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16/10/2015 – 23H00 Vannes (Breizh-info.com) – La mobilisation populaire aura fini par payer. La préfecture du Morbihan n’a pas retenu le projet de Coallia d’organiser un centre d’accueil d’immigrés à Sérent. Le petit bourg de 3000 habitants perdu dans la campagne entre Vannes et Ploërmel aurait dû accueillir dans l’ancienne maison de retraite jusqu’à 15 familles venues de Syrie – soit 100 personnes – ce qui a provoqué une intense contestation locale et politique. Une claque pour Alain Marchal, le maire divers gauche, très engagé dans ce projet.
Officiellement, la Préfecture a reculé « pour des raisons techniques liées notamment à l’état des locaux envisagés et aux difficultés d’accès vers la plateforme d’accueil des demandeurs d’asile située à Rennes ». Outre le fait qu’il fallait envisager des travaux de réadaptation de ladite maison de retraite, l’isolement de Sérent lui donnait en effet très peu de chances d’accueillir efficacement une structure qui abrite plusieurs dizaines de réfugiés. Deux autres projets, portés par l’Amisep et l’association Sauvegarde 56, ont en revanche été acceptés.
La décision de la préfecture n’a pas manqué de susciter un vif sentiment de soulagement parmi les adversaires du projet. Nombreux sont ceux qui se demandent comment on a pu imaginer ne serait-ce qu’un instant que la commune pouvait accueillir autant d’immigrés.
Certes, elle disposait des locaux vides de l’ancienne maison de retraite. « Mais les retraités n’ont pas du tout les mêmes besoins que les réfugiés », explique un travailleur social breton d’une association qui poursuit les mêmes objectifs que Coallia. Le dossier ayant provoqué une intense polémique, il préfère rester discret. « Normalement, un centre d’accueil, ça se fait dans une grande ville ou dans une commune d’agglomération, correctement desservie par les transports publics. A la rigueur un gros chef-lieu de canton – 10 à 15.000 habitants minimum – qui est correctement relié à la ville centre du département ». Pourquoi ? « Parce que les immigrés ont de nombreuses démarches administratives à faire, et que les structures qui leur viennent en aide – cours gratuits, distributions de nourriture etc. sont elles aussi souvent situées dans les villes centre ».
Dans ce dossier, il estime que « les réfugiés ont été gérés comme des numéros : y a de la place, donc on case, sans se soucier des conséquences humaines et sociales ! », fulmine-t-il. Avec ses 3000 habitants, Sérent, perdue en pleine campagne, apparaît comme une très mauvaise candidature : il n’y a pas de train, et en bus on ne peut même pas faire l’aller-retour vers Vannes. Il aurait fallu, après avoir installé les réfugiés, mettre en place une liaison à la demande ou des bus départementaux supplémentaires, aux frais du contribuable. « Les réfugiés ont aussi besoin de structures médicales, scolaires, sociales, denses et solides, comme il en existe dans les grandes agglomérations, ou au moins les villes moyennes. Il faut pouvoir scolariser des enfants qui ne connaissent souvent pas un mot de français, et prendre en charge des populations qui ont des besoins médicaux par exemples plus importants », explique notre travailleur social, qui conclut que «caser des réfugiés à la campagne, ça n’a aucun sens ! »
Photo : Breizh-info.com
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Que les Bretons continuent leurs contestations diverses et variées face à tous ces élus qui se permettent de leur imposer l’inacceptable.