27/01/2017 – 05h30 Paris (Breizh-Info.com) – Jeudi 26 janvier, Marion Maréchal-Le Pen, la jeune députée française, a pris la parole lors de la discussion parlementaire sur  l’extension du délit d’entre à l’IVG.

Fustigeant les « lubies » de « féministes ringardes », la députée du Front National a évoqué les avortements subis, pour cause de précarité financière. « Beaucoup de femmes avortent pour des raisons économiques – 47 % selon un sondage IFOP de 2010. Un choix subi auquel vous n’apportez aucune solution – vous n’en parlez même pas, d’ailleurs.  »

Nous vous proposons la retranscription intégrale des échanges par les greffiers de l’Assemblée nationale. On peut notamment y lire les interventions, parfois très violentes, des opposants à Madame Maréchal-Le Pen.

M. le président. La parole est à Mme Marion Maréchal-Le Pen.

Mme Marion Maréchal-Le Pen. Quand je vous écoute, de ce côté-ci de l’hémicycle, je repense à l’adage : qui vit de combattre un ennemi a tout intérêt à le laisser en vie. Pour justifier vos lubies, vous maintenez sous respiration artificielle des combats gagnés depuis longtemps déjà ; vous agitez des menaces qui n’existent pas, des adversaires fantômes. La vérité est que personne aujourd’hui, dans le spectre politique, ne menace la légalité de l’avortement ou son libre accès.

Catherine Coutelle

Mme Catherine Coutelle, rapporteure. C’est vous qui le dites !

Mme Marion Maréchal-Le Pen. C’est vous qui régulièrement, trop régulièrement, réactivez les débats sociétaux, sans doute pour masquer vos lamentables échecs sur le plan économique, et en particulier la situation précaire de beaucoup de femmes et de mamans seules.

M. Gérard Sebaoun. N’enrobez pas le fond de votre pensée !

Mme Marion Maréchal-Le Pen. La réalité, c’est que vous êtes des féministes ringardes, les dinosaures politiques d’un temps soixante-huitard révolu. Aujourd’hui, et c’est heureux, il serait temps de vous en rendre compte, les femmes peuvent voter, travailler ou non, se marier, divorcer, prendre des contraceptifs et avorter si elles le souhaitent.

Ce qui est moins heureux, en revanche, c’est que beaucoup de femmes avortent pour des raisons économiques – 47 % selon un sondage IFOP de 2010. Un choix subi auquel vous n’apportez aucune solution – vous n’en parlez même pas, d’ailleurs. Non, madame le ministre, l’alternative à l’IVG, ce n’est pas uniquement, je vous cite, « une grossesse non désirée menée à son terme ». Cela peut aussi être une femme qui a le bonheur de pouvoir garder un enfant en évitant un avortement subi parce qu’elle a su trouver l’accompagnement et l’encadrement nécessaires. Je vous le dis, et je le pense sincèrement, vous êtes la honte du combat des femmes (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, écologiste et républicain),

Mme Catherine Coutelle, rapporteure. Cela vous va bien !

Mme Marion Maréchal-Le Pen. …obsédée par la couleur du cartable, le sexisme de la grammaire, le jouet rose des Kinder, la répartition du temps de vaisselle dans le couple. Complètement à côté de la plaque, complètement à côté des vraies menaces qui planent aujourd’hui sur la liberté des femmes !

Mme Catherine Coutelle, rapporteure. Heureusement que nous avons mené nos combats pour que vous puissiez être là !

Mme Marion Maréchal-Le Pen. Je note votre silence coupable sur les 1 200 femmes agressées sexuellement en Allemagne à la Saint-Sylvestre par des migrants ; je pense à votre silence sur la charia, la loi islamique qui s’applique aujourd’hui dans certains quartiers de France et qui interdit aux femmes les libertés les plus élémentaires. (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, écologiste et républicain.)

M. Gérard Sebaoun. Allons-y avec les amalgames !

Gérard Sebaoun

Mme Marion Maréchal-Le Pen. Je comprends que cela vous gêne, puisque votre grand champion, Benoît Hamon, voit dans ce grignotage islamiste « la continuation du machisme franchouillard des ouvriers ». Quel aveuglement coupable, pour ne pas dire complice, ou peut-être même électoral…

M. Gérard Sebaoun. Oui, vous êtes facho ! Bien sûr, vous êtes facho ! Évidemment, vous êtes facho !

Mme Marion Maréchal-Le Pen. Votre aversion pour le patriarcat incarné par le mâle hétérosexuel blanc a conduit beaucoup d’entre vous à la collusion avec toutes les minorités qui partageaient cette aversion, sacrifiant ainsi toute cohérence sur les idées et les combats. Féministes, islamistes, LGBT, même combat ! Et c’est ainsi que celles qui se présentent aujourd’hui comme les garantes du droit des femmes à disposer de leur corps sont les mêmes à défendre leur soumission par le voile et leur marchandisation par les mères porteuses.

M. Pierre Lellouche. Très juste !

M. Gérard Sebaoun. C’est une insulte au Parlement ! C’est scandaleux ! C’est ignoble ! C’est indigne !

Mme Marion Maréchal-Le Pen. N’est-ce pas, madame Lemorton, par exemple ? À ce sujet, serait-il possible de m’éclairer, madame la présidente de la commission ? Quand vous expliquez qu’un enfant souffre que des parents puissent parler de lui comme d’un « accident »,…

Mme Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales. Oui, il me semble.

Catherine Lemorton

Mme Marion Maréchal-Le Pen. …que suggérez-vous ? Qu’il eût mieux valu qu’il soit avorté ? Je ne comprends pas : il va falloir m’expliquer !
Car ne vous en déplaise, et je me permets cette impudeur car elle est de notoriété publique, vous avez devant vous un « accident » qui se vit bien…

M. Gérard Sebaoun. Vous êtes une porteuse de mensonges !

Mme Marion Maréchal-Le Pen. …et qui préfère aujourd’hui être devant vous, à vous dire vos vérités, plutôt que d’avoir été avorté.
Alors, puisque vous en faites le reproche aux hommes élus sur ces bancs, je suis une femme…

Mme Catherine Coutelle, rapporteure. On ne vous voit pas souvent !

Mme Marion Maréchal-Le Pen. …mais je vous le dis, ce texte contre les femmes et contre la liberté d’expression, ce ne sera pas en mon nom !

Mme Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales. Montrez-vous donc, on vous voit peu !

M. Gérard Sebaoun. Vous nous aurez contre vous bien longtemps, n’en doutez pas ! Cinq minutes fascistes suffisent ! (Exclamations sur les bancs du groupe Les Républicains.) Ces propos sont scandaleux !

Nicolas Serrand
Crédit Photos : Gauthier Bouchet / LeCardinal [CC BY 4.0] / Val d’Oise [CC BY-SA 3.0] / Guillaume Paumier [CC BY-SA 3.0]
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