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26/10/2014 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com) – La IIIème République, c’est l’affaire du « Parti républicain, radical et radical-socialiste » qui en constitue la colonne vertébrale, après avoir triomphé des royalistes et des socialistes. Toutes les combinaisons ministérielles s’organisaient autour de cette formation qui incarnait la classe moyenne patrimoniale*. C’est en son sein que se déroulait la lutte pour accéder à ce qui constituait à l’époque le pouvoir suprême : président du Conseil – aujourd’hui on dit Premier ministre -, puisque le président de la République n’exerçait qu’un pouvoir honorifique. D’où l’importance des bagarres qui marquaient la vie interne du Parti radical. La plus célèbre étant la guerre des « deux Edouard » (Herriot et Daladier), les deux leaders du parti.
Les congrès du Parti radical étaient donc de grands moments de la vie politique française. En particulier celui qui se déroula à Nantes, en octobre 1934, dans les salons Mauduit. Président du Conseil, Edouard Daladier lance à cette occasion une formule choc : « Deux cents familles sont maitresses de l’économie française et, en fait, de la politique française. Ce sont des forces qu’un Etat démocratique ne devrait pas tolérer, que Richelieu n’eût pas toléré dans le royaume de France. L’influence des deux cents familles pèse sur le système fiscal, sur les transports, sur le crédit. Les deux cents familles placent au pouvoir leurs délégués. Elles interviennent sur l’opinion publique, car elles contrôlent la presse. » Il est amusant de constater que ce qui était vrai en 1934 l’est toujours en 2014 ; les puissances d’argent continuent à faire la pluie et le beau temps.
Au cours de ce congrès mouvementé, Edouard Herriot – l’autre Edouard – propose une mesure drastique pour lutter contre le chômage. A savoir interdire le recours à de la main-d’œuvre immigrée en cas de crise (Presse-Océan, 28/09/2014). On imagine mal, aujourd’hui, le Parti radical ou bien le Parti radical de gauche oser faire une pareille proposition…
* La base politique du Parti radical sous la IIIème République est constituée par la classe moyenne (40% de la population). « Ne nous y trompons pas : l’émergence d’une classe moyenne patrimoniale au cours du XXème Siècle, c’est-à-dire l’émergence d’un large groupe social ne possédant pas énormément individuellement (avec 150 000 euros de patrimoine, on n’est plus pauvre, sans être vraiment riche),mais assez nombreux pour posséder collectivement un tiers du patrimoine national, constitue sans nul doute un développement historique majeur, aux conséquences sociales et politiques considérables ( Camille Landais, Thomas Piketty, Emmanuel Saez, « Pour une révolution fiscale », Seuil). 150 000 euros x 20 millions de personnes, cela donne 3 000 milliards d’euros, soit un tiers du patrimoine national (9 200 milliards) des années 1920 – 1940.
Photo : DR
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