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L’affaire en dit long sur l’économie souterraine qui prospère, près de 30 ans après l’accord du Vendredi saint, dans les fiefs paramilitaires d’Irlande du Nord. Philip « Cookie » McGookin, dealer notoire de Carrickfergus, ville côtière loyaliste au nord de Belfast, a plaidé coupable la semaine dernière devant la Crown Court de Belfast de tentative de possession de cocaïne avec intention de revente et de possession de cannabis. Son tort, aux yeux des organisations paramilitaires loyalistes qui tiennent la ville : s’être fourni auprès d’un gang criminel des quartiers républicains du nord de Belfast.
Contourner « l’impôt » de l’UDA
Le fonctionnement du marché, décrit sans fard par une source loyaliste au Sunday Life, tient du système fiscal parallèle : dans les quartiers loyalistes, quiconque veut vendre de la cocaïne doit s’approvisionner auprès de l’UDA et lui verser une redevance de « protection ». C’est précisément ce que McGookin, 46 ans, a voulu éviter : il s’est tourné vers des criminels des quartiers d’Ardoyne et de New Lodge — des zones républicaines — pour se fournir directement. Le montage s’est effondré lorsque la police a perquisitionné son domicile et découvert, dans son téléphone, l’identité de ses fournisseurs.
Selon les sources loyalistes citées par le journal, l’UDA et plus encore l’UVF n’apprécient guère l’introduction de « drogue républicaine » à Carrickfergus — et l’intéressé, déjà visé par le passé, pourrait l’être à nouveau. L’affaire embarrasse d’autant plus que le beau-frère de McGookin, Clifford « Trigger » Irons, désigné au tribunal comme un chef de l’UDA du sud-est de l’Antrim, attend lui-même sa condamnation pour trafic de cocaïne.
Un habitué des représailles paramilitaires
McGookin n’en est pas à sa première mésaventure avec les hommes de main loyalistes. Condamné une première fois en 2015 à 10 mois de prison pour détention de cocaïne et de cannabis destinés à la revente, il s’était présenté à son audience de condamnation affublé de lunettes de soleil surdimensionnées — pour masquer 2 yeux au beurre noir hérités d’une correction infligée par l’UDA. En 2019, des coups de feu ont été tirés sur son domicile, une attaque attribuée à l’UDA et liée à une dette de drogue. La même année, sa maison était perquisitionnée par la task force anti-paramilitaire de la police nord-irlandaise, dans le cadre d’une opération visant la criminalité de l’UDA.
Libéré sous caution, l’intéressé se fait désormais discret à Carrickfergus, dans l’attente du procès de son co-accusé — un homme du nord de Belfast qui conteste les faits et sera jugé l’an prochain.
Au-delà du fait divers, l’affaire illustre la reconversion criminelle des organisations paramilitaires des 2 bords : officiellement en « transition » depuis l’accord de paix, l’UDA et l’UVF continuent de régner sur le trafic de drogue et le racket dans leurs fiefs — quitte à commercer, par intermédiaires interposés, avec leurs ennemis républicains d’hier.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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