L’enquête publique sur les attaques de Nottingham continue de révéler des éléments troublants sur les décisions prises avant le triple meurtre du 13 juin 2023. Au cœur des débats figure désormais un point particulièrement sensible : l’influence de considérations liées à la « surreprésentation » des jeunes hommes noirs en détention dans la décision de ne pas interner Valdo Calocane lors de son premier épisode psychotique documenté.
Une décision d’internement envisagée… puis abandonnée
En mai 2020, Valdo Calocane est arrêté pour avoir tenté d’enfoncer la porte d’un voisin. Le même jour, il fait l’objet d’une évaluation psychiatrique après avoir affirmé entendre sa mère crier et croire qu’elle était agressée.
Selon les éléments présentés à l’enquête, certains professionnels de santé « penchaient vers » une hospitalisation sous contrainte, compte tenu du caractère inaugural de l’épisode psychotique et du manque d’informations sur son niveau de dangerosité.
Pourtant, la décision finale fut différente. L’internement n’a pas été prononcé. L’enquête a entendu que l’équipe avait examiné des recherches mettant en avant la « surreprésentation des jeunes hommes noirs en détention ». À l’issue de cette réflexion, il fut décidé d’opter pour l’option dite « la moins restrictive » : un suivi en milieu ouvert avec traitement à domicile.
Quarante minutes après sa libération, Calocane tentait d’enfoncer la porte d’un autre voisin. La victime, terrifiée, sauta par la fenêtre du premier étage, se blessant gravement à la colonne vertébrale.
Quand la prudence cède face aux considérations systémiques
L’enquête devra établir si cette référence à des données statistiques sur la détention a pesé de manière déterminante dans la balance. Le point soulevé est lourd : une décision individuelle, portant sur un homme en pleine crise psychotique, a-t-elle été influencée par un raisonnement d’ordre systémique lié à l’origine ethnique ?
Les faits exposés à l’audience suggèrent qu’au moment où l’internement était sérieusement envisagé pour des raisons de sécurité, la crainte de contribuer à une surreprésentation statistique aurait été intégrée à la décision clinique.
Dans les années suivantes, Calocane sera interné à quatre reprises. Les services communautaires seront avertis de sa dangerosité. Un médecin évoquera même le risque qu’il puisse tuer quelqu’un. Malgré cela, il sera libéré fin 2022, alors qu’il refuse son traitement et coopère peu avec les soignants.
Des alertes répétées avant le passage à l’acte
Le 13 juin 2023, il assassine Grace O’Malley-Kumar et Barnaby Webber, deux étudiants de 19 ans, avant de tuer Ian Coates, 65 ans, puis de blesser trois autres personnes avec un véhicule.
L’enquête examine désormais l’ensemble des interactions entre la police, les services de santé mentale et les autorités locales. Elle s’interroge notamment sur la manière dont les décisions ont été prises et sur le poids respectif accordé à la gestion du risque, aux droits individuels et aux considérations institutionnelles.
Des familles déterminées à obtenir des comptes
Les familles des victimes ont dénoncé une succession de « défaillances » et exigent que les responsabilités soient établies. Elles affirment que l’enquête doit aller au-delà d’une simple analyse procédurale et mettre en lumière les choix qui ont été faits.
Au-delà du cas individuel, l’affaire soulève une question plus large : comment concilier prévention des risques, équité statistique et protection effective de la société lorsque des signaux d’alerte graves sont identifiés ?
L’enquête publique se poursuit. Elle devra déterminer si, en 2020, une décision différente aurait pu empêcher qu’un homme déjà identifié comme dangereux ne passe, trois ans plus tard, à l’acte meurtrier.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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