Primaires de la gauche : deuxième gifle en une semaine pour Valls

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24/01/2017 – 08H30 Lamballe (Breizh-Info.com) –  Décidément, il y a des semaines comme cela, où rien ne va. Ce n’est pas Manuel Valls qui dira le contraire après avoir pris sa seconde gifle de la semaine lors du premier tour de la primaire du Parti Socialiste. Ce dernier arrive ainsi en deuxième position, avec 31% des suffrages exprimés, derrière Benoît Hamon qui réalise 36% et devant Arnaud Montebourg, 17,55%.

On voit mal comment il pourrait désormais remporter la primaire du PS – une primaire qui n’a que peu mobilisé les Français (entre 1,5 millions et 2 millions de votants) si l’on compare aux 2,7 millions de votants du premier tour de la primaire d’octobre 2011 et surtout aux 4,3 millions au premier tour de la primaire de la droite.

Résultats sur 5 672 bureaux de vote et 1 337 820 votants :

– Benoît Hamon : 36,30 %
– Manuel Valls : 31,12 %
– Arnaud Montebourg : 17,55 %
– Vincent Peillon : 6,85 %
– François de Rugy : 3,88 %
– Sylvia Pinel : 1,98 %
– Jean-Luc Bennahmias : 1,01 %

Deuxième gifle bretonne de la semaine

En Bretagne, il y a encore moins de match, et la gifle est encore plus forte pour l’ancien Premier ministre puisque Benoît Hamon l’emporte dans les Côtes d’Armor à 40%, à 46% dans le Finistère, 43% en Ille et Vilaine et 38,6% en Morbihan. Maigre lot de consolation : Manuel Valls a « pris sa revanche » sur la gifle de la semaine à Lamballe, puisqu’il arrive en tête, devant Benoît Hamon, dans cette commune.

Jean-Yves le Drian – qui avait soutenu Manuel Valls avant le premier tour comme bon nombre de notables PS de la région, doit être dans une position inconfortable désormais tout comme Jean-Jacques Urvoas, Nathalie Appéré (Rennes), François Cuillandre (Brest), Gwendal Rouillard, et le vice-président de la Région et maire de Liffré (35), Loïg Chesnais-Girard.
En Loire-Atlantique, Manuel Valls bénéficiait également des soutiens de toute la stratosphère PS aux postes clés dans les collectivités. De Johanna Rolland (maire de Nantes), David Samzun (maire de Saint-Nazaire), Christophe Clergeau (chef de file de l’opposition régionale), Dominique Raimbourg (député), Pascal Bolo (premier adjoint au maire de Nantes), Marie-Françoise Clergeau (députée), Yannick Vaugrenard (sénateur) ou Sophie Errante (députée) …

Au total, en Bretagne administrative, il y avait 267 bureaux de vote. Benoît Hamon remporte 34 203 voix devant Manuel Valls (26 381) et Montebourg (10 732), puis Vincent Peillon (3849), François de Rugy (3226), Sylvia Pinel (1339) et Jean-Luc Bennamhias (757). En Loire-Atlantique, sur les 47 930 votants, Benoît Hamon remporte 40,60% des voix et Manuel Valls 27,07%. derrière le duo de tête, Arnaud Montebourg atteint 14,93%, François de Rugy 8,65%, Vincent Peillon 6,52%, Sylvia Pinel 1,39%, Jean-Luc Bennahmias 0,85%.

Benoît Hamon fait notamment de bons scores dans les grandes villes et les villes moyennes :  à Lannion avec 46% des suffrages exprimés, à Quimperlé (41, 18%), Concarneau (45%), Châteaulin (47, 5%), Landerneau (45, 25%). A Saint-Malo, il l’emporte avec 697 voix contre 680 pour Valls. A Saint-Nazaire, 1274 voix contre 1060.  À Lorient, il est à plus de 40%. À Brest, 48,4%. À Saint-Brieuc, il emporte 865 voix contre 594 pour Valls. A Quimper, 1282 contre 926. A Rennes, 1943 voix contre 976. Victoire également à Nantes -où de Rugy n’a pas séduit malgré le fait d’être le régional de l’étape.
A noter qu’à Vannes, il s’agit de la seule grande ville bretonne où Manuel Valls l’emporte, avec 690 voix contre 681 pour Hamon.

