Jean-Jacques Urvoas veut une assemblée de Bretagne, pas les départements

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13/03/2014 – 09H30 Quimper (Breizh-info.com) – Le projet de Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère (PS) visant à créer une Assemblée territoriale de Bretagne en lieu et place des quatre conseils généraux existants – et de la Loire-Atlantique si elle se joint au projet – aura, selon l’avis de certains, au moins le mérite de montrer dans quel camp se situent les élus bretons. Celui de la réforme ou celui du statu quo.

Le président de la commission des lois à l’Assemblée Nationale, qui surfe sur la fronde des Bonnets rouges et sur le besoin exprimé par les citoyens d’avoir des pouvoirs locaux plus ancrés, plus visibles, plus directs et plus lisibles, a déjà récolté le soutien de plusieurs élus.

Parmi eux, Gilbert Le Bris (PS), député du Finistère, Jean Pierre Le Roch (PS), député du Morbihan, Jean René Marsac (PS) député d’Ile-et-Vilaine, Ronan Kerdraon (PS) sénateur des  Côtes d’Armor et François De Rugy (EELV) député de Loire-Atlantique ont déjà apporté leur soutien au projet. Militant historique de l’écologie politique – qu’il met en œuvre dans sa commune du Langouët – l’élu écologiste d’Ille-et-Vilaine Daniel Cueff a lui aussi annoncé dans un communiqué soutenir le projet tout en demandant à préciser son périmètre, ses compétences et le mode de scrutin proposé aux Bretons. Adjoint au maire de Quimper, Daniel Le Bigot (EELV) soutient   aussi le projet dans la mesure où il permet la réunification et participe à la réduction du mille-feuille territorial.

Eviter le faux modèle de la Collectivité Territoriale de Corse

Il existe déjà une assemblée territoriale en France, la CTC (collectivité territoriale de Corse). Mais celle-ci, dans la mesure où elle chapeaute les deux conseils généraux qui existent toujours, n’apparait pas aujourd’hui comme un modèle d’efficacité et de simplification. La Corse compte en effet trois assemblées au lieu d’une pour une île de 8680 km² peuplée de 309.000 habitants (2010). Soit la population de la métropole nantaise sur la superficie de l’Aveyron. Peu raisonnable, même si la population augmente à nouveau nettement… sans qu’augmentent emploi et richesse dans l’île, ce qui inquiète beaucoup  les Corses.

Trois assemblées, ça veut dire aussi encore plus de prébendes : 51 élus au Conseil de Corse, 30 au conseil général de Haute-Corse, 22 autres en Corse-du-Sud, sans compter le nombre de charges des administrations qui dépendent des deux conseils généraux et de la CTC, et qui auraient pu être mutualisées. Qui dit doublons dit désordres, dans une région naturellement fragilisée par les luttes de clans et les arrangements politiques. Ainsi, un audit avait révélé qu’en 2010 et 2011, 51 personnes avaient été embauchées par la CTC  sans délibération préalable du conseil délibérant de la collectivité, seul apte à inscrire ces postes au budget. Or, c’est illégal. Et au final c’est le contribuable corse qui paie.

Les départements bretons freinent des quatre fers

Le contribuable breton devra-t-il aussi payer pour une assemblée bretonne venant en doublon des conseils généraux ? C’est ce que laisse penser France Bleu  : Jean-Jacques Urvoas confesse que les présidents des conseils généraux bretons « ne débordent pas d’enthousiasme et se contentent d’un silence poli et attentiste. » Les conseillers généraux ne sont manifestement pas prêts à scier la branche sur laquelle ils sont (confortablement) assis. L’efficacité administrative n’est, semble-t-il, pas leur priorité et la volonté exprimée par beaucoup de Bretons de vivre dans une région plus forte, le cadet de leurs soucis.

Dans cette fronde, certains sont plus souvent favorables pour torpiller depuis des années la Bretagne. Ainsi, alors que le Conseil régional du Morbihan ne cache pas son intérêt pour une Bretagne plus unie et finance le développement de l’axe Triskell censé relier les Côtes d’Armor à Vannes et Lorient du côté des Côtes d’Armor cela traîne. L’inamovible Claudy Lebreton (PS)  ne s’intéresse pas à ce projet pourtant majeur. Président de l’Assemblée des Conseils généraux de France et hiérarque socialiste, il n’a jamais caché son hostilité pour la fusion des départements dans une région – surtout chez lui – et pour la réunification.

La réunification oubliée ?

Principale association consacrée à la Réunification bretonne, Bretagne réunie se réunit samedi. Intéressée par le projet Urvoas, elle ne cache pas son inquiétude et souhaitera sûrement profiter de la période électorale pour interpeller le gouvernement. En effet, le projet concerne pour l’heure uniquement la Bretagne administrative, à quatre départements. La Loire-Atlantique n’est qu’optionnelle, et ne sera intégrée dans l’Assemblée Bretonne que si Paris l’autorise à larguer les amarres des Pays-de-la-Loire et à renouer avec son histoire et les liens économiques et culturels forts qu’elle entretient toujours avec les autres départements bretons.

« Lorsque l’Assemblée bretonne sera faite avec la Bretagne à quatre départements – pour d’autres départements que la Loire-Atlantique, ce sera trop tard », estime Henry Colliot, habitant de Saint-Sébastien sur Loire et militant engagé pour la réunification. « C’est maintenant qu’il faut se battre, et interpeller les élus, le pouvoir et la population. La réunification doit être la condition sine qua non du projet Urvoas, et non une option. Il ne faut pas laisser passer cette chance historique. »

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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3 réponses à “Jean-Jacques Urvoas veut une assemblée de Bretagne, pas les départements”

  1. Breizhfed dit :

    Une assemblée oui, mais pour quoi faire ?

    Si elle a un pouvoir constituant , puis normatif, alors oui.
    Au cas contraire, c’est une assemblée inutile, une oligarchie régionale
    couteuse comme celle que nous avons aujourd’hui qui se moque bien de l’intérêt supérieur de la Bretagne…

    BF

  2. LEFRANCOIS dit :

    Oui, si les CG disparaissent … p

  3. bouvard dit :

    celà ferait surement des frais en plus connaissant le système socialiste pas la peine de tomber dans lsa soupe je ne connais rien de bien que les socialistes aient instauré si ce n’est de nous ponstionner encore plus que le précédent gouvernement.salut les copains ne vous laissez pas prendre

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