L’UDB (Union Démocratique Bretonne, autonomistes bretons de gauche) de Nantes n’a décidément plus grand chose à voir avec l’UDB traditionnelle, celle du Kreiz Breizh notamment, où les nationalistes bretons (à leur manière) essayaient jadis de convertir la gauche française, du PSU au PCF et de la CFDT aux « post-marxistes » (le terme est aussi daté que le sera les « queers » ou « féministes » d’aujourd’hui dans quelques années), à la « question bretonne » et aux réalités nationales et culturelles de la Bretagne profonde.
Malgré tout ses errements et ses compromissions à tête de strapontins, cette UDB était sincère et avait toujours « la Bretagne au coeur et le coeur à gauche » dans la défense les ouvriers et des petits paysans bretons.
Aujourd’hui, la tonalité est largement différente, notamment à Nantes où l’UDB locale a achevé cette mutation qui touche l’ensemble de la gauche occidentale, mutation appelée « tournant Terra Nova » : abandonner le peuple autochtone (en l’espèce le peuple breton) pour les minorités ethniques et sexuelles. Il n’est plus question de la défense des ouvriers des dernières industries de l’agglomération nantaise mais de la promotion des queers, de l’islam et des « réfugiés » devenus le nouveau sel de la terre.
Les élus UDB membres de la majorité de la maire de Nantes Johanna Rolland viennent d’en faire l’implacable démonstration avec un texte publié sur les réseaux sociaux qui relate les premiers pas du nouveau mandat des groupe UDB à la mairie de Nantes, texte dont nous relayons ici les meilleurs passages :
« Depuis notre arrivée aux responsabilités, notre groupe UDB a voulu être utile à cette majorité : utile pour écouter, utile pour agir, mais aussi utile pour fixer notre cap.
Notre reconduction à la tête de la ville protège d’abord ce qui fait l’identité de Nantes : une ville ouverte, à la fois mondiale et ancrée dans son territoire. Nantes, terre de diversité, c’est la Nao queer dans les douves du Château des ducs de Bretagne (officiel), ce sont les Jeux de Bretagne, le match France-Côte d’Ivoire, le Mat de la Fraternité… Pour nous, les identités multiples de chacune et chacun sont des points d’appui, pour construire une ville de résistance et de tolérance.
Aussi, dans ce nouveau cœur de la métropole nantaise, fleurissent les initiatives ouvertes et solidaires. Je pense au Labo Diva, Les Impertinant·es, à la Licorne Noire, Les 5Ponts, à l’espace Agnès Varda, à la Carte postale… Impossible de citer tous les lieux et toutes celles et ceux qui créent du lien, font vivre la solidarité, la rencontre et la visibilité.
Note pour nos lecteurs :
Labo Diva : tiers-lieu bobo quinoa où l’on fait des « ateliers créatifs inspirants »
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Les Impertinant-es : « Café féministe intersectionnel »
La Licorne Noire : « Espace de célébration de la richesse musicale, culturelle et artistique des cultures afro-caribéennes » ainsi que « lieu de vie, de rencontre et de partage pensé pour les personnes LGBTQIA+ »
Les 5 ponts : cette affiche résume bien l’ambiance du lieu*
L’Espace Agnès Varda : centre d’accueil pour les clochards où les élus UDB ne doivent pas beaucoup mettre les pieds
La Carte postale : Café-resto quinoa branchouille où on peut lire Libé et Reporterre autour d’un cocktail équitable avec jus de papaye bio du Guatemala (certains valent le détour !)
Dans les faits, à part l’Espace Agnès Varda et, partiellement, les 5 Ponts, tous ces lieux sont exclusivement fréquentés par des bobos de gauche, anywhere, artistes, graphistes et étudiants en « genre » ou en architecture. On est, ici, loin de l’ambiance « Grève aux chantiers navals Dubigeon de 77 ou 85 !
