La Légion d’honneur sert à cicatriser les plaies : Raimbourg et Clergeau

12/01/2017 – 06h45 Nantes (Breizh-info.com) – Tout le monde sait qu’à la base de l’attribution de la Légion d’honneur – comme de l’ordre national du Mérite – se trouvent souvent copinerie et combine. C’est ainsi depuis la nuit des temps. On a donc le droit de sourire lorsque l’on lit que la promotion du 1er janvier 2018 « illustre la volonté d’un respect plus strict des critères d’attribution et des valeurs fondamentales du premier ordre honorifique : universalité, mérite, contribution au bien commun » (communiqué de la Grande chancellerie de la Légion d’honneur, Le Figaro mardi 2 janvier 2018).

Or il se trouve que pas moins de quinze anciens députés et sénateurs font partie de cette promotion. Et parmi eux, trois anciens ministres. « Pourquoi eux et pas d’autres ?,  s’interroge un ancien du gouvernement Valls – Cazeneuve, sans doute déçu de ne pas avoir été lui-même récompensé. Macron doit leur devoir quelque chose. » (Le Canard enchaîné, 03 janvier 2018).

Parmi ces quinze, deux anciens députés de Bretagne sont donc élevés au grade de chevalier. C’est le cas de Dominique Raimbourg (PS), ancien député de Nantes – Rezé, qui fut sèchement battu aux élections législatives de mai. Avec seulement 16,35% des exprimés (7 751) au premier tour – soit seulement 8,71% des inscrits (89 010) – il ne peut se maintenir le second dimanche. Suprême humiliation pour le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale : se voir remplacé par une inconnue, une « sportive » nommée Aude Amadou. Pourtant le fils de Bourvil estimait n’avoir pas démérité : « J’ai fait une campagne où j’ai été fidèle à mes valeurs. Sur le terrain, les gens m’ont dit, vous avez fait du bon travail sur les prisons, les gens du voyage. » (Presse Océan, 12 juin 2017). Ces ingrats d’électeurs avaient oublié que Raimbourg avait appelé à soutenir Macron au soir du premier tour de l’élection présidentielle. D’où cette espèce de compensation pour le  « président d’une commission consultative des gens du voyage » ; ce qui lui vaut d’être élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur au titre du ministère de la Cohésion des territoires.

Marie-Françoise Clergeau (PS), née Dupau, a également eu la chance de figurer parmi les heureux récipiendaires. Députée sortante de Nantes – centre, elle évita de se représenter en juin. Ce qui lui épargna la honte que connut son candidat – remplaçant, Alain Robert (PS), adjoint au maire de Nantes, qui, avec 9,16% des exprimés, arriva en cinquième position au premier tour. Tandis que la « marcheuse » Valérie Oppelt de kerever gagnait brillamment cette première manche avec 39,78% des voix. Pour toutes ces raisons – et peut-être d’autres inconnues du grand public – Marie-Françoise Clergeau méritait un lot de consolation : chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur dans le contingent du Premier ministre.

Bernard Morvan

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  • Pschitt

    « Des » gens sont venus dire à M. Raimbourg qu’il a fait du bon travail sur les prisons et les gens du voyage ? Quels gens ? Combien de gens ?Il est plus probable que cette partie de son oeuvre aura été retenue contre lui par certains des 91 % d’électeurs qui n’ont pas voté pour lui !
    En ce qui concerne Mme Clergeau, en ne se présentant pas, elle n’a pas seulement évité le triste sort pressenti de celui qui prétendait lui succéder. Elle avait déjà sous les yeux une expérience douloureuse, celle de son fils Christophe, qui a conduit la liste socialiste aux élections régionales dans les Pays de la Loire, et paf !