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06/04/2017 – 17H00 Paimpol (Breizh-info.com) – Le collectif « Pou La Gwiyann dékolé« , après une brève occupation « symbolique » du Centre spatial de Kourou, veut durcir le mouvement de contestation démarré il y a plus de deux semaines en Guyane (voir notre article à ce sujet). L’UDB, l’Union Démocratique Bretonne, vient d’adresser un communiqué de soutien « à la demande d’autonomie de la Guyane », le collectif réclamant un statut particulier pour le département.
« Le collectif « Pou la Gwiyann dékolé » a demandé la mise en place d’un statut particulier en Guyane, pour faire face aux problèmes particuliers qui s’y posent. Pour l’UDB, cette demande est de bon sens : si le centralisme est déjà pesant en « métropole », il paraît complètement absurde de gérer depuis Paris un territoire situé au-delà de l’Océan atlantique…
Les retards de développement et les problèmes sociaux de la Guyane sont les conséquences historiques d’un développement de type colonial. Pour en guérir, il n’y a pas d’autre solution que de permettre au peuple guyanais de prendre en main la gestion de ses affaires et de son territoire, aux réalités si différentes de celles de la France, tout en apportant le soutien financier nécessaire le temps que les Guyanais puissent déterminer leur modèle de développement.
Pour l’UDB, la question de l’autonomie de la Guyane doit donc de nouveau être sérieusement étudiée, sans tabou, si tel est le souhait des Guyanais, dans le respect du principe international du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le Gouvernement doit reconnaître la nécessité de prendre des mesures spécifiques pour améliorer le sort du peuple guyanais.
L’évolution institutionnelle devra s’accompagner de la prise en compte des revendications amérindiennes de ratification de la Convention « relative aux peuples indigènes et tribaux », et garantir la pleine possession de leurs territoires ancestraux.» déclarent les dirigeants de l’UDB dans un communiqué.
Pas un mot toutefois sur le collectif des 500 frères, à la pointe du mouvement. Sans doute que les revendications contre l’immigration en Guyane, pour l’expulsion des délinquants étrangers en prison, et pour plus de sécurité ne sont pas la tasse de thé de la gauche régionaliste bretonne. Il en va de même pour l’extrême gauche indépendantiste bretonne, qui s’est rassemblée à Nantes, et qui appelle à se rassembler le samedi 08 avril à Guingamp à 11h00 devant la mairie et le dimanche 09 avril à 15h00 place de la République. Aux oubliettes les questions migratoires et sécuritaires.
Une grève générale illimitée a été décrétée le 25 mars en Guyane Mais l’activité économique, du fait des barrages installés dans les villes, est stoppée de fait depuis plus de deux semaines. Le blocage du port de Cayenne, par lequel passent plus de 90% des importations et exportations de la Guyane induit en outre des pénuries. Dans les supermarchés, les rayons de produits frais sont complètement vides.
Les «500 frères», un groupe leader de la contestation depuis le début, circulent dans les rues de Cayenne pour s’assurer que les boutiques restent portes closes.
Le mouvement social d’une ampleur inédite en Guyane repose sur des revendications sécuritaires, économiques et sociales. Il dénonce aussi le sous-investissement de l’Etat en Guyane depuis des décennies.
Crédit photos : DR
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