Gomorra. La série italienne coup de poing du moment

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04/02/2015 – 09H00 Naples (Breizh-info.com) – Au départ il y a  un livre écrit par Roberto Saviano, intitulé  Gomorra. Dans l’empire de la Camora. Adapté au cinéma en 2008 par Matteo Garrone, cette plongée dans l’univers de la mafia napolitaine a ensuite été transformée en série télévisée, diffusée depuis 2014 en Italie et début 2015 en France, sur Canal+. Réalisée notamment par Stefano Sollima, auteur de l’excellent film « A.C.A.B » d’une part, mais aussi de la série « Romanzo Criminale », cette série – dont les épisodes sont tous inspirés de faits réels – est à coup sûr une grande réussite du cinéma italien.

« À Naples, deux clans de La Camorra, dirigés respectivement par Don Pietro Savastano et Don Salvatore Conte, s’opposent pour avoir la mainmise sur les différents trafics de la ville.
Don Pietro Savastano, vieillissant, va bientôt passer le relai à son fils, Gennaro Savastano. Mais « Genny » est encore trop immature pour diriger seul. Don Pietro demande alors à l’un de ses hommes de main, fidèle et fiable, Ciro, d’initier son fils au rôle de mafioso, afin d’en faire un « homme ».
Bientôt, « Genny » sera à la tête du clan Savastano. S’en suivra un conflit générationnel entre les jeunes, amis de « Genny », et les anciens, dont fait partie Ciro, mettant en péril la survie du clan. »

On n’en dira pas plus sur l’histoire – l’ensemble des épisodes étant déjà disponibles pour les abonnés à Canal + et pour les fins connaisseurs des forums spécialisés dans les liens de téléchargement.
Mais il est sûr que la série tient en haleine du début à la fin de ses douze épisodes. Celle-ci bénéficie en outre d’acteurs particulièrement talentueux (notamment Marco d’Amore qui incarne Ciro et Fortunato Cerlino incarnant Don Pietro) et d’un scénario classique  – la succession du clan au sein de la mafia, les conflits de génération – mais efficace.

On soulignera également que contrairement au cinéma ou aux récentes séries policières françaises (on pense à la dernière saison d’Engrenages notamment), le politiquement correct n a pas sa place chez Stefano Sollima – qui décrit par exemple fort bien les relations plus que conflictuelles entre mafia napolitaine et mafia africaine, qui, immigration aidant, cherche à occuper un terrain toujours plus grand dans les trafics en tout genre.

On pourra néanmoins regretter un certain manque de regard critique sur la Camora, les personnages principaux – série oblige – suscitant une empathie quasi aveugle, alors qu’on est en présence de sinistres individus qui dealent des drogues dures, rackettent et assassinent aveuglément …

Au final, Gomorra est la bonne surprise de ce début d’année en matière de série télévisée. Violente, noire, tendue, elle permet à Canal + qui la diffuse de se rattraper eu égard aux navets qu’ont été les dernières saisons d’Engrenages ou de Braquo, dont le potentiel a été sabordé par le politiquement correct, le manque d’idée pour se renouveler et concernant la dernière, par le départ d’Olivier Marchal.

Il semble qu’il faille donc désormais aller chercher du côté de l’Italie ou de l’Angleterre pour trouver un cinéma européen digne de ce nom.

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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