Caouissin_Yann_vari_perrot

16/12/2013 – 14h00 Scrignac – (Breizh-info.com) – Une cinquantaine de personnes se sont réunies samedi après-midi à Botsorhel (29), à l’initiative de la famille du célèbre peintre breton Yves Floc’ h, afin de rendre hommage au martyr Breton Yann-Vari Perrot, prêtre et défenseur de la Bretagne assassiné le 12 décembre 1943 par un militant communiste, alors qu’il venait de célébrer une messe dans la chapelle St Corentin au village de Koat-Keo, à Scrignac.
La famille Floc’ h, organisatrice, souhaitait par l’organisation de cette journée du souvenir, rendre hommage à ce prêtre qu’Yves Floc’ h, le célèbre peintre breton, a parfaitement connu et côtoyé. Sa carrière a d’ailleurs été lancée notamment grâce à l’aide de Yann Vari Perrot, qui avait offert à ce dernier des leçons de dessin. Mais Yann-Vari Perrot fut aussi le prêtre qui le maria (le discours prononcé par l’abbé lors de ce mariage a d’ailleurs été lu samedi soir) et avec qui il entretint une correspondance, notamment en raison d’un investissement commun au sein du Bleun-Brug, jusqu’au tragique évènement de décembre 1943.
Lors de cette réunion, à la fois commémorative, mais aussi portée sur l’avenir, c’est Youenn Caouissin, fils d’Herry Caouissin , éditeur, cinéaste, écrivain et surtout testamentaire légal de l’abbé Perrot, qui a tenu la première conférence. Durant presque deux heures, M. Caouissin, qui a connu et côtoyé du temps de sa jeunesse l’abbé Perrot, du fait de la proximité entre son père et ce dernier a raconté la vie de l’abbé, son oeuvre, à la fois spirituelle, culturelle, linguistique, et l’héritage qu’il a laissé derrière lui.

Yann-Vari Perrot était avant tout un homme engagé au service de Dieu et de la Bretagne, nation qu’il disait être elle aussi fille de l’Église. Fondateur du Bleun-Brug et de la revue « Feiz ha Breizh » (foi et Bretagne), l’abbé a contribué à relancer, par son engagement et par son charisme, un mouvement breton à l’époque désuni, voire décomposé. Il s’est surtout élevé toute sa vie durant contre les injustices que subissaient la Bretagne et les Bretons, tant au niveau de la langue, que de la religion ou de la tradition. Il a enfin et surtout permis à de nombreux jeunes bretons de donner un sens à leur vie, et à leur combat pour la Bretagne, à travers la foi catholique.
Son refus du sectarisme, son souhait d’accueillir et d’écouter tous les acteurs de l’Emsav de l’époque sans distinction et son obligation administrative d’accueillir des soldats allemands à Scrignac, où il était recteur lui ont coûté la vie, ce 12 décembre 1943.
Scrignac, petit village des monts d’Arrée, était alors surnommé « la petite Russie » du fait de l’adhésion massive de sa population aux idées communistes : pourtant, de nombreux habitants avaient bel et bien, comme le PCF de l’époque, soutenu les Allemands au début de la guerre après le pacte germano-soviétique. L’occupation allemande en Bretagne aura ensuite été ardemment combattue par la Résistance, y compris par des nationalistes bretons. Les combats remportés par la résistance auront aussi permis à de nombreux « résistants de la deuxième heure » de profiter des troubles pour régler des comptes dans cette région du Finistère, tout comme dans le Centre-Bretagne d’ailleurs (voir à ce propos le livre d’Yves Mervin), souvent sur fond de jalousie, de dénonciation et de différents familiaux.

