Ester Gallego (SOM) : « la Catalogne souffre d’une double oppression : celle de l’Espagne et celle de l’immigration-invasion »

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08/10/2017 – 07h50 Barcelone (Breizh-Info.com) – La veille du référendum d’indépendance de la Catalogne, nous sommes allés à Vic, une ville très indépendantiste située au nord de Barcelone, où nous avons entre autres, rencontré Ester Gallego, qui nous a expliqué les idées défendues par son parti – le seul à être identitaire et indépendantiste, opposé à l’immigration massive. 

Entre-temps, les résultats du référendum ont été officiellement proclamés, ce qui ouvre le compte à rebours : d’après la loi promulguée début septembre en Catalogne, dans 48 h l’indépendance pourra être proclamée. Officiellement, le oui a fait 90.18% des suffrages (2.044.038 voix), le non 7.18%  (177.547 voix) avec une participation de 43% (2.286.217 votants sur  5.313.564 électeurs).

Le oui est le plus prononcé dans les vigueries [divisions reconnues par les indépendantistes catalans, différentes des provinces espagnoles sauf pour celle de Gérone] des Hautes-Pyrénées et du Val d’Aran, de Gérone justement et de Catalogne centrale (où se trouve Vic).

Le non est le plus prononcé dans la viguerie de Barcelone (9.83%) où se trouve l’agglomération et une grande partie de la côte touristique. La participation est la plus importante dans les comarques [cantons] du Priorat (85.42%), Moianès (74%), Bergueda (73.6%) Conca de Barbera (73.5%),  Solsonès (70%), Pallars Sobira (70%), Osona (69%), Ripoll (69%)… A Barcelone même – où se trouvent le plus de gens qui ne sont pas catalans d’origine – la participation n’est que de 36%.

La situation continue à se tendre doucement : la première banque catalane, la Caixa, opposée à l’indépendance, a annoncé transférer son siège à Valence, tandis que l’entreprise Mango a assuré qu’elle restait ; Abertis (BTP) et Cellnex (Telecoms) réfléchissent à quitter la Catalogne. Près de 150 agents du groupe d’action rapide de la Guardia Civil, l’équivalent espagnol du GIGN, se sont déployés à l’aéroport pour empêcher la prise de contrôle des infrastructures par les indépendantistes.

Les événements en Catalogne ont aussi mis les espagnols dans les rues : deux  énormes manifestations ont eu lieu à Madrid ce samedi, pour réclamer à la fois l’unité de l’Espagne et le dialogue avec les Catalans. Suite à l’initiative citoyenne « Parlem ? Hablamos ? » des  milliers de manifestants pour le dialogue, en chemises blanches, se sont aussi rassemblés à Barcelone, Saragosse ou encore Valence avec des bannières blanches.

Breizh Info : Ester Gallego, pouvez-vous vous présenter ?

Ester Gallego : Je suis entrée en politique lorsque j’avais 14 ans, à l’époque je faisais partie des jeunesses de l’ERC [Esquerra Republicana de Catalunya, créé en 1931, au centre-gauche]. Vers 1982 le parti a viré vers l’extrême-gauche et j’en suis partie, avec d’autres militants qui regrettaient le virage pro-immigration et gauchiste de l’ERC.

Bien des années après, j’ai rejoint la Plateforme pour la Catalogne [PxC] de Josep Anglade, lui aussi natif de Vic, qui était anti-immigration. Cependant il était opposé à l’indépendance catalane et assez outrancier [il a été condamné en 2007, 2009 et 2017 pour délits de droit commun ; la dernière condamnation lui a valu deux ans inéligibilité], donc j’ai quitté la PxC pour créer SOM Catalans en 2014.

Breizh Info : Quelles sont les idées que défend SOM Catalans ?

Ester Gallego : Nous sommes nationalistes catalans. Nous voulons défendre l’indépendance surtout, mais aussi les catalans de souche. Nous dénonçons l’invasion d’immigrants alors que les gens d’ici s’en vont à cause de la Crise. Toutes les aides sont pour les migrants, y compris quand ils sont clandestins. De plus ils font plus d’enfants que les catalans et leur nombre augmente dans la société.

Breizh Info : dans les rues de Barcelone, il y a peu de migrants qui ne font rien de leur journée comme on peut le voir dans les villes françaises. Ils sont employés dans la restauration, tiennent eux-mêmes des restaurants ou des épiceries, bref, ils bossent. Une intégration réussie ?

Ester Gallego : Les pouvoirs publics et les collectivités territoriales leur facilitent l’obtention de toutes les licences et autorisations. Pendant ce temps, les commerces catalans stagnent ou ferment. C’est la même chose dans les écoles où ils imposent le halal. Tout change pour leur plaire, nos traditions, notre culture ne comptent plus et sont mises aux oubliettes.

