Le 14 novembre dernier, lors de l’assemblée plénière du conseil régional de la région Occitanie, Olivier Monteil, Vice-président du groupe RN et délégué départemental RN des Hautes-Pyrénées s’est élevé contre les classes bilingues français-occitan dès la maternelle dans les écoles maternelles. Ce jour-là, une convention pour l’occitan était présentée à l’assemblée par la majorité régionale. Convention, il est vrai et Olivier Monteil le soulignera dans son intervention, par une phraséologie fleurant bon l’idéologie de gauche et son lyrisme béat sur les « carrefours entre l’Europe et la Méditerranée enrichie par sa capacité d’ouverture au monde ». Mais les habituels sermons diversitaires de la gauche ne doivent pas faire oublier les déclarations hasardeuses du RN Monteil :
Dans son discours celui-ci va jusqu’à dénier à l’occitan son caractère de langue vivante pour la résumer à « une somme de dialectes ». Et l’ancien militaire de faire à l’assemblée et à ses électeurs un cours de folklorisme sur le récent pèlerinage des Gardians de Camargue à Lourdes. Manifestation fort sympathique avec arlésiennes en coiffes et habits de l’époque mais fort éloignée des enjeux actuels de récupération identitaire. Pour loin, Olivier Monteil ramène l’occitan à un simple « patrimoine » qu’il convient de « protéger » comme il convient de protéger le « patrimoine matériel ». En d’autres termes, une muséification de la langue. Puis le délégué RN s’attaque au projet d’apprentissage de l’occitan dans les écoles occitanes :
« Ce projet idéologique coûteux ignore le gascon ou le provençal pour tout généraliser à l’occitan languedocien. »
Agrémenté d’une imparable conclusion : « Et si on commençait déjà à apprendre correctement le français au primaire ?… »
Avec ce genre de déclaration navrante, parisianiste, anti-identitaire et jacobine, il est bien difficile de comprendre la logique du RN qui investit à Bastia l’excellent Nicolas Battini qui revendique l’officialisation de la langue corse dans l’île et qui valide, en Occitanie, les errements d’Olivier Monteil visiblement peu à l’aise sur le sujet et qui confond l’école avec un cantonnement de la Légion étrangère.
Rappelons que l’occitan promu dans les écoles occitanes, comme majoritairement dans les écoles bilingues ou immersives en Basse-Bretagne, est respectueux des identités et des spécificités locales. Ou pour le dire plus simplement : Dans les écoles occitanes de Gascogne, c’est le dialecte gascon (comme ici à l’école publique d’Ibos) qui est enseigné et non le languedocien ! Cette question des dialectes touche d’ailleurs toutes les langues dites régionales et est traitée plus ou moins partout de la même façon : chaque terroir, chaque dialecte est respecté et enseigné dans les écoles bilingue, même si des exceptions existent, souvent par manque de professeurs et de formations adéquates.
Cet épisode récent montre bien que, malgré de timides évolutions récentes, le RN compte un fond jacobin inquiétant et une totale ignorance des enjeux identitaires alors que le parti à la flamme se dirige vers le pouvoir. Fond jacobin qu’il partage d’ailleurs avec une autre grande formation centraliste et anti-langues régionales : La France Insoumise (LFI) du jacobin proclamé Jean-Luc Mélenchon.
En Bretagne, alors que les radios en breton sont tenues d’exprimer toutes les sensibilités politiques par la loi, le RN est toujours incapable d’aligner le moindre brittophone, se privant ainsi de l’écoute de dizaines de milliers d’électeurs potentiels dans des milieux culturels bretons travaillés depuis des années par le gauchisme. Le gauchisme ayant, ici, pris la place que leur a laissé les conservateurs ou enracinés, tournant le dos à ces problématiques qui reviennent en force actuellement.
Sans renaissance culturelle issue des identités profondes des régions françaises, toute renaissance morale est impossible. Cette renaissance passe par une indispensable réappropriation des langues et traditions locales et non par un centralisme niveleur, désincarné et d’essence urbaine. Car si tout le monde peut devenir français en signant un simple papier, on ne peut pas, pour autant, devenir breton ou occitan à par en s’investissant profondément dans la découverte de la culture locale.
