Le hall du lycée Nelson-Mandela, sur l’île de Nantes, a été détruit par un incendie jeudi 1er octobre au matin, pendant le blocage de l’établissement. Selon plusieurs lycéens, le feu a pris vers 7 h 45, après des tirs de mortiers d’artifice. La direction parle d’un incendie volontaire. Les flammes sont parties d’un feu de poubelle, se sont propagées à la façade puis à l’intérieur, et la verrière du hall s’est effondrée. Elles ont atteint jusqu’aux chambres de l’internat. Le lycée, qui accueille plus de 1 700 élèves et étudiants, ne devrait pas rouvrir avant les vacances de la Toussaint.
9 établissements dégradés, 18 interpellations
Mandela n’est pas un cas isolé. Selon la préfecture, 9 établissements ont été dégradés et des incendies ont été allumés dans 3 lycées nantais, avec des dégâts « importants ». La préfecture fait état de 18 interpellations en Loire-Atlantique et appelle les parents à rappeler à leurs enfants qu’ils ne doivent pas se mêler aux casseurs.
Le mouvement de blocage, lancé par des lycéens qui réclament davantage de moyens et rejoint par des étudiants, a dégénéré dans plusieurs grandes villes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une cellule de crise.
Au lycée Mandela, les blocages étaient organisés depuis mardi par un groupe baptisé « Mandela Antifa ». L’un de ses membres, cité par France 3, attribue l’incendie à 50 à 100 individus cagoulés extérieurs au mouvement.
Le RN 44 dénonce une « sauvagerie »
Dans un communiqué publié le jour même, Bryan Pecqueur, au nom du RN de Loire-Atlantique, estime que Nantes n’assiste plus à de simples manifestations lycéennes. Il cite les lycées touchés depuis le début de la semaine : Guist’hau, La Chauvinière, le lycée professionnel Michelet, puis Mandela. Pour lui, les revendications n’ont rien de scolaire, et il évoque la présence de drapeaux palestiniens dans les cortèges. « Un lycéen ne détruit pas l’outil de son propre avenir », écrit-il, en qualifiant les auteurs de « racailles ».
Le RN s’en prend aussi à la maire socialiste de Nantes. Il juge ses déclarations passives et l’accuse de placer sur le même plan les fauteurs de troubles et les policiers. Le parti demande la démission du député LFI Andy Kerbrat ainsi que de 2 élues, Mmes Yahi et Bourgeais, qu’il dit avoir vues en écharpe aux côtés des manifestants face aux forces de l’ordre. Selon le communiqué, La France insoumise est « directement complice » des violences.
Le RN apporte son soutien aux policiers. Il reprend aussi le témoignage des élèves de Guist’hau, qui ont dénoncé la présence de personnes extérieures venues faire dégénérer leur mouvement. Le parti défend 2 mesures portées par Marine Le Pen : une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, et une nouvelle loi anti-casseurs qui sanctionnerait la participation volontaire à une émeute.
Les autres réactions
Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire, dont dépendent les lycées, dénonce partout les mêmes casseurs et la même instrumentalisation politique. « Ce n’est pas la jeunesse de France ! », a-t-elle écrit.
Johanna Rolland a quitté une réunion de maires à Paris pour coordonner la réponse à Nantes. Elle a appelé au calme et condamné toutes les formes de violence, tout en se tournant vers l’exécutif : « Le manque de considération du Gouvernement à l’égard de la jeunesse est une impasse grave. » Elle a jugé « dangereux » l’amalgame fait selon elle par Christelle Morançais.
Pour les familles du lycée Mandela, les cours ne reprendront pas sur place avant plusieurs semaines.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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