Bonnets rouges. Quand Le Télégramme brasse de l’air

A LA UNE

Le mouvement des Bonnets rouges aura visiblement marqué l’histoire politique bretonne des années 2010. Et fait toujours parler à l’heure actuelle. Ce qui n’était qu’une colère du monde agricole contre l’Ecotaxe à l’été 2013 deviendra dans les mois suivants un étrange conglomérat de revendications hétéroclites.

La particularité de cette dynamique était alors son caractère populaire (30 000 personnes présentes lors du premier rassemblement de Quimper en novembre 2013) et transcendant les clivages politiques habituels. Une dynamique qui s’essouffla assez rapidement et qui, dès le printemps 2014, n’était plus l’apanage que des militants « classiques » de l’Emsav (le mouvement breton au sens large) et de quelques nouveaux venus à qui l’hiver des Bonnets rouges avait donné une « conscience bretonne ».

De cette époque, il ne reste rien, ou presque. Un article de presse revient de temps à autre sur ce phénomène aussi éphémère qu’incompris.

Le fantasme de l’extrême-droite

Cette fois, c’est un article en date du 1er juin du quotidien régional Le Télégramme qui se repenche sur le thème en question. Sobrement intitulé « Militants bretons. La tentation des armes », son auteur Hervé Chambonnière se perd rapidement dans les confusions habituelles sur le sujet.

Ainsi, il est question, une fois encore, de l’extrême-droite bretonne. Un concept bien plus fantasmé que réel à en croire son inexistence politique en Bretagne. Le journaliste du Télégramme s’intéresse alors au cas des onze membres du comité de Dinan. Ce petit groupe de jeunes sera rapidement arrêté puis jugé au printemps 2014 tandis qu’il s’apprêtait effectivement à commettre des actions illégales. Les services de police n’auront pas beaucoup de difficultés à anticiper les intentions de l’époque de la fine équipe puisqu’elle évoquait publiquement sur les réseaux sociaux ses projets hors-la-loi.

L’enquête et le procès qui s’en suivit en 2014 mirent en évidence la présence de deux jeunes gens proches du parti indépendantiste breton Adsav ! Un fait un peu léger pour en déduire une réelle influence de cette extrême-droite fantasmée sur ces nouveaux militants ralliés au mouvement des Bonnets rouges.

Le traité d’union de 1532 pris à témoin

Pour appuyer sa théorie, Hervé Chambonnière fait témoigner un militant breton anonyme : « Ces exaltés n’ont aucune culture politique. Ils n’ont qu’une référence historique, fantasmée : un accord d’autonomie datant de 1532 ! C’est la rengaine de l’extrême droite bretonne qui reste bloquée dans les couloirs du temps… ».

Si la faible culture politique des jeunes interpellés et plus généralement de tous ceux chez qui le mouvement des Bonnets rouges a réveillé le sentiment breton est un fait assez avéré, quel crédit accorder au militant interrogé quand celui-ci réduit l’accord de 1532 à une « rengaine de l’extrême-droite » ? Les nombreux historiens et juristes bretons qui se sont intéressés sérieusement à la question au point d’en conclure à l’invalidité du fameux traité apprécieront certainement le raccourci du témoignage mis en avant dans l’article du Télégramme.

En définitive, cet article ne nous apprend rien si ce n’est que les Bonnets rouges et à travers eux le mouvement breton alimentent davantage l’imaginaire de journalistes en quête de sensationnel que la réelle actualité politique en Bretagne.

Crédit photo : DR
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3 Commentaires

  1. Cet article du Teleg montre à quel point les journaleux ne sont plus là pour nous informer (l’ont ils jamais été, d’ailleurs?) mais pour nous intoxiquer, nous influencer et nous endormir. Les pires complices des putes cyniques qui nous considèrent comme leurs sujets.

  2. Les candidats aux idées bretonnes seraient-ils en hausse dans les sondages pour que le Télégramme se fende d’un tel article?

  3. S’agissant d’une annexion par la force, le prétendu Traité de 1532 qui régissait les rapports franco-bretons jusqu’en 1789, n’est nullement revendiqué aujourd’hui par la Nationalistes Bretons connaissant leur l’Histoire .
    De plus, il a été bafoué à plusieurs reprises par le pouvoir royal, avant d’être exécuté promptement par les humanistes aux mains sanglantes. Il ne peut donc faire autorité pour l’avenir.
    Le seul traité valide en Droit international est celui du 19 janvier 1499 rétablissant la souveraineté sur le Duché de Bretagne, suite au mariage d’Anne de Bretagne avec le roi Louis XII.
    Mais l’ Etat français jacobin inventeur des droits de l’homme, n’en a cure.
    Les droits des peuples ne l’intéressent pas. Seul compte pour lui, l’individu seul, déraciné face à l’Etat tout puissant .

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