San Giorgio. « un écrivain qui se prépare à des temps difficiles ». [entretien]

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09/07/2014 – 07H00 Suisse (Breizh-info.com) –Alors que jamais le chômage n a été aussi élevé en France, alors que de nombreux pays d’Europe sont durement frappés par la crise économique et ses conséquences, certains se préparent déjà à l’après, lorsque l’effondrement économique sera survenu sur une bonne partie de la planête comme ils le prédisent. C’est le cas de Piero San Giorgio, citoyen Suisse, ancien cadre supérieur dans la finance, auteur du Best-Seller « Survivre à l’effondrement économique », un des fers de lance de la mouvance dite « survivaliste », une mouvance très importante aux Etats-Unis et qui tend à prendre de l’ampleur sur tout le continent Européen.
Alors que son prochain livre consacré à l’alimentation et à la santé va sortir prochainement, nous l’avons interrogé, sur son parcours, sur les idées qu’il défend, sur les ouvrages qu’il a écrit, mais aussi sur ce que certains appellent le « survivalisme business ».

Entretien avec celui qui tente de faire ouvrir les yeux au plus grand nombre sur un possible effondrement économique à venir et sur un changement radical de mode de vie.

Breizh-info.com : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs. Votre parcours, votre itinéraire, ce que vous faites aujourd’hui.

Piero San Giorgio : Je suis un écrivain Suisse, qui se prépare à des temps difficiles. Avant d’écrire, j’étais dans l’industrie des logiciels. J’ai aussi été entrepreneur. Je suis passionné d’histoire, de voyages, curieux de tout, et c’est ce faisant que je me suis exposé aux réalités du monde, plus violent et misérable qu’ici… et qu’avec la raréfaction des ressources, les dégâts à l’environnement et l’immense bulle financière sur laquelle repose notre économie globale, nous allons vers une crise aux dimensions et aux conséquences véritablement colossales !

Breizh-info.com : Vous êtes l’auteur de « survivre à l’effondrement économique » et de « rues barbares », deux livres qui font de la prévention et qui sont des propositions face à une crise massive qui pourrait toucher d’abord les villes puis les campagnes. N’y a t-il pas quelque chose de malsain à « surfer » sur un éventuel écroulement du système ?

Piero San Giorgio : Vous auriez préféré que je me prépare avec mes amis sans alerter les autres ? De manière à ce que encore moins de gens soient préparés ? Non, je crois qu’il est de notre devoir, une fois convaincus de la réalité d’un danger d’en avertir les autres. Et tant pis si pour beaucoup nous (car je ne suis pas le seul) sommes pris pour des Cassandre. Tant pis si la plupart ne voudront pas voir (ce que je crois être) la réalité en face.
Tant pis si aucun des médias dominants (on dit Merdias de nos jours, je crois) ne nous donne la parole car ils préfèrent faire croire aux populations endormies dans le « pain et les jeux » que tout va bien.
Mais au moins nous aurons essayé, et même réussi en partie, car si mon premier livre « Survivre… » s’est déjà vendu a plus de 40’000 exemplaires, et que « Rues Barbares » et mon troisième « Femmes au bord de la crise » suivent la même voie, c’est que beaucoup de gens écoutent. Le retour que j’ai dans mes nombreuses discussions avec mes lectrices et lecteurs c’est qu’un bon nombre – des milliers de familles – se préparent, apprennent a devenir plus autonomes, bref, plus résiliantes et au final plus libres. J’en suis très content, et il n’y a qu’en France, ou visiblement personne ne reçoit de salaire pour son travail, ni d’argent de poche de l’Etat ou de ses parents (c’est pareil) pour penser qu’il y a une volonté de « gagner » du fric de cette manière. Je gagnais six fois plus par an en tant que cadre supérieur avant !


Breizh-info.com : En quelques phrases, pouvez vous expliquer pourquoi il vaut mieux selon vous aujourd’hui vivre à la campagne qu’à la ville en cas de crise économique majeure ? Croyez vous vraiment que dans la société de consommation actuelle , les citoyens soient capables de « retourner à la terre » ? Difficile en effet de retourner aux champs quand on pianote toute la journée sur un ordinateur non ? 

