Chasser les migrants d’Irlande par la menace et par les coups : c’est le projet prêté à la New IRA par des responsables du renseignement, cités par le Mail on Sunday. Projet qui ne repose néanmoins sur aucun communiqué officiel. L’organisation républicaine dissidente, héritière de la Real IRA, aurait arrêté une campagne d’intimidation violente visant les étrangers présents sur l’île.
Selon ces sources sécuritaires, les dissidents républicains, qui poursuivent l’objectif d’une Irlande réunifiée, exploitent des tensions bien réelles de part et d’autre de la frontière. Harcèlements, agressions sexuelles, violences : la hausse de ces faits, imputée localement aux migrants, alimente une colère que les groupes armés entendent capter à leur profit.
Un ultimatum de 24 heures
Une vidéo mise en ligne la semaine dernière donne le ton. Un homme non identifié y annonce que l’IRA menacera les migrants s’ils ne quittent pas le pays. L’ultimatum, précise-t-il, ne sera pas adressé aux responsables politiques mais aux clandestins eux-mêmes. Le même orateur affirme que l’armée britannique respectait l’IRA pendant les Troubles pour son professionnalisme et son efficacité, avant d’annoncer « le temps de la guerre civile » et un délai de 24 heures laissé aux intéressés pour partir.
La Real IRA était née en 1997 d’une scission de l’IRA provisoire, hostile au processus de paix. Elle a fusionné en 2012 avec Republican Action Against Drugs, groupe d’autodéfense connu pour ses expéditions punitives contre les dealers, pour former la New IRA. L’organisation a noué des liens avec des groupes nationalistes écossais de Glasgow, qui assurent une partie de sa promotion sur les réseaux sociaux.
Belfast, juin 2026
Le projet s’inscrit dans le sillage des troubles qui ont secoué l’Irlande du Nord en juin, après l’agression au couteau de Stephen Ogilvie, attribuée à Hadi Alodid, demandeur d’asile soudanais de 30 ans. Les affrontements entre manifestants et policiers dans les rues de Belfast ont révélé un niveau d’exaspération que les autorités n’avaient pas anticipé.
Côté britannique, une crainte précise se dessine : que cette campagne provoque un nouveau déplacement de population de la République d’Irlande vers le Royaume-Uni, en particulier par la frontière terrestre avec l’Irlande du Nord, la seule frontière terrestre entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, et la moins contrôlée.
Lurgan, Dunmurry, et une bombe dans une voiture
L’activité opérationnelle du groupe ne relève pas de la seule hypothèse. Une source citée par le Mail rappelle que la New IRA s’est montrée très active cette année dans le Nord contre le Police Service of Northern Ireland, avec des attaques visant le commissariat de Lurgan et une voiture piégée à Dunmurry. Cette même source résume les objectifs du groupe en deux points : l’indépendance irlandaise et le départ de tous les migrants. Elle situe cette radicalisation dans une lutte d’influence entre factions issues de l’ancienne IRA, les incarnations les plus récentes prônant l’intimidation violente.
En juillet, la Garda a intercepté Isobella Perrie Sullivan, étudiante en droit de 25 ans, dans le cadre d’une opération ciblant l’activité républicaine dissidente. Une bombe avait été découverte dans un véhicule en République d’Irlande. Poursuivie pour détention d’explosifs, elle a fait valoir par la voix de son avocat qu’on lui avait demandé de convoyer un sac vers l’Irlande du Nord sans qu’elle en connaisse le contenu.
Dublin et la pression migratoire
Dans de nombreuses localités irlandaises, l’exécutif est accusé d’ignorer la charge que fait peser une immigration massive sur le logement, les services publics et la cohésion sociale. Les campements de tentes installés à Dublin, aux abords de l’Office of International Protection, sont devenus le symbole visible de cette saturation.
Interrogé, un porte-parole du Home Office s’en est tenu à la coopération bilatérale : Londres évoque une relation étroite avec Dublin sur les questions migratoires et la sécurité des frontières, et un engagement commun à protéger la Common Travel Area contre les abus, via un travail conjoint d’identification des flux.
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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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