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À l’approche du soixantième anniversaire de sa mise en service, le barrage marémoteur de la Rance reste au cœur d’un bras de fer environnemental. Des élus et associations bretons demandent à l’État de s’appuyer sur une nouvelle loi pour lutter contre l’accumulation de sédiments dans l’estuaire. De son côté, EDF défend son bilan environnemental.
Nouvelle loi pour sortir de l’impasse
Dans un communiqué relayé dimanche 25 octobre par Ouest-France, Rance Environnement, le collectif des maires des bords de Rance et la fédération FAUR dénoncent un « désastre écologique en cours ». Ils pointent l’accumulation de sédiments dans l’estuaire et les conséquences qu’ils attribuent au fonctionnement de l’usine exploitée par EDF.
La loi du 29 juin 2026, qui prévoit le remplacement des concessions des grandes installations hydroélectriques par un régime d’autorisation, représente pour eux une occasion de revoir les obligations environnementales du barrage. Les élus réclament également une « tarification verte » de l’électricité produite, destinée à financer durablement la gestion des sédiments. Ce dispositif de financement ne découle toutefois pas automatiquement de la nouvelle législation.
Une procédure judiciaire est également engagée. À la demande de Rance Environnement, le tribunal administratif de Rennes a ordonné, le 19 décembre 2025, une expertise destinée à évaluer l’ampleur de la sur-sédimentation et les responsabilités en jeu. Selon Les Échos, ses conclusions sont attendues en décembre 2026.
EDF reconnaît son rôle, mais conteste les dégâts écologiques
EDF ne nie pas l’effet de son ouvrage sur la sédimentation. Selon les estimations du conseil scientifique du plan de gestion, la sur-sédimentation liée au barrage représenterait environ 50 % des dépôts annuels. L’entreprise souligne cependant que les estuaires sédimentent naturellement et affirme, en s’appuyant sur ce même conseil, que cette accumulation supplémentaire affecte les usages de l’estuaire sans avoir d’impact sur l’environnement marin. Une position contestée par les associations.
Selon EDF, les relevés de l’établissement public territorial de bassin Rance-Frémur montrent que le volume annuel de nouveaux dépôts a diminué d’un tiers depuis 2018. L’exploitant rappelle également financer 50 % du plan de gestion 2024-2028 et expérimenter de nouveaux modes de fonctionnement du barrage pour limiter la sédimentation.
Reste la question du financement à long terme, notamment après le retrait de la Région Bretagne. EDF renvoie à l’État toute décision concernant une éventuelle tarification verte. Pour les élus et associations mobilisés, il appartient désormais aux pouvoirs publics de concilier production d’électricité renouvelable et préservation de l’estuaire.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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