Piero San Giorgio : Très difficile en effet ! Cela demande des années d’apprentissage (que l’on peut commencer dans un pot, dans une mini plate-bande sur un balcon ou sur une pelouse, par ailleurs…), et un savoir faire qui ne s’achète pas, mais qui se pratique.
Je ne crois pas que la majorité des citoyens – je ne crois d’ailleurs pas qu’on puisse parler de citoyens de nos jours, ou alors pour une toute petite minorité, mais bien de consommateurs – puisse le faire avant d’y être contrainte par la nécessité. Et si cela sera le cas, il y aura des pertes, car c’est un processus long… Après, la vie en ville n’est pas impossible, même en cas de crise. Après tout beaucoup d’habitants de Sarajevo, de Harare, de Buenos Aires s’en sont sortis… avec des difficultés, parfois la perte de tous leur biens, souvent avec la perte de leur intégrité physique (pour les femmes notamment) etc.
Dans notre livre « Rues Barbares » que j’ai co-écrit avec le survivaliste franco-américain Vol West, nous décrivons les avantages et les inconvénients de la ville et quelles solutions existent pour se préparer dans cet environnement où habite désormais la majorité de la population mondiale. La ville est devenue une infrastructure très complexe et très dépendante de flux de ravitaillement (en énergie, nourriture, eau, médicaments, etc.). Cette complexité devient de plus en plus fragile avec la taille démesurée qu’ont pris les agglomérations urbaines et le nombre de gens qui y habitent… Cette fragilité est vulnérable aux crises.
Et les crises s’annoncent de plus en plus grandes et de plus en plus fréquentes. Lorsque tout s’arrête soudainement, qu’allons-nous faire ? Se faire des bisous et attendre sagement ou mal le prendre, stresser, paniquer et faire ressortir le pire de nous-mêmes ? Difficile d’en être certain, Fukushima a montré le meilleur de l’homme dans une situation catastrophique, la Nouvelle Orléans le pire. La personne ou la famille qui se prépare, mentalement, physiquement, matériellement aura tendance a plus faire partie de la solution que du problème.


Breizh-info.com : Certains annonçaient il y a quelques années une crise économique majeure sans précédent qui frapperait durement les occidentaux notamment. Malgré une hausse du chômage, malgré sans des difficultés économiques certaines (notamment en France), rien ne s’est encore produit. Le système pourra t-il tenir encore longtemps selon vous ? N’est-il pas suffisamment fort pour éviter des scénarios apocalyptiques comme ceux que vous prédisez ?

Piero San Giorgio : Rien ne s’est encore produit ? Demandez aux Grecs, aux Espagnols, aux Libyens, aux Syriens, aux Ukrainiens… et plus près de vous aux gens ayant perdu leur travail, leur épargne, parfois qui doivent faire face à une insécurité et à des crimes qui n’existaient pas il y a quelques années… La crise économique majeure nous y sommes, et ma thèse est que nous n’en sommes qu’au début, car l’effet « pénurie » (d’énergie, de ressources naturelles), l’effet « écologique » (perte de la biodiversité, pollution…), et l’effet « fin du dollar » et « hyperinflation », n’ont pas encore débuté. Soyez patients, et espérez que cela n’arrive pas. Ensuite, il faut dire que les gens s’imaginent toujours que les effets vont ressembler à une super production Hollywoodienne, ou Australienne pour « Mad Max ».
La réalité est moins spectaculaire et plus pernicieuses, bien que j’explique qu’il y a des effets de paliers.

Enfin, il faut dire que ce que l’on appelle le Système, c’est-à-dire les banques et les très grandes industries (pharma, armement, etc.) qui dominent par leur argent (achat de politiciens et de médias) possèdent la capacité d’influencer tout le monde de manière très efficace. Nous acceptons des dollars et des euros, alors que nous savons qu’en réalité ces monnaient ne valent rien… pourtant nous les acceptons.. nous faisons « comme-ci »… nous sommes le Coyote qui cours toujours, mais qui ne s’est pas encore rendu compte qu’il est déjà dans le vide.
Le système est très fort pour nous faire tenir encore et encore. Mais les scénarios catastrophe sont déjà là, je crois que le point de non retour est dépassé. Après, chacun se fera son avis et prendra ses risques.


