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05/05/2014 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) – Depuis 3 semaines les usagers des bibliothèques nantaises trouvent porte close le samedi. Les agents sont en effet en grève ce jour là, répondant à l’appel de la CGT qui parle de « la détérioration annoncée des services publiques dans les bibliothèques nantaises ». Dans un tract, le syndicat dénonce « la casse généralisée des bibliothèques au mépris du citoyen lecteur (!) ». En cause, en réalité, la violence au quotidien subie par le personnel qui réclame la création de postes dédiés à la sécurité car « les problèmes d’incivilité s’installent de manière alarmante et pérenne dans les bibliothèques ».
Déjà en octobre 2013 les agents des bibliothèques de Nantes avaient manifesté lors de l’inauguration de la médiathèque Lisa Bresner. Ils dénonçaient alors la détérioration de leurs conditions de travail, la recrudescence des « incivilités » et protestaient contre une municipalité qui avait choisi de « rentabiliser l’humain en exacerbant la polyvalence et la mobilité du personnel et le recours à des personnels précaires et corvéables à merci ». Mais six mois après, la réorganisation mise en place par l’ancien maire Patrick Rimbert (PS) semble tout aussi mal passer.
C’est la nouvelle médiathèque Lisa Bresner construite dans le quartier de Bellevue, une zone urbaine sensible (ZUS) dont la population est dans une large mesure issue de la « diversité » qui est au centre des inquiétudes des agents. Le projet de la municipalité socialiste, établi en concertation avec les habitants de Bellevue, qui devait s’insérer dans une rénovation d’un « quartier à vivre, agréable, convivial et sécurisé », est un échec patent sur tous les plans. Le responsable de la CGT y dénonce à Livre Hebdo l’explosion des incivilités : « Cela peut être de l’attentat à la pudeur, des agressions verbales ou gestuelles sur d’autres usagers, des vols. Des tablettes ont disparu et des ordinateurs ont été cassés » Et il conclut dans un bel exemple de langue de coton : « C’est le quotidien des bibliothécaires de gérer des relations parfois difficiles avec les usagers, mais cela devient difficile à réguler » !
La municipalité de Nantes affirme de son côté avoir mis en place « un dispositif d’accompagnement au changement avec des groupes de travail et d’échange, groupes thématiques sur la politique documentaire, l’action culturelle et les services au public (sic)». Pas vraiment de quoi enthousiasmer les employés des bibliothèques. Ceux-ci devraient pourtant trouver désormais en face d’eux un interlocuteur compréhensif en la personne d’Aymeric Seasseau qui vient d’être nommé par Johanna Rolland troisième adjoint en charge de la lecture publique et des médiathèques. Mais pour l’instant ce sémillant secrétaire départemental du Parti communiste est, semble-t-il, inscrit aux abonnés absents.
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