Roms et gens du voyage en Loire-Atlantique : les chiffres en 2015

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04/01/2017 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) – Le 20 juin 2016 le conseil général se penchait sur l’adoption du PLALHPD 2016-2020. Derrière ce signe abscons se cache le « plan local d’action pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées ». Il définit l’action du département en matière de logement social, de logement d’urgence, de logement des demandeurs d’asile, d’accompagnement au logement – par exemple des personnes qui vivent en habitat précaire ou insalubre, voire à la rue – ou encore de prévention des expulsions locatives.

Dans le « tableau financier » présentant l’état du logement des personnes défavorisées en Loire-Atlantique, on trouve des informations sur les populations Roms – définies comme « populations migrantes de l’Est non sédentarisées», ce qui est plus politiquement correct – et les gens du voyage. Il y a aussi des informations sur leur répartition dans le département.

Roms : 1460 personnes recensées en 2015

Concernant les Roms, « En Loire-Atlantique, la DIHAL [Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement ] a recensé en octobre 2015, 40 campements illicites abritant 1640 personnes », situés pour l’essentiel « sur les territoires de Nantes Métropole ». Le rapport ne donne pas le détail des communes, mais nous pouvons les ajouter – leurs habitants connaissant bien les affres d’une cohabitation toujours imposée et parfois très difficile : Nantes même, Sainte-Luce, Carquefou, Couëron, Indre, Saint-Herblain, Bouguenais, Rezé ou encore Les Sorinières, abritent la majeure partie des Roms de Loire-Atlantique.

Cette population apparaît à un niveau stable par rapport aux recensements faits en 2010-2012 dont nous nous étions fait écho dans nos colonnes en 2014. Cependant la mobilité de ces populations est assez importante, du fait d’une installation systématique sur des terrains qui ne leur appartiennent pas : au gré des expulsions, elles ne cessent de bouger, mais en se maintenant dans un même secteur. On trouve ainsi plusieurs groupes qui gravitent entre Saint-Herblain, Nantes-Chantenay et Indre, ou encore entre Couëron et Saint-Herblain-nord, entre Nantes-Erdre et Carquefou, ou, au sud de la Loire, entre l’île de Nantes, Rezé, les Sorinières et Bouguenais.

Pour une lecture plus fine, le PLALHPD fait état de diagnostics réalisés de 2013 à mai 2015 par la Plateforme de soutien à l’insertion des occupants des campements illicites : « ils ont porté sur 38 campements comptant 731 caravanes, abritant 428 ménages pour un total de 1219 personnes. Sur cet ensemble, vingt ménages ont été accueillis dans un dispositif d’insertion, dont 1 a été orienté vers le dispositif d’insertion de la ville de Nantes – il prévoit l’attribution de logements HLM en ville –, « 8 sont sortis du dispositif après relogement (6 vers la sous location ou le logement privé) »  et un dernier « a été exclu du dispositif pour non-respect des clauses du contrat    d’accompagnement ». L’insertion vers le logement conventionnel des Roms couvre donc une très faible partie de l’ensemble de la population Rom de Loire-Atlantique. Et ce malgré le fait que certains ménages Roms sont présents sur le territoire depuis plusieurs années.

Gens du voyage : 900 ménages dans le département en 2015

Selon le PLALHPD, « 900 ménages identifiés « gens du voyage » sont ancrés sur le territoire départemental », qu’ils soient installés toute l’année ou plusieurs mois de suite sur des terrains privés  ou qu’ils soient sur des aires d’accueil. Cela correspond en 2015 à un peu plus de 5000 personnes, ce qui reste là encore stable par rapport aux chiffres de 2012.

D’après des relevés faits en 2007-2008, la sédentarisation des gens du voyage commençait à devenir une réalité prégnante, comme nous l’expliquions en 2014 :  « sur les aires officielles d’accueil des gens du voyage en Loire-Atlantique 14% des ménages restaient au moins six mois et 7.4% plus de neuf mois ». Les gens du voyage avaient déjà commencé à acheter des terrains dans la campagne pour y ancrer plus ou moins à demeure leurs caravanes et y construire des baraques ou des chalets ; ils affirmaient détenir 2000 « terrains familiaux », tandis que les pouvoirs publics n’en connaissaient que 348 en 2008.

Ce recensement s’est amélioré depuis – même si le  PLALHPD ne fait pas état des terrains dans l’agglomération nantaise, notamment à Rezé et aux Sorinières où l’ancrage des gens du voyage est ancien, par exemple à Ragon. Parmi les concentrations importantes, Trignac (40 terrains), Pont-saint-Martin, Vallet (une trentaine dans chaque commune), Donges, Missillac, Machecoul, Treillières, Batz-sur-Mer, Saint-Julien de Concelles. Les communes suivantes ont cinq ou plus de cinq terrains recensés : Guérande, la Turballe, le Croisic, Guéméné-Penfao, Rougé, Issé, Blain, Soudan, Jans, Boussay, Saint-Colomban. La localisation reste problématique dans les communes du  pays de Retz et du centre du département – sur les communautés de communes de Blain, Erdre et Gesvres, et surtout Ancenis, où aucun recensement ne semble avoir été fait.

Louis-Benoît Greffe

Photo : Breizh-info.com
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