C’est avec une émotion non contenue que Youenn Caouissin, qui a montré au public de nombreuses lettres, photos et textes originaux (et qui possède tous les objets restants, y compris la soutane ensanglantée d’YV Perrot) a terminé sa conférence par une longue description des dernières heures du martyr Breton. Prononçant sa dernière messe devant seulement six vieilles femmes, la foi ayant désertée cette terre rouge depuis des décennies, puis effectuant les derniers kilomètres de sa vie en compagnie d’un jeune garçon, direction le lieu dit « la croix rouge » à Scrignac. C’est dans cette ascension  que Yann-Vari Perrot a été abattu de sang-froid, par un communiste qui a ensuite pris la fuite.
Par mépris du recteur, mais surtout par peur d’être vu pleurant la mort du pauvre homme, plusieurs personnes sont passées durant plusieurs heures en ignorant ou en ricanant à côté de cet homme qui agonisait, alors que sa servante tentait en vain de le sauver.
Les obsèques du recteur de Scrignac eurent lieu le 15 décembre, en présence de la majorité de l’Emsav de l’époque, profondément bouleversé l’assassinat « du père spirituel à tous », chrétiens ou non. L’oraison funèbre fût prononcée par Monseigneur Duparc, évêque de Quimper.
C’est suite à cet assassinat que certains jeunes nationalistes bretons décidèrent de venger coûte que coûte sa mort, déclarant la guerre à la fois à la France, mais aussi à la Résistance communiste, jugée responsable de l’attentat.

Après le témoignage fondamental de M. Caouissin, ce fut au tour de l’historien Christophe Carichon d’intervenir sur le thème « l’épopée d’Ololé, le journal des petits Bretons ». Cet hebdomadaire pour enfant a été créé par Herry Caouissin et Vefa de Bellaing en 1940. Durant 4 ans, tiré à plusieurs milliers d’exemplaires, il aura permis à la jeunesse bretonne d’apprendre sa langue maternelle, mais aussi de découvrir les aventures Des Loups de Coatmenez ou encore de La Croisade des Loups. Ololé dont la parution a cessé en 1944 avant d’être relancée entre 1970 et 1973 (avec pour abonnés de l’époque, certaines célébrités comme Alan Stivell ou Edouard Leclerc notamment) était un journal qui se définissait comme nationaliste breton et chrétien et qui entendait redonner aux jeunes Bretons la possibilité de retrouver leurs racines, leur histoire, leur langue et leur foi.
Les éditions Elor, qui tenaient un stand à l’occasion de la commémoration de samedi, ont d’ailleurs réédité plusieurs des histoires qui paraissaient chaque semaine dans Olole, dont les exemplaires originaux sont toujours trouvables sur les sites Internet de vente d’occasion, mais bien souvent à des prix peu raisonnables.

La dernière partie de la journée a été consacrée à un débat sur l’esprit Feiz ha Breizh aujourd’hui, l’occasion pour l’animateur, rédacteur en chef de la revue Kannadig Imbourc’h, d’appeler la jeunesse bretonne à retrouver à la fois ses racines, mais aussi sa foi, et à la transmettre, pour permettre à la Bretagne de revivre et de recouvert sa liberté pour ne pas disparaître dans les abîmes d’une « République française jacobine, déracinée, universelle ».

Photo : DR
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3 Commentaires

  1. Bonjour. merci pour les renseignements. Je viens de lire le livre de ST LOUP ,plus de pardon pour les BRETONS, très instructif sur cette histoire de la BRETAGNE .si je passe un jour dans la région ,j’irais fleurir la tombe de l’abbé

  2. On le dit où pas que l’abbé perrot était un colabo? Il a dénoncé un grand nombre de résistants ( pas que communistes ) aux nazis, le SAINT homme. Je connais personnellement une personne qui a perdu son père à cause de lui. Alors on peut comprendre que les habitants ne l’aimaient pas trop, les trois carts étaient résistants. Je le dis car même si j’aime profondément la Bretagne je ne peux pas laisser dire de pareilles aberations. On ne peux pas faire de ce personnage une légende bretonne un martyr ou quoi que ce soit.

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