Notre-Dame-des-Landes : une nouvelle maison occupée dans la ZAD

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17/10/2015 – 06H30 Nantes (Breizh-info.com) – Depuis le 10 octobre, une nouvelle maison est occupée sur la ZAD du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Située sur la route VC3 (Notre-Dame des Landes – Grandchamp des Fontaines) près du lieu-dit Chanais, la maison était vide depuis deux ans. Elle avait été achetée par le conseil général de Loire-Atlantique qui l’a transférée au consortium AGO-Vinci chargé de la construction de l’aéroport.

Dès le matin du 11 octobre, un huissier est passé constater l’occupation. Pour éviter de se faire expulser – la maison se trouve en limite de la ZAD, à quelques kilomètres de la quatre voies Nantes-Rennes (RN137) donc est facile d’accès pour les forces de l’ordre – les occupants ont pris la décision de barrer la route Notre-Dame des Landes – Grandchamp des Fontaines entre le carrefour de la Butte à Brossaud, 50 mètres avant la maison, et le carrefour du chemin vers la Noë Verte, 50 mètres après. Les occupants ont fait le tour de l’ensemble des riverains pour les prévenir et ont balisé des itinéraires de déviation. Selon l’un des habitants de Chanais qui préfère ne pas donner son nom, « la fermeture n’a pas posé de problème : du moment qu’ils préviennent, c’est bien. Et comme dans le coin il y a plein de petites routes pour contourner, ça va. Et puis une conserverie, c’est intéressant, ça manque ici ».

« L’Etat est complètement absent »

Le maire de Notre-Dame-des-Landes Jean-Paul Naud estime au contraire que « bloquer une route, c’est un peu cavalier de la part des occupants ». Il fustige l’absence de l’État : « j’ai été contacté dimanche soir par les gendarmes qui m’ont demandé de poser des déviations, j’ai refusé d’une part parce que je n’ai pas de service technique d’astreinte un dimanche, Notre-Dame des Landes c’est trop petit, et le rôle de l’Etat, ce n’est pas d’organiser des déviations, c’est de garantir la libre circulation ». Il estime que « l’Etat est complètement absent », même s’il reconnaît que « la ZAD pose rarement des problèmes ». L’édile pense qu’il « faut abandonner le projet d’aéroport pour régler définitivement le problème, et s’engager sur la seule solution raisonnable, c’est d’optimiser l’aéroport existant ».

La route a été rouverte à la circulation le soir du 13 octobre, une fois le délai légal de 48 heures passé – désormais, il faudra à AGO passer par une procédure judiciaire pour expulser les occupants. Ceux-ci ont prévu de construire et d’équiper un atelier aux normes pour transformer les légumes et fruits produits sur la ZAD : bientôt, l’on pourra déguster confitures, gelées et autres confits made in Notre-Dame des Landes. A terme, un élevage de volaille est prévu pour faire des conserves de viande. Les occupants, qui sont actuellement une dizaine, travaillent en lien avec plusieurs associations nantaises dont les GASE ou groupements d’achat service épicerie, particulièrement actifs à Nantes qui en compte deux, à Chantenay, Rezé-Pont-Rousseau et un autre en gestation sur la ZAD du Jardin des Ronces à Doulon.

La ZAD : « une nouvelle société bouillonnante et active »

A ce jour, la ZAD compte 250 habitants permanents, contre quelques dizaines avant les tentatives d’expulsion forcées de l’automne 2012 (opération César). « Entre les cultures et les cabanes, la ZAD occupe 200 des 1650 hectares du site », estime Dominique Fresneau, de l’ACIPA. Encore 150 sont occupés par les voies, chemins et maisons en dur. Plus de 600 sont exploités par les paysans dont les fermes se trouvent autour de la ZAD : 1 sur la commune du Temple, 5 à Notre-Dame des Landes, 2 à Fay, 3 sur Treillères et Grandchamp etc. Enfin 500 sont exploités par les quatre fermes historiques : les Rochettes, les Domaines (où se trouve le QG de l’Acipa, à la Vache Rit), le Liminbout et la Geneslière.

La ZAD elle-même abrite plusieurs fermes apparues depuis l’opération César. A Bellevue et à Saint-Jean du Tertre, à l’ouest, il y a de l’élevage et de la production de produits laitiers. Au Rosier et à Saint-Antoine, au sud, ainsi que dans deux lieux de l’est de la ZAD, du maraîchage. Un projet d’auberge-restaurant est en cours d’achèvement au Liminbout, au nord-ouest. Enfin la ZAD a deux boulangeries, aux Fosses Noires (sud-est) et à Bellevue, où le four traditionnel de la ferme a été remis en route. Et ce n’est sans doute pas fini : « on a un projet nouveau par mois et plusieurs en cours de préparation », déclare Dominique Fresneau. Commentaire d’un observateur proche des zadistes : « En marge de la société et des institutions publiques, une nouvelle société bouillonnante et active émerge. Sans l’Etat. Contre l’Etat. Et par son existence même, cette société montre qu’on peut se passer d’Etat. »

Un avis que ne partage manifestement pas Manuel Valls. Intervenant sur le sujet jeudi au Sénat, le Premier ministre a répété que le projet d’aéroport « se poursuivra normalement » et que « le gouvernement ne cédera jamais face aux intimidations d’une minorité d’individus ultraviolents. ». « Notre pays est un État de droit », a-t-il martelé. Message transmis au maire de NDDL…

Photo : DR
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