Irlande du Nord : l’ancien cadre de l’UVF Terry Fairfield révèle avoir d’abord appartenu… à l’IRA

Un ancien membre de l’UVF (Ulster Volunteer Force) affirme aujourd’hui avoir, dans sa jeunesse, appartenu à l’IRA avant de basculer dans le camp loyaliste. Dans un entretien remarqué accordé à la presse nord-irlandaise, Terry Fairfield, 69 ans, revient sur un parcours hors norme au cœur des Troubles, mêlant engagement républicain, infiltration loyaliste et accusations persistantes autour du massacre de Loughinisland.

De l’IRA à l’UVF : un itinéraire singulier

Catholique originaire du quartier du New Lodge à Belfast, Fairfield explique avoir rejoint l’IRA dans les années 1970, à une époque où, selon lui, de nombreux jeunes de son environnement entraient dans l’organisation. Il dit avoir évolué en périphérie des opérations et affirme n’avoir jamais tué ni participé directement à un assassinat ou à un attentat.

Plus tard, après avoir quitté la mouvance républicaine et changé de quartier, il aurait infiltré l’UVF. Fairfield soutient avoir agi pour « sauver des vies », en transmettant des informations aux forces de l’ordre sur des attaques en préparation. Il nie en revanche avoir été un informateur rémunéré ou un agent officiel de la Special Branch.

Le nom de Fairfield est lié à celui de Mark « Hannibal » Haddock, ancien responsable de l’UVF de Mount Vernon et informateur controversé. Fairfield affirme que Haddock a tenté de le tuer en lui plantant un couteau dans le cou, après avoir appris qu’il en savait trop sur certaines opérations, notamment le massacre de Loughinisland en 1994.

Cette attaque, selon lui, n’a pas abouti grâce à la présence d’un ancien militaire dans son pub en Angleterre, qui aurait contenu l’hémorragie avant l’arrivée des secours.

Haddock, figure sulfureuse des années de conflit, est régulièrement au centre de polémiques sur les liens entre paramilitaires loyalistes et services de sécurité.

Loughinisland : des accusations contestées

Le massacre de Loughinisland, le 18 juin 1994, avait vu six civils catholiques tués dans un pub du comté de Down par des membres de l’UVF. L’affaire demeure l’une des plus controversées des Troubles, notamment en raison d’allégations de collusion mises en lumière dans un rapport du Police Ombudsman en 2016.

Fairfield est régulièrement accusé d’avoir fourni la voiture utilisée lors de l’attaque. Il rejette catégoriquement ces affirmations. Selon sa version, le véhicule – un modèle ancien à faible valeur – aurait été vendu par un employé de son garage sans qu’il ne soit informé de son usage ultérieur. Il affirme avoir coopéré avec la police dès qu’il a appris que la voiture avait été impliquée dans le massacre.

Il dément également toute implication comme chauffeur lors d’autres meurtres.

Exil en Angleterre et rupture familiale

En 1997, Fairfield quitte l’Irlande du Nord pour l’Angleterre, disant avoir été averti qu’il risquait d’être éliminé. Il y ouvre un pub, qu’il finira par acheter. Il affirme vivre sous son vrai nom et ne pas bénéficier d’une nouvelle identité protégée.

Son engagement au sein de l’UVF, même dans une logique qu’il décrit comme « infiltrative », lui aurait coûté cher sur le plan personnel. Il évoque une rupture avec une partie de sa famille, qui l’aurait désavoué.

Aujourd’hui encore, Fairfield se dit fier d’avoir contribué à empêcher certaines attaques, tout en regrettant les fractures provoquées par son passé. Il estime que Mark Haddock demeure une « bombe à retardement » pour l’UVF et pour ceux qui l’auraient protégé.

Son témoignage relance le débat, jamais totalement refermé en Irlande du Nord, sur la complexité des loyautés, les infiltrations, les collusions et les zones grises des Troubles. Dans une société toujours marquée par les cicatrices du conflit, les révélations tardives continuent d’alimenter interrogations et controverses.

Crédit photo : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

International

Irlande du Nord : huit fois plus de poursuites contre les républicains que contre les loyalistes pour affichage paramilitaire

Découvrir l'article

International

L’ex-chef de l’UVF Mark Haddock envisage un retour en Irlande du Nord, via Ballymena

Découvrir l'article

International

Irlande du Nord. Ancien chef loyaliste et agent de l’État, Mark Haddock contraint à la clandestinité après sa libération

Découvrir l'article

International

Irlande du Nord. Un dealer prend une balle dans les jambes à Belfast, une faction de l’INLA mise en cause

Découvrir l'article

International

Pédophilie à Belfast : un ancien chef paramilitaire loyaliste arrêté après un piège en ligne, puis remis en liberté sous caution

Découvrir l'article

Histoire, International

Irlande – Les attentats de Dublin et Monaghan (1974) n’auraient pas impliqué l’État britannique selon le rapport Kenova

Découvrir l'article

Histoire, International

Stakeknife — L’agent double qui a infiltré l’IRA pendant plus de dix ans : le rapport Kenova révèle un scandale d’État

Découvrir l'article

International

Neutralité ou militantisme ? – Le président de la Gaelic Athletic Association (GAA) sous pression après un discours controversé lors d’une commémoration républicaine

Découvrir l'article

International

Le gaélique irlandais refait surface en Ulster : renaissance culturelle ou instrument politique ?

Découvrir l'article

International

Belfast : tensions et arrestations après le déploiement du drapeau palestinien sur l’Hôtel de Ville – Vidéo

Découvrir l'article

PARTICIPEZ AU COMBAT POUR LA RÉINFORMATION !

Faites un don et soutenez la diversité journalistique.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.