Henry Nowak aurait-il pu survivre à son meurtrier ? Un médecin conteste les conclusions du juge

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Le Dr Krzysztof Magier, est un médecin pédiatre polono-britannique. Il a analysé les images des caméras-piétons des policiers et le rapport d’autopsie d’Henry Nowak. Sa conclusion contredit celle du juge et du pathologiste : il existe selon lui une forte probabilité que l’intervention policière ait directement contribué à la mort du jeune homme, et ses chances de survie auraient été significatives si les secours médicaux étaient intervenus en premier.

Une blessure veineuse, pas nécessairement mortelle

Le rapport d’autopsie identifie une lésion de la veine sous-clavière comme principale source de saignement. Le Dr Magier explique pourquoi cette blessure, contrairement à ce qu’ont conclu le pathologiste et le juge, n’était pas nécessairement fatale au moment de l’arrivée de la police.

Chez une personne en bonne santé, un saignement veineux se produit sous faible pression. Il s’auto-limite souvent naturellement : un caillot se forme, les bords de la plaie se rapprochent, les tissus environnants compriment la veine et ralentissent ou arrêtent l’hémorragie. Ce mécanisme physiologique de défense fonctionne — jusqu’à ce qu’il soit perturbé.

Or les images des caméras-piétons montrent qu’à l’arrivée de la police — probablement cinq à dix minutes après la blessure — Henry Nowak était encore suffisamment conscient pour parler à voix haute. Il n’était donc pas encore en état terminal.

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Les menottes comme facteur aggravant

C’est là que l’analyse du Dr Magier devient particulièrement accablante. Lorsque les policiers ont tordu les bras d’Henry Nowak dans son dos pour le menotter, ils ont très probablement provoqué un étirement de la veine sous-clavière, une rupture du caillot naturel qui retenait le saignement, et une aggravation brutale de l’hémorragie interne.

La mécanique est documentée en médecine de traumatologie : tirer les bras dans le dos et tordre les épaules étire la paroi supérieure du thorax, les muscles pectoraux et le trajet de la plaie. Cela peut rouvrir la blessure, aggraver l’affaissement du poumon, augmenter la douleur et rendre la respiration encore plus difficile — tout en augmentant la demande en oxygène d’un organisme dont les capacités respiratoires s’effondrent.

En l’espace d’environ trois minutes seulement après le menottage, Henry Nowak a perdu connaissance. Il est décédé peu après. En traumatologie, le principe de base est formel : toute personne présentant une suspicion de traumatisme interne ne doit jamais être déplacée ou secouée violemment. Une telle action peut détruire le caillot naturel et déclencher une hémorragie massive.

Ce que des secours médicaux auraient pu faire

Le Dr Magier détaille ce que des secouristes arrivés en premiers sur place auraient pu accomplir : poser rapidement une perfusion, administrer des fluides pour maintenir le volume sanguin circulant, injecter de l’acide tranexamique pour stabiliser le caillot, et si nécessaire pratiquer une décompression par aiguille — une procédure consistant à insérer une aiguille longue dans le thorax pour libérer la compression exercée par le sang sur le cœur et le médiastin, qui bloquait la circulation.

Le problème principal n’était en effet pas l’absence de fonction pulmonaire en elle-même, mais la compression du poumon rempli de sang sur les structures cardiaques — une situation traitable en urgence par des équipes médicales formées.

Ce qui rend le tableau encore plus amer : l’agression s’est produite à deux ou trois minutes en ambulance — sirène allumée — du centre hospitalier universitaire de Southampton, qui est un centre régional de traumatologie de niveau majeur, disposant de l’ensemble des spécialistes, procédures et équipements nécessaires à la prise en charge de ce type de blessure.

« Je suis convaincu que si Henry était arrivé là-bas vivant, les médecins ne l’auraient pas laissé mourir », écrit le Dr Magier. Il estime à 50 % les chances de survie d’Henry Nowak si des secours médicaux avaient été appelés immédiatement et avaient pu intervenir avant la police.

Une mise en cause du juge et du pathologiste

La conclusion du Dr Magier est explicite : l’intervention agressive de la police, au lieu de sauver une vie, a conduit à une mort par prise en charge inadaptée d’un homme grièvement blessé — alors que des soins de niveau mondial se trouvaient à quelques minutes. « J’ai peur que le juge et le pathologiste aient été trop indulgents envers la police », écrit-il.

Lors du procès, le juge William Mousley avait affirmé qu’Henry Nowak n’aurait pu être sauvé quelle que soit la rapidité des soins. L’analyse du Dr Magier — fondée sur le rapport d’autopsie, les images des caméras-piétons et les principes établis de médecine de traumatologie — conteste directement cette conclusion.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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