Breizh-info.com : N y a t-il pas aujourd’hui une forme de « Survivalisme-Business » qui permet à plusieurs groupes, associations ou auteurs de vendre de nombreux titres et de faire ainsi prospérer de petites entreprises ?

Piero San Giorgio : Encore une fois si oui, tant mieux pour eux – tout travail mérite salaire – et une petite entreprise doit prospérer pour vivre, mais nous sommes loin des « business » à l’américaine… les auteurs ou les formateurs dans ces domaines sont peu nombreux.
Mais comme je le dis toujours, le plus important c’est d’apprendre a réfléchir par soi même, et cela veut dire remettre en question tout ce qu’on nous dit. Y compris les bases de mes thèses quant à un effondrement prochain de nos économies… et si cela amène quelqu’un a choisir, en toute réflexion de se préparer et d’avoir besoin d’en savoir plus et a dépenser quelques sous dans du matériel et de la formation, c’est bien. Si quelqu’un pense que notre système va continuer pour toujours et que tout ira toujours bien, tant mieux aussi. Il utilisera son argent dans une nouvelle voiture, un nouveau téléviseur plasma, des vacances à Ibiza ou a Phuket, du ganja ou aux putes. Peu m’importe. Chacun fait ce qu’il veut. La sélection naturelle fera son travail tôt ou tard. Je n’essaye pas de convaincre les gens, simplement de faire réfléchir et d’apporter des solutions.

Breizh-info.com :  Vous préparez actuellement un livre, si je ne m’abuse, sur l’alimentation, sur la manière de consommer sain dans un monde de plus en plus industrialisé. Votre livre sera t-il un complément à celui de votre ami Gilles Lartigot ? Qu’allez vous chercher à apporter au lecteur ? 

Piero San Giorgio : En effet, je travaille sur un livre sur la remise en forme, et c’est un travail de plus longue haleine que je ne pensais… un travail sur probablement deux ou trois ans. C’est que je dois apprendre, voir réapprendre tout sur l’alimentation, l’exercice physique, le sommeil, le yoga, la médecine, la biologie cellulaire, la chimie des aliments… un travail de synthétisation colossal, et je suis mon propre cobaye… La rencontre en 2012 avec Gilles Lartigot alors qu’il préparait son excellent livre « Eat » à été déterminante. Il m’a fait beaucoup avancer sur ma sensibilisation vis-à-vis des produits laitiers, de la cuisine « maison » et d’une certaine philosophie très douce, mais en même temps très ferme. Gilles est un vrai guerrier des temps modernes, et donc très doux et pacifiste. Un peu comme moi.

Breizh-info.com : Comment vivez vous aujourd’hui ? Avez vous mis en place ce que vous prônez pour vous même ? Comment s’est faite votre évolution ?
Piero San Giorgio : Je vis un pied dans notre monde puisque j’écris, je gère la publication de mes livres en langues anglaise, italienne, arabe, bientôt chinoise, japonaise et russe si tout va bien… ; je donne toujours du conseil auprès de gens souhaitant de l’aide pour leur mise en place d’une Base Autonome Durable, et je donne de plus en plus rarement, faute de temps des conférences. Mon autre pied est dans ma ferme, ma Base Autonome Durable où je continue ma préparation à la quête de la plus grande autonomie possible… potager, eau, panneaux solaires, auto-défense, formation d’une équipe grandissante de gens pensant un peu comme moi, et puis mes quatre enfants me prennent beaucoup de temps. La vie quoi.

Breizh-info.com : Serez vous prochainement en France pour y tenir conférence ?
Piero San Giorgio : Beaucoup moins, d’une part parce que je n’ai plus beaucoup de temps, et d’autre part par ce que mon message en Français à déjà été dit. Maintenant c’est sur les réseaux sociaux, ainsi qu’avec mon canal de vidéos sur Youtube que je communique principalement.

Crédit photo  : DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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3 réponses à “San Giorgio. « un écrivain qui se prépare à des temps difficiles ». [entretien]”

  1. Je me prépare d’ici quelques semaines à commencer un site/Blog sur le survivalisme sur Nantes.

    [email protected]

    Tel 02 04 40 60 84

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