gilles_simeoni

01/04/2014 – 08H00 Bastia (Breizh-info.com) – Historique. Les nationalistes corses de la coalition Femu a Corsica ont remporté – comme prévu – la mairie de Bastia, avec 55.40% des voix. Gilles Simeoni a mis à profit son alliance « tout sauf Zuccarrelli » – Jean, le fils de l’ex-maire, avec l’UP et un dissident de gauche, pour l’emporter. La participation a battu des records en Corse – 75% dans les communes qui avaient un second tour, jusqu’à 80% à Ajaccio qui bascule à droite.

Et quel contraste entre les drapeaux français dans les rues d’Ajaccio et la foule qui chantait en corse et défilait, agitant ses drapeaux à tête de Maure ? A Ajaccio, les nationalistes ont clairement raté une occasion puisqu’ils n’obtiennent que 6.86% et un élu. Dire que le socialiste Simon Renucci, paniqué à l’idée de perdre sa mairie à cause de celui qui l’a déjà battu aux législatives, leur avait proposé une fusion des listes, huit élus dont trois adjoints et une vice-présidence de la communauté d’agglomération… une fusion qui avait peu de chances d’aboutir, le mouvement nationaliste corse étant plutôt « à droite » selon le schéma politique français. A Porto-Vecchio, le maire Georges Mela (UMP) est réélu avec 53.83% ; Jean-Christophe Angelini de Femu a Corsica (nationalistes) obtient 46.16%.

Il n’en reste pas moins que le fait que Gilles Simeoni devienne le premier maire nationaliste d’une grande ville corse, la seconde de l’île, est un séisme. Le pouvoir de Paris ne pourra plus ignorer le désir profond des Corses d’échapper au rouleau compresseur de la république jacobine et d’obtenir une pleine reconnaissance de leurs différences… et de leur capacité à lever l’impôt eux-mêmes.

Chez les basques, les nationalistes de gauche abertzale étaient en mesure de peser dans cinq villes, puisque le candidat de Hendaye s’est retiré et allié avec la gauche – qui a sauvé sa place (53%). A Bayonne, l’alliance entre abertzale et Front de Gauche ne paie pas, en raison de la bipolarisation accentuée au second tour : cette liste ne fait que 9.40% tandis que le PS de Henri Etcheto atteint 45.22% et que Jean-René Etchegaray maintient de très peu la ville au centre-droit (45.37%). Ciboure aussi reste à droite, malgré l’alliance entre PS et abertzale, le maire sortant Guy Poulou raflant en effet 53.46% des voix.

En revanche, à Urrugne, l’abertzale Philippe Aramendi fait 36.53%, ce qui n’empêche certes pas la réélection de la mairesse sortante Odile de Coral (UMP, 41.88%) mais en impose. Le troisième homme du scrutin Daniel Poulou a fait 21.58%. A Ascain, c’est une liste associative pro-basque qui remporte la mairie. Emmenée par Jean-Louis Fournier elle rafle 47.44%. Un candidat sans étiquette, Pierre Clausell, en fait 20.6%, la candidate abertzale Anita Dagorret 18% et le divers droite Jean-Louis Laduche 13.89%. Enfin à Ustarritz l’abertzale Bruno Carrère est élu avec 45.61% et surclasse trois autres candidats.

Il est intéressant de noter que partout en France, la gauche recule. Qu’il s’agisse de la gauche de gouvernement (PS) ou de la gauche assumée, qu’elle soit communiste, des petits partis de gauche ou de l’extrême-gauche. Les partis de gauche « molle » régionalistes – tels que l’UDB en Bretagne ou le Parti Occitan dans le Midi, suivent souvent le sort et la déconfiture de la gauche en général, sauf quand ils s’allient avec les écolos qui tirent à peu près leur épingle du jeu, ou qu’ils sont dans des fiefs solidement ancrés à gauche. Les électeurs ont compris qu’il ne s’agissait que de faux nez du PS, hâtivement repeints selon la couleur locale. En revanche, la gauche assumée nationaliste s’en sort. Et monte. Mais les bons scores du Pays Basque, la réélection de Troadec à Carhaix  ou les 10% de Breizhistance à Saint-Herblain doivent moins aux valeurs que ses candidats défendent qu’à leur profond et solide enracinement local.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

1 COMMENTAIRE

  1. Si Urrugne ou Ciboure et d’autres bourgades de la Côte basque n’ont pas élu un abertzale en tant que maire, c’est qu’il y a eu un « front républicain anti-basque » des communistes et des socialistes bien franchouillards qui préfèrent la droite à la gauche basque. Lutte des classes? Internationalisme? bof… France éternelle, d’abord!

Comments are closed.