C’est déjà la plus petite planète du système solaire — un tiers de la taille de la Terre — et elle continue de rapetisser. Une équipe de l’Institut de recherche spatiale du Centre aérospatial allemand (DLR) vient de publier une étude concluant que Mercure s’est contractée nettement plus vite qu’on ne le pensait : la planète aurait perdu jusqu’à 23 km de diamètre depuis sa formation, il y a des milliards d’années — soit 10 à 30 % de plus que les estimations antérieures.
Une vieille pomme qui se ride
Le phénomène est connu de longue date : Mercure se refroidit inexorablement à mesure que sa chaleur interne s’épuise — « comme un ballon laissé dans le froid », selon l’image du communiqué accompagnant l’étude. En se contractant, la planète voit sa couche rocheuse externe résister tant bien que mal à la déflation : sa surface se fissure et se ride comme une vieille pomme, dessinant des falaises abruptes — les escarpements — et des crêtes qui compliquent précisément la mesure globale du rétrécissement.
C’est là que réside l’apport de l’équipe allemande : en agrégeant les cartes existantes de la surface, les chercheurs ont constaté que les zones les plus accidentées présentent paradoxalement moins de rides — signe que les débris projetés par les impacts de météorites ont recouvert et masqué une partie des structures de contraction. Le rétrécissement réel était donc sous-estimé. Les nouveaux taux calculés cadrent d’ailleurs mieux avec les prédictions théoriques issues des modèles physiques.
Ce que cela dit des entrailles de la planète
L’enjeu dépasse la simple mensuration. Un rétrécissement plus important, explique le planétologue Gaku Nishiyama (DLR), peut signifier que Mercure possède un noyau métallique plus gros, moins d’éléments légers comme le silicium mélangés à ce noyau, ou une température de départ plus élevée. Comprendre la vitesse à laquelle la planète se contracte, résume un géoscientifique de l’université Brown interrogé par le New York Times, c’est comprendre à quelle vitesse elle se refroidit, quelle taille elle avait au départ et de quoi elle est faite — chaque planète étant, selon sa jolie formule, un drôle de petit canard qui a une histoire à raconter.
Bonne nouvelle : la vérification approche. La sonde BepiColombo, mission conjointe de l’Agence spatiale européenne et de l’agence japonaise JAXA lancée en 2018, doit se placer en orbite autour de Mercure en novembre — devenant seulement le 2e engin de l’histoire à y parvenir. De quoi ausculter de près la planète qui rétrécit.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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