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Pour une personne âgée ou malade qui vit seule en centre-ville, le passage de l’infirmier est souvent quotidien : pansement, injection, prise de sang, pilulier. À Nantes, ces tournées se heurtent de plus en plus à un obstacle très concret : trouver où laisser sa voiture. Plusieurs soignants libéraux disent désormais organiser leurs visites en fonction des possibilités de stationnement plutôt que des besoins des patients.
Une tolérance mal appliquée
Les règles existent pourtant. Depuis 2 ans, la ville autorise les professionnels de santé à s’arrêter gratuitement 20 minutes sur les aires de livraison. Depuis juin, ils peuvent aussi payer un tarif réduit d’1 € de l’heure, à activer sur l’horodateur ou l’application de stationnement de la ville.
Mais ces dispositifs ont leurs limites. Les aires de livraison sont souvent occupées, y compris par des automobilistes qui n’y ont pas droit. Et les agents chargés du contrôle ne semblent pas tous informés de la tolérance accordée aux soignants. L’adjoint au maire chargé de la sécurité, Denis Tallédec, a lui-même regretté que certains verbalisent sans en tenir compte.
Un infirmier libéral installé dans l’hypercentre en a fait l’expérience récemment : garé une dizaine de minutes sur un emplacement non marqué, faute de mieux, le temps d’une injection facturée 8 €, il a reçu une amende de 135 €, malgré un caducée et une signalétique bien visibles. Il dit aussi avoir été pris à partie par un automobiliste alors qu’il stationnait en double file, et assure que certains de ses collègues ont renoncé à la voiture pour faire leurs tournées à vélo.
L’Ordre des infirmiers s’en mêle
Le conseil départemental de l’Ordre des infirmiers de Loire-Atlantique reconnaît que la question revient régulièrement chez les libéraux nantais, avec un risque pour la continuité des soins à domicile. Il a lancé une enquête auprès des praticiens pour objectiver la situation, et se dit aussi préoccupé par les agressions et incivilités dont les soignants font l’objet.
Pour le soignant verbalisé, le problème dépasse les amendes. La difficulté à exercer en voiture dans le centre pourrait, selon lui, décourager les professionnels de s’y installer, et accélérer la désertification médicale de l’hypercentre. Il met en cause la politique de la maire socialiste Johanna Rolland, qu’il juge hostile à l’automobile au détriment des métiers qui ne peuvent s’en passer.
Pas de gratuité en vue
Depuis plusieurs années, la municipalité réduit la place de la voiture au cœur de la ville : suppression de places au profit d’espaces verts et de pistes cyclables, extension des zones à trafic limité. La mairie n’entend pas revenir sur ce cap. Son objectif reste de convaincre les visiteurs de se garer en périphérie et de finir leur trajet en transports en commun.
Elle ne prévoit pas non plus de gratuité totale pour les soignants, estimant que le forfait à 1 € répond déjà en partie à leurs besoins. Un bilan de la politique de stationnement est toutefois en cours. La ville doit rencontrer l’Ordre des infirmiers et d’autres acteurs du sanitaire et du social, et promet d’étudier des aménagements ciblés pour la santé, l’action sociale et les commerces de proximité.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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