion. Un sujet qui résonne bien au-delà de l’archipel. 2h09, interdit aux moins de 12 ans, présenté en avant-première à Reims Polar.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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