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En Australie, l’État du Queensland détient un triste record. Selon les chiffres officiels de son Voluntary Assisted Dying Review Board, l’organisme chargé de contrôler l’application de la loi sur l’« aide à mourir », l’euthanasie et le suicide assisté ont représenté environ 3 % de l’ensemble des décès lors de l’exercice 2025-2026. Pour l’association britannique Right To Life, qui a analysé ces données, c’est la proportion la plus élevée jamais atteinte dans le monde au bout de 3 ans d’application, plus encore qu’au Canada, longtemps considéré comme le pays le plus permissif en la matière.
1 082 morts en un an
La loi du Queensland est entrée en vigueur le 1er janvier 2023. Lors du premier exercice complet, de juillet 2023 à juin 2024, 793 personnes sont mortes par euthanasie ou suicide assisté. En 2025-2026, elles étaient 1 082, un record et une hausse de 36,44 % en 2 ans. Le dernier rapport trimestriel, couvrant les mois de juillet à septembre 2026, recense encore 283 décès, contre 278 au trimestre précédent. Au total, 3 475 personnes ont déjà mis fin à leurs jours par ce moyen dans l’État australien.
La nature des actes évolue aussi. En 2023-2024, l’euthanasie, c’est-à-dire l’injection pratiquée par un soignant, représentait 67,09 % des morts provoquées. En 2025-2026, la proportion est montée à 77,26 %, et elle atteint 80 % au dernier trimestre. Le suicide assisté, où le patient s’administre lui-même le produit, devient minoritaire.
Moins de soins palliatifs, plus de demandes
Un chiffre devrait inquiéter tous ceux qui présentent l’aide à mourir comme l’ultime recours après l’échec des soins. Le nombre de demandeurs qui n’avaient reçu aucun soin palliatif au moment de leur première évaluation est passé de 359 en 2023-2024 à 503 en 2025-2026, soit plus de 40 % de hausse en 2 ans. Autre enseignement, seuls 7 % des patients jugés éligibles souffraient d’une maladie neurologique. Les maladies comme la maladie de Charcot étaient pourtant l’argument central des partisans de la loi pendant les débats.
Le contrôleur demande d’aller plus loin
Le plus surprenant vient de l’organisme de contrôle lui-même. Dans son dernier rapport, le Review Board recommande de supprimer l’obligation de rencontrer au moins une fois en personne le médecin qui évalue la demande. Il propose que toutes les étapes de la procédure puissent se dérouler par téléconsultation, en visioconférence ou même par simple appel téléphonique. Ses détracteurs soulignent qu’à distance, une éventuelle pression de l’entourage sur un malade âgé ou dépendant serait presque impossible à détecter. Le Review Board suggère aussi d’étudier l’ouverture de l’aide à mourir aux personnes atteintes de démence.
Right To Life réclame une enquête indépendante. Son directeur général, Alisdair Hungerford-Morgan, appelle le ministre de la Santé du Queensland, Tim Nicholls, à vérifier si les garde-fous prévus par la loi protègent réellement les personnes vulnérables. Il s’étonne que l’instance chargée de faire respecter ces garde-fous demande elle-même leur suppression. Son responsable de la recherche, Gregory Jackson, relève que le Queensland, contrairement à d’autres juridictions, ne publie aucune donnée sur les complications survenues pendant les euthanasies ou les suicides assistés. Selon lui, ces données sont pourtant enregistrées pour chaque cas d’euthanasie, mais le Review Board choisit de ne pas les rendre publiques.
Un avertissement pour la France
Le cas australien ne concerne pas que les antipodes. En France, la loi créant un « droit à l’aide à mourir » a été définitivement adoptée par l’Assemblée nationale le 15 juillet 2026, après 7 lectures, malgré 3 rejets successifs du Sénat. Elle a été transmise au Conseil constitutionnel puis publiée. Elle permet le suicide assisté et, dans certains cas, l’euthanasie, pour les personnes atteintes d’une « affection grave et incurable ». Elle ne devrait pas entrer en application avant le début de 2027, le temps que paraissent les décrets.
Pendant les débats, ses défenseurs ont promis un cadre strict, des garde-fous solides et un recours exceptionnel. C’était aussi la promesse du Queensland en 2021. 3 ans après l’entrée en vigueur de sa loi, l’État australien compte 3 % de décès provoqués et son autorité de contrôle propose déjà l’euthanasie par téléphone et l’élargissement aux malades d’Alzheimer.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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