Plus loin, les élus UDB mettent également l’accent sur « l’interculturalité » :
« C’est aussi le sens du travail que nous avons engagé sur l’interculturalité. Depuis plusieurs mois, la Ville a conduit un cycle de réflexions et d’échanges avec des professionnels, des associations et des acteurs du territoire. Ce travail a abouti cet été à un livret, « L’interculturalité en action – Pour une ambition renouvelée à Nantes », qui propose à la fois un diagnostic et des pistes concrètes pour faire évoluer nos pratiques.
Il pose une idée simple mais importante : l’interculturalité n’est pas une politique publique supplémentaire. C’est une autre manière de faire, fondée sur l’écoute, la reconnaissance de l’altérité, le dialogue et la construction du commun. À Nantes, nous voulons désormais traduire cette réflexion dans nos politiques publiques, de l’éducation à la relation aux usagers, en passant par les droits culturels, l’espace public et la participation citoyenne. »
Alors que la marée brune monte en Europe et ailleurs, l’enjeu est de faire de cette diversité non pas un bouc-émissaire, mais une ressource pour construire une ville plus juste, plus démocratique et plus fraternelle.
On comprend ainsi mieux ce que signifie cette « interculturalité ». Mais quid de la Bretagne et de la réunification dans tout cela ? C’est bien après dans le texte que les élus autrefois autonomistes se rappellent timidement de leur identité politique bretonne et de pourquoi ils sont élus :
« Sur les enjeux bretons, nous sommes aussi passés aux actes. Le travail est engagé pour développer les filières publiques bilingues français-breton, avec l’objectif de neuf écoles bilingues en 2032 et de former 75 % des ATSEM intervenant dans ces classes. Nous avons également engagé le travail sur la place du breton dans l’espace public, avec le déploiement de nouvelles plaques de rues bilingues et la préparation d’un schéma de politique linguistique ambitieux pour les langues de Bretagne. Nous travaillons enfin à l’accompagnement du projet Kejadenn Tour Bretagne. »
Mais le paragraphe est bien mince et, une fois passées ces figures imposées, les ex-« autonomistes » reprennent immédiatement le catéchisme de la Nouvelle Gauche urbaine avec des passages sur le « vélo », le « dérèglement climatique », les « bouilloires thermiques » avec même une petite mention d’une éventuelle « régulation plus forte des meublés touristiques ».
L’UDB Nantes a voulu ainsi faire sa petite BA sociale sur le logement et, notamment les résidences secondaires, car, dans le reste de la Bretagne, cette question est prégnante.
Malheureusement, à Nantes, cet enjeu est anecdotique puisque la ville compte 4,7% de résidences secondaires, c’est à dire trois fois rien par rapport au problème, bien réel celui-là, du nombre de logements occupés par des étrangers n’ayant rien à faire sur le sol breton. Logement sociaux ou à bas prix qui, en toute logique, devraient être attribués à des étudiants ou des familles bretonnes.
Autrefois, certains courants de l’UDB auraient soutenus cette mesure. Mais l’UDB Nevez est totalement intégrée dans le wokisme, ce courant suicidaire qui conduit les électeurs à marche quasi-forcée dans les bras des formations telles que le Rassemblement National. Tout en dénonçant « la marée brune » par ailleurs.
« Marée brune » à laquelle l’UDB fourni une partie du carburant avec ce genre de texte. Car l’UDB Nantes ne parle qu’aux bobos de gauche et reflète d’ailleurs bien cette tendance du néo-militantisme breton à Nantes représenté par ailleurs par «
A la Bretonne » qui fait un travail intéressant pour la Réunification nécessaire de la Bretagne mais qui ne s’adresse qu’à un certain type de population : les happy fews du « Labo Diva » et de la « Carte Postale » à tee-shirts Diwan ou Redadeg.
Les derniers nationalistes mod kozh de l’UDB vont-ils réagir face à cette abandon des fondamentaux ?
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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