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Entre le 1er juillet 2025 et le 30 juin 2026, 541 personnes sont mortes par euthanasie ou suicide assisté en Australie-Occidentale. Dans 1 cas, le décès est intervenu le lendemain même de la première demande. Ces chiffres figurent dans le rapport annuel du Voluntary Assisted Dying Board, l’organe chargé de veiller au respect de la loi, publié le 17 octobre. Son président sortant, le Dr Scott Blackwell, y reconnaît que l’activité dépasse de plus de 10 fois les prévisions faites à l’entrée en vigueur du dispositif.
541 morts en 1 an
La loi de 2019, appliquée depuis juillet 2021, achève sa 5e année pleine. En 2021-2022, première année d’application, 192 personnes étaient mortes de cette façon, soit une hausse de 182 % en 4 ans. L’euthanasie au sens strict, où le médecin administre lui-même le produit létal, représente l’écrasante majorité des cas : 508 décès cette année, contre 147 en 2021-2022, soit plus du triplement. Les 33 cas restants sont des suicides assistés, le patient prenant lui-même la substance.
Depuis 2021, 1 764 personnes ont mis fin à leurs jours par ce biais dans l’État.
2,9 % des décès
L’euthanasie et le suicide assisté représentent désormais 2,9 % des décès en Australie-Occidentale, la proportion la plus élevée des États australiens. Selon la comparaison internationale établie par Right To Life, seul le Canada faisait pire au même stade : 3,2 % des décès, 5 ans après l’entrée en vigueur de sa loi, l’une des plus permissives au monde. Le Dr Calum Miller, médecin et chercheur associé, qualifie la situation de « totalement hors de contrôle » et fait de l’État la capitale australienne de l’euthanasie.
Le délai de 9 jours contourné
La loi impose en principe 9 jours entre la première demande et la demande finale. Depuis 2021, ce délai a été levé dans 648 cas, soit 26 % des demandes finales. En 2025-2026, la proportion atteint 29,1 %, avec 227 demandes finales déposées avant la fin du délai, un record depuis la légalisation.
Le rapport relève aussi que 333 patients, soit 26,7 % de ceux qui ont formulé une demande initiale, en ont déposé plusieurs. Le document précise que c’est notamment le cas lorsqu’un médecin refuse et que le patient s’adresse à un confrère. Right To Life y voit le signe d’un « doctor shopping » à grande échelle, autrement dit la recherche d’un médecin plus conciliant.
9 médecins pour la moitié des demandes acceptées
La pratique est concentrée sur un petit nombre de praticiens. 9 médecins ont accepté à eux seuls 578 premières demandes, soit 51,6 % du total. Et 8 praticiens ont réalisé 542 premières évaluations, soit la moitié de celles de l’année. Le barème de WA Health prévoit 478,50 dollars australiens par première évaluation. Si toutes ces évaluations ont été facturées, elles représentent 259 347 dollars, soit environ 32 418 dollars par médecin. Un praticien coordinateur qui mène la procédure jusqu’à l’administration du produit peut percevoir jusqu’à 1 914 dollars par patient.
21 praticiens ont accepté une première demande sans avoir suivi la formation obligatoire. Ils ne l’avaient toujours pas suivie à la fin de l’exercice.
Fardeau, autonomie, dignité
La douleur n’est pas le premier motif invoqué. Le plus fréquent est la perte, réelle ou redoutée, de la capacité à profiter des activités qui rendent la vie agréable : 706 patients, soit 74,8 %. Viennent ensuite la perte d’autonomie (59 %) et la perte de dignité (57,1 %). Une douleur mal contrôlée, ou la crainte d’en souffrir, n’est citée que par 39,7 % des demandeurs. Près d’1 patient sur 3 (32 %) dit ne pas vouloir être, ou devenir, un fardeau pour ses proches.
Soins palliatifs et interprètes
Le nombre de demandeurs qui ne recevaient pas de soins palliatifs lors de leur première évaluation est passé de 124 à 167 en 1 an, soit une hausse de plus de 34 %. Parmi eux, 154 n’en avaient reçu aucun au cours des 12 mois précédents.
6 patients jugés éligibles parlaient mal ou pas du tout anglais, et 80 autres le parlaient bien sans le maîtriser parfaitement. Moins de 5 patients éligibles ont bénéficié d’un interprète lors de leur première évaluation. Au moins 2 des 6 patients les moins anglophones ont donc été évalués sans interprète.
1 077 évaluations, aucune contrainte détectée
Sur les 1 077 premières évaluations réalisées dans l’année, aucune n’a conclu que le patient n’agissait pas librement et sans pression. 11 patients âgés de 18 à 39 ans ont été jugés éligibles en 2025-2026, et 36 depuis 2021.
Complications et signalements
9 complications ont été signalées lors d’euthanasies, soit 1,8 % des cas : toux ou halètements, vomissements ou régurgitations, problèmes de perfusion. Les 9 patients sont morts. Dans un cas d’administration par voie orale ou par sonde, le décès est survenu 1 heure et 9 minutes après la prise. Le Board ne recueille aucune donnée sur les complications des suicides assistés, ni sur leur durée ou sur le lieu de la prise. Right To Life rappelle qu’en Oregon, où le suicide assisté est légal depuis 1997, le taux annuel de complications a atteint 14,8 %, avec des agonies pouvant durer jusqu’à 137 heures.
Le Board a adressé 255 signalements au directeur général du ministère de la Santé pour des formulaires transmis hors délai, plus 1 autre pour un formulaire d’administration jamais remis après une euthanasie. 2 dossiers ont été transmis pour enquête sur de possibles infractions à la loi.
Le Board réclame un élargissement
Malgré ces données, le Board recommande d’assouplir la loi. Il propose de réexaminer, voire de supprimer, la condition d’une espérance de vie de 6 mois au plus, portée à 12 mois pour les maladies neurodégénératives. Il demande aussi de modifier la législation fédérale qui limite le recours à la téléconsultation et la transmission électronique des prescriptions de substances létales. D’après Right To Life, plusieurs membres de cet organe ont milité par le passé pour la légalisation.
L’association demande à la ministre de la Santé de l’État, Meredith Hammat, d’ouvrir une enquête urgente sur le fonctionnement du dispositif, notamment sur le « doctor shopping » et sur l’efficacité réelle des garde-fous censés protéger les personnes vulnérables.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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