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Les historiens se méfient des coïncidences. Les amateurs de football, beaucoup moins. Le 27 octobre 1922, les chemises noires de Benito Mussolini se mettaient en marche vers Rome. Le 27 octobre 2026, jour pour jour 104 ans plus tard, son arrière-petit-fils inscrivait son premier but en Serie A. Le gardien battu s’appelait Turati, comme l’une des grandes figures de l’opposition socialiste au futur Duce.
La marche sur Rome
La marche sur Rome s’inscrit dans une Italie profondément ébranlée par la Première Guerre mondiale. Bien que dans le camp des vainqueurs, le pays s’estime lésé par les traités de paix : c’est le thème de la « victoire mutilée », largement exploité par les nationalistes. S’y ajoutent une crise économique sévère, marquée par l’inflation, le chômage et un déficit public considérable, puis les grandes grèves et occupations d’usines et de terres des années 1919-1920, le « biennio rosso ». Face à ce qu’ils perçoivent comme une menace révolutionnaire, une partie des milieux patronaux, agrariens et conservateurs se tourne vers le mouvement fasciste fondé par Mussolini en 1919, structuré en parti en 1921. Les gouvernements libéraux qui se succèdent, instables et divisés, ne parviennent ni à rétablir l’ordre ni à contenir la violence des escouades fascistes.
À l’automne 1922, Mussolini maintient volontairement 2 options ouvertes : l’accession au pouvoir par la voie parlementaire ou par la force. Le 24 octobre, au congrès de Naples, il lance devant ses partisans un ultimatum au gouvernement. La mobilisation commence le 27 octobre : environ 26 000 chemises noires convergent vers Rome en 3 colonnes, tandis que les fascistes prennent le contrôle de préfectures et de gares dans le nord et le centre du pays, avec parfois la bienveillance des autorités militaires locales. Sur le plan strictement militaire, le mouvement reste fragile face aux quelque 28 000 soldats stationnés dans la capitale.
Le dénouement est politique. Le 28 octobre, le président du Conseil Luigi Facta propose au roi Victor-Emmanuel III de proclamer l’état de siège. Le souverain refuse de signer, sous la pression des milieux militaires, de la droite libérale et des nationalistes, et par crainte d’une guerre civile. Après l’échec d’une solution confiant le gouvernement au libéral Antonio Salandra, il appelle Mussolini, resté à Milan, à former le gouvernement. Le chef fasciste arrive à Rome le 30 octobre et devient, à 39 ans, le plus jeune président du Conseil de l’histoire italienne.
Les historiens débattent encore de la nature de l’événement. Pour Serge Berstein et Pierre Milza, il ne s’agit pas d’un coup d’État au sens strict, puisque Mussolini est nommé par le roi dans le respect formel de la Constitution, mais de l’aboutissement d’une pression armée sur un État libéral en pleine décomposition. La marche devient ensuite un mythe fondateur du régime, qui en fait une fête nationale et, à partir de 1927, le point de départ de l’« ère fasciste ». Le régime lui, ne s’installe véritablement qu’en 1925, après la crise ouverte par l’assassinat de Matteotti.
Filippo Turati, le socialiste réformiste
En face, le nom de Filippo Turati incarne tout ce que le fascisme combat. Né en 1857 à Canzo, en Lombardie, cet avocat et journaliste est l’un des pères du socialisme italien. Il participe en 1892 à la fondation du Parti des travailleurs italiens, devenu le Parti socialiste italien, et dirige pendant 35 ans la revue Critica sociale. Député depuis 1896, il défend un socialisme réformiste, parlementaire, hostile à la révolution violente, au point d’être expulsé du parti en 1922 par l’aile maximaliste. Il fonde alors, quelques semaines avant la marche sur Rome, le Parti socialiste unitaire, dont le secrétaire est un certain Giacomo Matteotti.
À l’été 1922, Turati soutient la « grève légaliste », ultime tentative de la gauche pour faire reculer les fascistes. Elle échoue et ouvre la voie à Mussolini. Après l’assassinat de Matteotti par des fascistes en 1924, Turati participe à la sécession de l’Aventin, le boycott du Parlement par l’opposition. Persécuté, il doit fuir en France en 1926, avec l’aide de Carlo Rosselli et de Sandro Pertini, futur président de la République italienne. Il meurt en exil à Paris en 1932. Fait notable pour un socialiste de son temps, il renvoyait dos à dos fascisme et communisme soviétique, tous 2 coupables à ses yeux de mépriser les institutions parlementaires.
17e minute, un centre de Taylor
Retour en 2026, au Mapei Stadium de Sassuolo. La Lazio Rome, leader surprise de la Serie A, y étrille l’équipe locale 6-2. À la 17e minute, Romano Floriani Mussolini, latéral droit de 23 ans, reprend au second poteau un centre de Kenneth Taylor. 3-1 : c’est son premier but parmi l’élite. Dans les buts de Sassuolo ce soir-là, Stefano Turati.
Romano Floriani Mussolini, great-grandson of Benito, scores his first Serie A goal.
On this same date, 27 October, Il Duce began his march on Rome.
Storia. https://t.co/1NY8lS40Ba
— Angelo Plume (@poxesfoxes) October 27, 2026
Le joueur est le fils d’Alessandra Mussolini, ancienne députée italienne et européenne, elle-même petite-fille du Duce. Titulaire indiscutable de Gennaro Gattuso depuis le début de la saison, il s’est dit ravi de son but après la rencontre, et plus encore d’une victoire qu’il juge capitale pour son équipe.
Le portier de Sassuolo, né à Milan en 2001 et formé à l’Inter, n’a, à notre connaissance, aucun lien de parenté avec le fondateur du socialisme italien. Mais il a sauvé l’honneur du nom : dans une équipe de Sassuolo largement dépassée, Turati est le seul à surnager, en arrêtant 2 penalties. Les Turati perdent la bataille, mais pas sans résistance. L’histoire, décidément, a de la suite dans les idées.
La Lazio seule en tête
Sur le terrain, la Lazio n’a laissé aucune chance à Sassuolo, réduit à 10 dès la 31e minute après l’exclusion de Kristian Thorstvedt, pourtant auteur de l’égalisation (1-1, 7e). Kenneth Taylor avait ouvert le score dès la 2e minute, avant les buts de Gustav Isaksen (13e), Floriani Mussolini (17e), Mattia Zaccagni (45e+2) et un doublé de Tijjani Noslin (55e, 65e). Sebastiano Esposito a réduit l’écart pour Sassuolo (43e).
Avec 25 points sur 27 possibles après 9 journées, son meilleur départ historique, la Lazio repasse seule en tête de la Serie A, avec 3 longueurs d’avance sur l’Inter Milan, champion en titre, qui reçoit Venise ce mercredi. Gattuso, lui, refuse de regarder le classement.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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