Breizh Info : Quelle est votre position au sujet de l’indépendance catalane ?

Ester Gallego : Nous sommes pour. C’est le peuple qui la demande dans son ensemble. Il n’y a rien en commun entre l’Espagne et la Catalogne, ni la langue, ni la culture, ni l’identité. Rester ensemble n’a pas de sens.

Breizh Info : Quel est votre avis sur la position de Madrid ?

Ester Gallego : La Catalogne est pour Madrid une colonie, traitée comme telle. Madrid n’en a rien à faire de la volonté des Catalans, de l’identité nationale concurrente des Catalans. Or la volonté des Catalans de redevenir indépendants dure depuis des siècles [révoltes de la fin du XVIIe, du début du XVIIIe, du XIXe, République proclamée en 1934…] La Catalogne n’a jamais voulu se soumettre à l’Espagne, jamais l’Espagne n’a demandé aux Catalans s’ils voulaient rester en Espagne et elle les spolie économiquement.

Breizh Info : Quant au Roussillon, cédé par l’Espagne à la France en violation des constitutions catalanes en 1659?

Ester Gallego : Nous sommes favorable à ce que Perpignan et le Roussillon reviennent à la Catalogne, ainsi que l’ensemble des Països Catalans, avec Valence et les Baléares. Mais pas l’ensemble des territoires qui relevaient de la Couronne d’Aragon (Aragon, Italie du sud, Sicile, seigneurie de Montpellier…) au Moyen-Age.

Breizh Info : Si Madrid réussissait à empêcher le vote ou l’indépendance ?

Ester Gallego : C’est le moment de voir si nos politiciens catalans sont dignes de confiance. S’ils n’arrivent pas à faire le référendum, il y aura une grande crise politique et le peuple les récusera.

Breizh Info ; Est-ce que SOM Catalans arrive à se faire une place dans le paysage politique catalan, bien que le parti n’ait pas d’élu, contrairement à la CUP de l’autre côté de l’échiquier politique ?

Ester Gallego : Au début, tous les partis nous avaient boycottés et menacés car nous sommes identitaires et opposés à l’immigration. Maintenant, on commence à faire partie du paysage mais on a toujours des problèmes à cause de notre position sur l’immigration que l’on n’est pas près d’abandonner.

Breizh Info : Cet été la Catalogne a été touchée par des attentats à Barcelone et Cambrils ; l’enquête a mis en cause une cellule formée par des migrants de la seconde génération, marocains ou d’origine marocaine, qui vivaient presque tous à Ripoll, une petite ville située dans les montagnes. Quel est votre avis ?

Ester Gallego : Ripoll est une petite ville qui fut un ancien centre de l’industrie textile, plutôt en déclin. Les musulmans y étaient minoritaires mais leur nombre a fortement augmenté ces dernières années. Ils ne travaillent pas pour la plupart et vivent des aides. Le peuple, lui, est scandalisé mais le gouvernement catalan laisse faire et victimise même la minorité musulmane. La vraie victime, c’est le peuple catalan.

Breizh Info : Selon vous, le peuple Catalan a deux ennemis et doit se battre sur deux fronts ?

Ester Gallego : La Catalogne souffre d’une double oppression : celle de l’Espagne et celle de l’immigration-invasion. A long terme, c’est l’asphyxie du peuple catalan, dont les cultures, la langue, la tradition sont piétinées, y compris par le gouvernement catalan complice de l’immigration.

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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5 réponses à “Ester Gallego (SOM) : « la Catalogne souffre d’une double oppression : celle de l’Espagne et celle de l’immigration-invasion »”

  1. Yvette Prétet dit :

    L’immigration-invasion.
    J’ai fait un voyage en Espagne il y a une dizaine d’années et j’ai constaté que je n’étais pas importunée par des musulmans, j’en ai fait la remarque à mon guide qui m’a répondu:  »Les musulmans  »passent » chez nous! ».je lui ai dit alors:  »Ils passent en Espagne pour se rendre en France où nous sommes envahis surtout dans ma ville! » où ils obtiennent davantage  »d’aides » qu’en Espagne…Beaucoup de musulmans traversent le détroit de Gibraltar pour se retrouver en  »Europe » où ils sont mieux reçus que ne l’ont été les non-musulmans qu’ils ont chassés de leur pays natal!…

  2. Yves Dumouchel... dit :

    Quand à la Catalogne on espérait un accord positif à l’indépendance mais un litige perdure celui de diviser par une frontière l’Espagne unifiée selon les historiens et d’abolir les lois pour y mettre un pouvoir exécutif sans l’accord des législateurs pour y changer la Constitution déjà existante Moi je crois qu’on se dirige vers un processus et une échéance ardue voir même vers un ‘impasse’ sans l’appuie d’un partenaire tel la France qui n’assure rien de comparable à la Catalogne sans l’accord de L’Espagne pour y faire ‘Une commune’ tel une idée Franco-espagnole..! Allez-voir le Portugal…!