Il serait temps que le RN révise son logiciel à ce propos. Et que les militants identitaires réinvestissent massivement les écoles en langues régionales.
Illustration : DR
12 réponses à “Occitanie : le RN fait (encore) une crise de jacobinisme”
Vous la regretterez la gauche de Hollande et de Macron, protectrice des minorités diverses et variées, quand ce sera le Rassemblement national avec son « fond jacobin inquiétant et une totale ignorance des enjeux identitaires alors que le parti à la flamme se dirige vers le pouvoir » !
Il y a un moment où le grotesque devient insupportable.
Bonjour, si les langues régionales doivent être protégées d’une disparition pure et simple, pour autant elles ne doivent pas devenir un instrument de conquête supplémentaire de cette UE qui, avec l’aide de »zèbres décérébrés » comme le Jupiter de la rue du faubourg st Honoré, s’en délecte pour détruire le peu qui reste des Nations pour nous imposer son rêve de fédéralisme européens et donc la disparition à terme des Nations historiques en favorisant les régionalismes. Alors oui à plus d’autonomie des régions, plus respectueuses de leurs racines en les redéfinissant pour corriger l’infamie Hollandienne et consorts, pour les soulager des lourdeurs parasitaires des administrations parisianistes mais dans le giron d’une France souveraine à l’international. D’autres parts, notre langue nationale, historiquement admirée de par le monde et rappelons le langue officielle dans nombre d’organismes internationaux, doit être protégée contre tous ceux qui la détériore un peu plus chaque jour qui passe avec encore l’aide nocive et toxique du même Jupiter ! Bonne journée à tous. Kénavo.
@ Albatroso
La France a-t-elle des siècles devant elle ?
Folklorisme ripoliné et national-chauvinisme par un bas du front à l’accent qui ne fleure pas le bon accent français du Val de Loire, ce monsieur a encore des progrès à faire pour devenir un parfait Franchouillon…
L’arabe en première langue aurait mis tout le monde d’accord, c’est moins compliqué que toutes ces langues folklo vu de Paris.
Je ne connais pas les petits problèmes entre béarnais, gascon, provençal…donc je ne dis rien en revanche il n’y a rien à attendre d’un ramassis d’illuminés de l’imbécilité. Hier soir j’ai été chargé d’écouter religieusement le grand dadais propre sur lui qui écrit de la gauche, il cherchait les réponses qu’il avait bien apprises! Rien n’est naturel chez lui, aucune conviction, il répète sa leçon bien apprise, aucune expérience, aucune Culture un vide sidéral de Savoir…Il ne sait pas de quoi il parle sinon par procuration de ceux qui lui ont soufflé les réponses!
Je suis occitan et je ne parles pas le « patois » occitan. C’est une langue incomplète, improvisée entre le provençal, le catalan, l’espagnol et que s’ait-je. Essayez de traduire avion ou ordinateur en occitan, les mots n’existent pas. Même les fervents locuteurs ne se comprennent pas entre eux. Il faut oublier ces soit-disant langues régionales, c’est une perte de temps et essayer d’instruire nos enfants qui ont déjà du mal a parler un français correct à ces langues inutiles est une aberration.
Mdr Hadrien Lemur : l’avion et l’ordinateur n’existaient pas quand l’occitan était langue régionale. Bref, on aura bien compris grâce à vous que le RN n’était pas trop pour la diversité linguistique, même historiquement française. Comment ça se dit du coup en français, kouign aman, bijou, baragouiner, goéland, menhir, etc etc… Et plouc, aussi, surtout ?? Hin hin.
En effet Hadrien, je suis d’accord : maîtrisez déjà votre français (que de fautes, mon dieu). Ceci explique sûrement cela.
Voulez-vous, Christiane m’indiquer où sont mes fautes à part peut-être dans votre imagination ? Et pour Guenael les mots bretons (je suppose) que vous citez ne font pas vraiment parti du langage de tous les jours. Gardez vos kouign aman et vos menhir, le reste de la France s’en fout.
Dés qu’on touche à la langue des culs-terreux on se fait insulter.
Hadrien, les culs-terreux au moins ils savent écrire.