Un yaourt ou un morceau de fromage pourraient-ils protéger vos genoux ? C’est ce que suggère une vaste étude japonaise publiée en octobre dans la revue Clinical Nutrition. Les personnes qui consomment le plus de produits laitiers fermentés auraient un risque nettement plus faible de développer une arthrose du genou. Le lait, lui, ne semble avoir aucun effet.
10 411 Japonais suivis pendant 11 ans
L’arthrose du genou est la forme d’arthrose la plus répandue et l’une des premières causes de douleurs et de handicap après 40 ans. Faute de traitement préventif efficace, les chercheurs s’intéressent de près aux habitudes de vie qui pourraient limiter son apparition. Selon les projections citées dans l’étude, quelque 642 millions de personnes pourraient en être atteintes dans le monde d’ici à 2050.
Des chercheurs de l’université de Niigata ont suivi 10 411 habitants de la région de Murakami, dans le nord du Japon, âgés de 40 à 74 ans au départ. Leur alimentation a été évaluée par un questionnaire détaillé au début du suivi, entre 2011 et 2013. Jusqu’à fin 2023, les hôpitaux et cliniques de la région ont recensé les nouveaux cas d’arthrose du genou, avec des symptômes confirmés par radiographie. Au total, 800 cas ont été diagnostiqués, dont 520 chez des femmes.
Jusqu’à 28 % de risque en moins
Les participants qui consommaient le plus de produits laitiers fermentés, fromage et yaourt, avaient un risque d’arthrose du genou inférieur de 28 % à celui des personnes qui n’en mangeaient jamais, une fois pris en compte l’âge, le sexe, l’activité physique, le tabac, l’alcool, le niveau d’études ou les antécédents médicaux. Pour une consommation intermédiaire, la baisse était de 19 %. L’effet se retrouvait chez les hommes comme chez les femmes, et le fromage comme le yaourt étaient chacun associés à un risque plus faible.
À l’inverse, la consommation de lait n’était pas liée au risque d’arthrose. Pour les chercheurs, la baisse de risque observée pour l’ensemble des produits laitiers tiendrait donc surtout aux produits fermentés.
Le rôle de la fermentation
Plusieurs pistes peuvent l’expliquer. La fermentation transforme la composition du lait et produit des peptides et des acides gras aux propriétés intéressantes. Le fromage apporte aussi de la lactoferrine, une protéine aux effets anti-inflammatoires. Les yaourts et les fromages au lait cru contiennent en outre des micro-organismes vivants susceptibles d’agir sur le microbiote intestinal. Or l’arthrose n’est plus seulement considérée comme une usure mécanique : une inflammation chronique de faible intensité, en partie liée à l’intestin, jouerait un rôle dans sa survenue.
Des résultats à prendre avec prudence
Les auteurs eux-mêmes appellent à la prudence. Il s’agit d’une étude d’observation : elle établit une association, pas un lien de cause à effet. L’alimentation n’a été mesurée qu’une fois, par questionnaire, sans tenir compte de ses évolutions sur 11 ans. Les blessures au genou et les facteurs génétiques n’ont pas été pris en compte. Les chercheurs reconnaissent aussi que peu de participants mangeaient du fromage plus de 3 ou 4 fois par semaine, et que l’effet du yaourt n’augmente pas de façon régulière avec la quantité consommée.
Surtout, les Japonais consomment très peu de produits laitiers : 5 à 10 fois moins de produits frais que les Européens ou les Nord-Américains. La consommation médiane de fromage des participants était d’environ 1 gramme par jour, et celle de yaourt de 8 grammes. Les résultats ne peuvent donc pas être transposés tels quels à un pays de grands consommateurs de fromage comme la France.
L’étude a été financée par des fonds publics japonais. L’un des auteurs déclare toutefois avoir reçu, pour d’autres travaux, des financements des groupes Ajinomoto et Meiji, ce dernier étant un grand fabricant japonais de produits laitiers.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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