  3. Alberto Da Giussano dit :

    [Posté depuis Milano – Italie du Nord] *

    Mille Grazie à Ester Gallego et à SOM !
    Juste rajouter qu’il faut éviter absolument de tomber dans les aberrations matérialistes des ‘’communistes’’ et autres ‘’trotskistes’’ pour juger des revendications d’un peuple (ou d’une nation) relatives à son droit de continuer d’exister … car c’est précisément dans un but contraire que ces idéologies ont été conçues !
    En effet, l’on pourra toujours reprocher bien des choses à nos braves (mais carrément à l’ouest quand ils sont de ‘’gôche’’) amis catalans, ou à mes frères italiens du nord, mais pas d’être forcément des nantis ‘’égoïstes’’ comme les immigrationnistes gauchistes se plaisent, avec un total mépris du ‘’padamalgame’’ (eh oui quand cela les arrange ils ‘’amalgament’’ pire que les autres !), à le décréter !
    NON ni les catalans ni les italiens du nord ne sont des privilégiés parasitaires !
    Non ils ne sont pas tous des nantis égoïstes … loin s’en faut !
    Par contre que même les moins riches d’entre eux entretiennent par leur labeur et leur honnêteté, et au détriment des leurs, des masses d’espagnols ou d’italiens d’autres nations historiques d’Espagne ou d’Italie, qui ne leur en tienne aucune reconnaissance, cela n’est plus à démontrer !
    « La Catalogne (qui) s’enrichirait de l’apport des autres » ?
    Ici j’entends les mêmes âneries, sauf qu’il ne s’agit pas de la Catalogne mais de mon Italie du nord.
    A laquelle (et comme à ces pauvres allemandes …) ses ‘’élites’’ imposent d’être ‘’enrichie’’ de force par l’immigration de masse et leur propre autodestruction consécutive.
    Et cela depuis les années 1960 !
    Au nom du jacobinisme pour commencer et en y favorisant en Espagne un flux massif d’autres espagnols castillans, andalous vers la Catalogne … ou en Italie un flux massif d’italiens du sud vers l’Italie du nord (alors qu’avant sa conquête par le franc-maçon Garibaldi le Royaume des Deux-Siciles était autosuffisant et financièrement très bien pourvu) ; puis à partir des années 1990, et sous d’autres prétextes, en y imposant des flux massifs d’extra-européens (en fait un processus téléguidé et encouragé dès l’origine par les USA, par de puissants réseaux maçonniques, par les communistes et … par le clergé Vatican II).

    Or l’on ne peut avoir des relations saines avec tout un chacun que si l’on ne détruit pas se faisant sa propre personnalité, sa propre dignité, sa propre capacité d’exister.
    La ‘’non existence’’ n’est qu’une fuite en avant pour bobos mégalos autant que névrosés.

    PS à l’intention d’Ester Gallego et de tous les catalans du sud : préservez-vous car pour la Catalogne du nord … j’ai comme un triste pressentiment que la messe ne soit dite !
    En effet que Mrs Emmanuel Macron et tous ces ‘’Mrs.’’ de la classe politique ‘’française’’ se rassurent: un tel problème National et identitaire ne risque malheureusement plus guère de se produire en France (hormis en Corse … j’espère !).
    Et ne risque, plus particulièrement, plus guère de se produire en Catalogne ‘’française’’.
    Ayant eu l’occasion de faire quelques séjours dans les ‘’Pyrénées Orientales’’ (et entres autres à Perpignan) je peux témoigner ici que les autochtones catalans (et la langue catalane) n’y sont plus (hormis dans quelques campagnes délaissées) qu’une minorité parmi tant d’autres beaucoup plus prolifiques (manouches -j’ai quelques amis issus de cette communauté pitoresque-, maghrébines-aucun amis fiables ici-, etc. …) et beaucoup plus favorisées (APL, RMI, RSI, allocations familiales …) par cette France, leur ‘’grande nation’’ modèle.
    France qui fût d’ailleurs le berceau historique des Rois Bourbons d’Espagne ; Rois qui ne sont malheureusement plus de la classe de ceux Castillans d’Isabelle ou de ceux Aragonais de Ferdinand.

    * Je suis italien du nord (de Lombardie).

  4. Laurent Desbois dit :

    Les Franquistes seraient toujours très présents en Espagne. Je vous rappelle que Franco était appuyé par Mussolini et Hitler!

    Canada = Espagne

    Trudeau = Rajoy

    https://www.facebook.com/laurent.desbois2/posts/10155809500993140

    • Mort de rire dit :

      Il est évident que beaucoup d’espagnols soutiennent Franco, après tout celui-ci a fait beaucoup de chose positives pour l’Espagne.

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