Le programme de Benoît Hamon

Benoît Hamon fait partie des « gauchistes » du PS. Il désire supprimer la loi travail, réduire le temps de travail, taxer les robots, mais aussi de mettre en place un revenu universel de 750 euros par mois (530 euros dans un premier temps) pour tous les citoyens majeurs, qu’ils travaillent ou non. Il serait couvert par des «fusions ciblées» avec les minima sociaux (dont le coût est de 23 milliards d’euros), les aides au logement (18 milliards), et les prestations familiales (53 milliards). Il souhaite également retirer 24 milliards d’euros de l’individualisation de l’impôt sur le revenu et s’attaquer aux niches fiscales (84 milliards d’euros) et à l’évasion et l’optimisation fiscales (80 milliards d’euros, selon lui).

M. Hamon souhaite également instaurer une VIème République, mettre en place un mandat unique de sept ans pour le président, qui serait responsable devant le Parlement. Il souhaite également introduire une dose de proportionnelle aux élections législatives, et prendre en compte le vote blanc. Enfin, il veut réformer le Sénat et mettre en place une possibilité de contrôle citoyen : cette mesure permettrait à 1% des électeurs (soit 450.000 personnes) de demander l’examen ou la suspension de l’application d’une loi.

Du côté de l’immigration, Benoît Hamon veut ouvrir grand les portes, et souhaite que la France montre plus de «solidarité» envers les réfugiés en augmentant son aide financière, en développant les «visas humanitaires» et en accordant un «droit au travail» pour les nouveaux arrivants et en multipliant les places de CADA. Son modèle ? La Suède, dont une partie des habitants autochtones se mord chaque jour un peu plus les doigts de l’avoir adopté…

Outre la légalisation du cannabis, la baisse du nombre d’emprisonnements, Benoît Hamon souhaite également aligner le congé paternité sur le congé maternité, « afin de ne pas faire porter à la mère la charge de l’enfant ». Il veut également étendre la PMA aux femmes seules et aux couples homosexuels, autoriser les demandeurs d’asile à travailler ou encore créer un visa humanitaire pour une protection temporaire.

La mort du Parti socialiste (PS) ?

Un débat télévisé entre les deux finalistes sera organisé mercredi avant le second tour dimanche prochain. Pour le moment, Arnaud Montebourg a appelé à voter Benoît Hamon tandis que François de Rugy n’a pas donné à ce stade de consigne de vote. Sylvia Pinel a appelé à voter pour Manuel Valls au terme d’une soirée particulièrement tendue, où le Parti Socialiste et ses cadres sont apparus comme des bêtes mourantes, au sein d’un parti politique proche de l’éclatement final.

Pris en étau entre Emmanuel Macron – qui a su (ou à qui on a dit ?) s’extirper du bourbier PS depuis des mois – et Jean-Luc Mélenchon, on ne voit pas comment le candidat adoubé par le PS – frondeur ou pas, mais portant en lui le bilan de François Hollande jugé catastrophique par une large majorité des Français – pourrait espérer le moindre succès lors des élections à venir.

Crédit Photo :  DR
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2 Commentaires

  1. Moi j’attends les présidentielles mais avec cet argent payer pour voter Les sympathisants de droite et du centre étaient appelés à se rendre
    dans les bureaux de vote. Comme au premier tour, ils devaient verser 2
    euros au titre des frais d’organisation pour pouvoir voter. Et comme au
    premier tour, les Français ont été nombreux à se mobiliser : 4.2
    millions d’électeurs le 20 novembre et 4,5 millions le 27 novembre. On
    sait donc déjà que l’élection organisée par la droite est rentable. Au
    total, ce sont 16 millions d’euros qui ont été récoltés. 1300 000
    votants … 1 300 000 euros ! pour la gauche en ajoutant la prochaine
    recette ils pourraient mettre à l’abri nos SDF Français.Et oui pourquoi ne pas utiliser cet argent pour nos SDF Français?

  2. Ce qui est le plus « frappant » c’est la faible participation. Les Bretons dans leur grande majorite se moquent totalement des partis francais. C’est un espoir pour l’avenir. Il suffira d’un evenement fondateur pour que les moutons bretons se detournent du Berger France….

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