Dans le cadre du Projet de loi de finances pour 2026, un tout nouvel amendement propose une ligne budgétaire pour « l’amélioration de la condition des hommes ». Bien qu’il s’inscrive dans le principe constitutionnel d’égalité entre les sexes, il n’est pas vraiment dans l’air du temps.
L’amendement n° II-2422 du 14 novembre 2025, déposé dans le cadre du Projet de loi de finances pour 2026 par les députés de l’UDR Allegret-Pilot, Chaix, Michoux et Trébuchet, propose pour la première fois, la création d’un programme dédié à « l’amélioration de la condition des hommes ».
Une véritable révolution
En ces temps largement dominés par un féminisme victimaire, cette action politique qui entend « rompre avec des décennies de politiques d’égalité centrées de manière unilatérale sur les femmes » instaurées par le programme 137 est pour le moins audacieuse.
Pour rappel, le programme 137 « Égalité entre les femmes et les hommes » est un programme budgétaire de l’État visant à financer des actions pour promouvoir l’égalité professionnelle et sociale, prévenir et lutter contre les violences sexistes et améliorer la santé des femmes. Il a été érigé au rang de grande cause nationale du quinquennat Macron et a inscrit son action autour de trois axes d’intervention prioritaires :
la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes ;
l’égalité professionnelle et l’autonomie économique des femmes ;
l’accès aux droits et la diffusion de la culture de l’égalité.
L’amendement n° II-2422 souligne l’inefficacité « d’un programme qui prétend travailler à l’égalité entre les sexes » uniquement axé sur la condition des femmes, sans prendre nullement en compte celle des hommes, pourtant eux aussi affectés par de nombreuses problématiques.
Égalité, mais pas indifférenciation
Après avoir rappelé que 75% des suicidés, que 94% des morts d’accident du travail, que 97% de la population carcérale, que 95% des sans-abris et 78% des morts sur la route sont des hommes, que les garçons sont 67% plus victimes de sur-décrochage scolaire que les filles et que l’’espérance de vie est de 5 ans et demi plus courte pour les hommes, le texte dénonce l’absence de travail sur ces problématiques touchant « de façon disproportionnée les hommes ».
Il se propose d’allouer « des ressources distinctes dédiées à l’amélioration de la condition de chacun des sexes » :
Il est proposé de remplacer le programme 137 « Égalité entre les femmes et les hommes » par trois nouveaux programmes distincts, intitulés respectivement :
– Programme « Amélioration de la condition des femmes » ;
– Programme « Amélioration de la condition des hommes » ;
– Programme « Aide universelle d’urgence pour les personnes victimes de violences intrafamiliales », au sein de la même mission
Ces ressources distinctes n’auraient aucun impact sur le solde budgétaire, mais constitueraient une mise en
œuvre concrète du principe d’égalité entre les sexes, en garantissant une parité de moyens. Il s’agirait d’une répartition plus juste et différenciée des crédits actuellement inscrits au sein du programme 137, qui seraient subdivisés comme ceci :
– 34 643 068 euros pour le programme « Amélioration de la condition des femmes » ;
– 34 643 068 euros pour le programme « Amélioration de la condition des hommes » ;
– 26 371 455 euros pour le programme « Aide universelle d’urgence pour les personnes victimes de
violences intrafamiliales ».
Une époque tendancieuse ?
Actuellement en traitement par les services de l’Assemblée nationale, l’amendement II-2422 entend rétablir l’équilibre dans un contexte marqué par un féminisme jugé trop radical. Sans prononcer le mot, il en fournit un exemple en rappelant que les hommes victimes de violences conjugales sont encore exclus du numéro d’écoute national anti-violence 3919 et déplore le manque d’engagement sur ce thème : malgré les nombreuses interpellations parlementaires, aucun député de gauche ne s’est emparé du sujet.
Ces dernières années, un féminisme excessif et victimiste a fortement contribué à faire apparaître les femmes comme les porteuses exclusives de souffrance et d’injustices, occultant – volontairement ou non – les problématiques, les responsabilités, et les épreuves masculines. Gageons que de telles initiatives permettent enfin de lever le voile sur ces dernières. Parce que les reconnaître est une étape fondamentale dans la pacification des relations homme-femme, dont notre société a bien besoin.
Audrey D’Aguanno
Crédit photo : PxHere
[cc] Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine